Non, « Parcoursup » n’est pas un fiasco

Source: JDD.

La procédure d’affectation des nouveaux bacheliers dans l’enseignement supérieur a pris fin en septembre : il est donc temps de dresser le bilan de Parcoursup, cette plateforme tant décriée qui a remplacé l’ancienne plateforme APB (Affectation Post-Bac). L’été dernier, Parcoursup a essuyé des avalanches de critiques venues de l’opposition, des syndicats lycéens et des syndicats enseignants : la plateforme fut accusée de creuser les inégalités, de décourager les élèves et d’instaurer une « sélection généralisée » à l’entrée des universités. Bref, à entendre certains détracteurs de Parcoursup, ce dispositif serait un incommensurable fiasco.

Pourtant, à la lumière des chiffres publiés par le ministère de l’Enseignement Supérieur au mois de septembre, le naufrage annoncé n’a pas eu lieu. Parcoursup a globalement tenu ses promesses : 92% des lycéens ayant fait un vœu ont reçu une proposition de formation. Les autres lycéens ont été pris en charge par des commissions rectorales qui ont pour mission de leur trouver une affectation. L’immense majorité des élèves inscrits ont reçu plusieurs propositions : en moyenne, les candidats ont reçu trois réponses positives, ce qui leur a permis de faire un choix. 30.000 places supplémentaires ont été créées dans l’enseignement supérieur pour faire face à la forte demande dans les filières dites « en tension ». Au terme de la dernière phase de la procédure, seuls 955 bacheliers étaient encore sans affectation, soit parce qu’ils n’ont pas reçu de proposition, soit parce qu’ils n’en ont accepté aucune. La ministre de l’Enseignement Supérieur, Frédérique Vidal, souligne aussi que Parcoursup a permis une démocratisation de l’enseignement supérieur : le nombre d’élèves boursiers admis dans l’enseignement supérieur a augmenté de 21% par rapport à l’an dernier, et de 28% dans les classes préparatoires parisiennes. Par ailleurs, aucun dysfonctionnement majeur n’a obéré la plateforme : quelques « bugs » informatiques sont à déplorer, mais ces derniers ont été traités de façon très rapide, généralement sous 24 heures, par le service d’assistance technique.

Qu’on le veuille ou non, Parcoursup marque un progrès par rapport à l’ancienne plateforme APB dans la mesure où les tirages au sort ont été supprimés dans les filières « en tension » et remplacés par une sélection sur dossier, beaucoup plus équitable. Parcoursup marque aussi un progrès en matière de transparence : lorsqu’ils ont fait leurs vœux, les candidats ont pris connaissance des prérequis définis pour chaque formation ; lors de la phase d’affectation, les candidats étaient informés en permanence de leur classement sur les listes d’attente. Mais Parcoursup présente un inconvénient majeur : la procédure est extrêmement lente, beaucoup plus lente qu’avec l’ancienne plateforme. Car sur APB, les candidats devaient hiérarchiser leurs vœux : chaque fois qu’il recevaient une proposition, tous les vœux suivants étaient supprimés automatiquement, ce qui libérait des places pour les autres candidats. Avec Parcoursup, les vœux ne sont plus hiérarchisés : les candidats reçoivent les réponses au fil de l’eau et peuvent laisser plusieurs propositions en suspens, ce qui bloque des places et allonge les délais d’attente. Ainsi, au lendemain des résultats du bac, près de 150.000 candidats étaient encore sans affectation. Frédérique Vidal a donc proposé des réajustements pour 2019 : les délais de réponse des candidats pourraient être réduits, et le calendrier sera modifié afin de réduire l’attente des élèves (la phase principale s’achèvera fin juillet et non début septembre). En revanche, la ministre a écarté le rétablissement des vœux hiérarchisés, une solution qui aurait pourtant permis d’accélérer fortement la procédure.

Le classement des dossiers de candidature par les universités a lui aussi entraîné d’immenses difficultés. Il ne s’agit pas là d’une défaillance inhérente à la plateforme elle-même : ce qui pose problème, ce n’est pas le principe de la hiérarchisation des dossiers mais plutôt les conditions dans lesquelles cette hiérarchisation s’est effectuée. Les universités ont en effet manqué de temps et de personnels pour assurer correctement l’examen des dossiers ; certaines facultés ont classé les dossiers dans des conditions opaques, voire discriminantes pour les candidats issus de lycées difficiles. C’est pourquoi la ministre travaille sur une éventuelle anonymisation des dossiers pour une plus grande égalité des chances entre candidats.

La plateforme Parcoursup est certes perfectible mais elle a globalement bien fonctionné. Je pense que Parcoursup a été considéré, à tort, comme responsable de problèmes qui n’avaient rien à avoir avec cette plateforme : le manque de places dans l’enseignement supérieur, le manque de moyens chronique des universités, et le caractère anxiogène que peut avoir l’orientation post-bac pour certains lycéens qui n’ont pas d’idée bien précise de ce qu’ils veulent faire de leur avenir. Parcoursup a été, en quelque sorte, un catalyseur de tous les mécontentements et une occasion en or, pour les syndicats et pour l’opposition, de tirer à boulets rouges sur le gouvernement.

Publicités

Parcoursup, un fiasco?

Sur 800.000 élèves inscrits, près de 400.000 n’ont reçu aucune réponse positive en se connectant à la plateforme Parcoursup le 22 mai. Et dans certaines filières, les listes d’attente sont longues, très longues. Il n’en fallait pas plus à l’opposition et aux syndicats étudiants pour dénoncer le « fiasco » de Parcoursup.

Pourtant, sur le plan technique, la plateforme a bien fonctionné. Il n’y a eu aucun bug majeur : tous les élèves ont pu se connecter à Parcoursup le 22 mai pour prendre connaissance des premières réponses. Les résultats publiés le 22 mai ont créé beaucoup de déceptions chez les élèves en raison du grand nombre de réponses « en attente » mais le processus d’affectation n’est pas encore achevé : jusqu’aux résultats du bac, les lycéens continueront à recevoir des réponses à mesure que des places se libèreront. Le grand nombre d’élèves en attente de réponses à la date du 22 mai s’explique en partie par la nature des vœux formulés : en effet, les vœux portant sur des filières sélectives sont en nette hausse par rapport à l’année dernière. Les licences ne représentent que 32% des vœux enregistrés sur Parcoursup ; autrement dit, les deux tiers des vœux concernent des filières sélectives telles que les classes prépa, les BTS et les IUT. Sur l’ancienne plateforme APB, les élèves avaient l’obligation de formuler au moins un vœu sur une filière en accès libre, c’est-à-dire une filière universitaire qui n’est pas « en tension » et où l’élève est certain d’être accepté : ces vœux étaient appelés les « pastilles vertes ». Or, sur Parcoursup, les « pastilles vertes » ont disparu, ce qui signifie que les vœux sont totalement libres : chaque élève a le droit de faire tous ses vœux dans des filières sélectives ou des licences « en tension » comme STAPS, PACES ou psychologie, avec le risque de n’avoir aucune réponse positive.

La lenteur de la procédure pose un réel problème : c’est une source de stress pour les élèves de Terminale qui vont aborder les épreuves du bac sans savoir dans quels établissements ils seront pris à la rentrée. On ne peut évidemment pas se satisfaire d’une telle situation. Sur APB, les élèves devaient classer leurs vœux : dès qu’un élève recevait une réponse positive, tous les vœux suivants étaient automatiquement supprimés, ce qui permettait de libérer des places plus rapidement. Mais sur Parcoursup les vœux ne sont plus hiérarchisés, ce qui ralentit la procédure car les élèves ont la possibilité de faire le tri au fur et à mesure. Des réajustements seront donc nécessaires l’an prochain pour optimiser le fonctionnement de Parcoursup : il est souhaitable de rétablir le classement des vœux pour accélérer la procédure, tout comme il est souhaitable de rétablir le principe de la « pastille verte » obligatoire pour s’assurer que tous les élèves aient au moins une réponse positive.

Mais il faut aussi améliorer les procédures de classement des dossiers car certaines universités n’ont pas les moyens d’examiner correctement les milliers de dossiers de candidature qu’elles ont reçus. Cela conduit à des situations préoccupantes : examen superficiel des dossiers, lettres de motivation non lues, dossiers classés selon des critères purement quantitatifs. Les procédures de recrutement, gérées par des algorithmes, s’en trouvent totalement déshumanisées. Dans certaines universités, les dossiers sont triés en fonction du lycée d’origine des candidats : les résultats obtenus en contrôle continu sont ainsi recalculés selon un coefficient établi à partir du taux de réussite de chaque lycée au baccalauréat. Cette procédure est techniquement efficace mais moralement très contestable puisqu’elle tend à renforcer les inégalités entre établissements : à résultats équivalents, un élève issu d’un bon lycée parisien ou d’un bon lycée privé sera mieux classé qu’un élève issu d’un lycée public de banlieue. Dans chaque université, les équipes pédagogiques sont donc confrontées à un choix quasi cornélien : accepter la discrimination entre établissements pour recruter des étudiants ayant un meilleur niveau, ou refuser cette discrimination et recruter des étudiants moins bons. Pour éviter ce type de situations, il faudrait que les universités disposent des résultats obtenus aux épreuves finales du bac, ce qui garantirait une plus grande équité entre candidats et limiterait le poids du contrôle continu dans le classement des dossiers. Dans sa version initiale, la réforme du bac de Jean-Michel Blanquer prévoyait un calendrier anticipé pour les épreuves de spécialité, ce qui devait permettre une prise en compte du résultat de ces épreuves lors de la procédure d’affectation. Pour des raisons assez obscures, cette idée a malheureusement été abandonnée dans la version finale du texte.

Parscoursup n’est pas le « fiasco » que dénoncent les adversaires de la loi ORE. Il est encore trop tôt pour en dresser le bilan car la procédure d’affectation va se poursuivre jusqu’en septembre. Nous verrons alors si Parcoursup a atteint son objectif : garantir à chaque bachelier une place dans l’enseignement supérieur, dans une filière de son choix ou, à défaut, dans une filière proche de ses demandes initiales et cohérente par rapport à son profil. Affirmer dès le mois de mai que Parcoursup a échoué n’est pas un constat objectif, mais une posture politique.

Universités: la sélection est-elle un piège à cons?

Manifestation étudiante à Lille en avril 2018.

La loi ORE (Orientation et Réussite des Etudiants) a rouvert un vieux débat sur la question très sensible de la sélection à l’entrée des universités. Même si le gouvernement refuse d’employer le mot, cette réforme autorise bel et bien une forme de sélection. Mais la vague de colère provoquée par la loi ORE et le blocage d’une dizaine d’universités pendant plusieurs semaines semblent disproportionnés par rapport aux enjeux réels du texte, car la sélection reste très limitée et très encadrée.

Dans les licences ayant une capacité d’accueil suffisante par rapport aux demandes d’inscription, il n’y aura pas de sélection : les universités pourront simplement fixer des conditions particulières à l’entrée des élèves les plus fragiles, comme par exemple une remise à niveau. Dans les licences dites « en tension », comme STAPS ou psychologie, la sélection existait déjà auparavant : la réforme ne fait que remplacer l’injustice des tirages au sort par une sélection sur dossier, beaucoup plus équitable. En d’autres termes, la loi ORE n’instaure pas de sélection généralisée mais donne aux universités un droit de regard sur le niveau et le profil des étudiants qu’elles recrutent.

Si le mot sélection déchaîne autant de passions dans notre pays, c’est parce qu’il entre en contradiction avec un certain idéal démocratique selon lequel l’Université devrait être un lieu accessible à tous. L’article L612-3 du Code de l’Education stipule d’ailleurs que le premier cycle universitaire est « ouvert à tous les titulaires du baccalauréat ». Autrefois, la question de la sélection à l’université ne se posait pas car le bac opérait déjà une forme de pré-sélection. Mais de nos jours, avec un taux de réussite avoisinant les 80%, le bac a perdu sa fonction de sélection et ne sert plus qu’à valider un certain nombre de compétences acquises au lycée. Qu’on le veuille ou non, tous les bacheliers n’ont pas les capacités requises pour réussir des études universitaires.

Les chiffres donnent le vertige. Le taux d’échec en première année de licence est de l’ordre de 60%. Et près de 30% des étudiants inscrits en L1 sortent du système universitaire dès la première année, sans aucun diplôme. Or, beaucoup d’entre eux vivent dans des conditions précaires et doivent travailler pour payer leur loyer. Un tel gâchis n’est pas acceptable. Il est immoral d’envoyer chaque année des dizaines de milliers d’étudiants dans des filières où ils n’ont aucune chance de réussir. Le système actuel, démocratique en apparence, est en réalité profondément injuste car il perpétue le fossé entre, d’une part, des établissements élitistes pratiquant depuis longtemps la sélection et, d’autre part, des universités incapables de faire réussir les cohortes d’étudiants qu’elles doivent accueillir chaque année.

A petite dose, la sélection à l’université n’est pas forcément mauvaise : elle peut améliorer les conditions de travail des étudiants, tirer vers le haut la qualité de l’enseignement et, par là-même, contribuer à la revalorisation des diplômes universitaires. Mais surtout, introduire une dose de sélection à l’entrée des universités permettra de lutter contre le scandale de la sélection par l’échec. Cela fait des années que les présidents d’université réclament la sélection ; cela fait des années que les enseignants se plaignent du niveau désastreux de leurs étudiants de première année. La sélection à l’université n’est pas un « piège à cons », comme se plaisent à le dire certains adversaires de la loi ORE. Le vrai « piège à cons », c’est la grande illusion sur laquelle repose notre système universitaire et qui consiste à faire croire aux bacheliers qu’ils peuvent tous réussir à l’université, quel que soit leur niveau, quel que soit leur profil et quelle que soit la filière choisie.

La loi ORE ne vise ni à « casser » l’université ni à transformer l’enseignement supérieur en « privilège ». Elle vise d’abord à favoriser la réussite des étudiants. Il s’agit, en amont, de mieux accompagner les élèves de Terminale dans leur projet d’orientation : c’est le rôle des professeurs principaux. Il s’agit, ensuite, d’aiguiller les élèves vers des filières où ils ont des chances de réussir, au vu de leurs résultats, de leur motivation et de la cohérence de leur projet : c’est l’objectif de la plateforme Parcoursup. Il s’agit, enfin, de mieux accompagner les étudiants pendant leur première année de licence pour éviter les décrochages précoces et réduire le risque d’échec aux examens : cette responsabilité incombe aux universités. Ce qui pose réellement problème, ce n’est pas tant l’esprit de la réforme que sa mise en œuvre : chaque université doit dorénavant examiner des milliers de dossiers de candidature alors que de nombreux enseignants-chercheurs sont déjà noyés sous la masse des tâches administratives qu’ils doivent assumer en plus de leurs cours et de leurs travaux de recherche. Manifestement, ces difficultés n’ont pas été anticipées par le gouvernement, et les moyens supplémentaires alloués aux universités dans le budget 2018 ne sont pas suffisants.

Si la loi ORE passe aussi mal, c’est peut-être parce qu’elle survient dans un contexte déjà très difficile pour les universités françaises : manque de moyens, manque de matériel, locaux vétustes et inadaptés, amphis surchargés, raréfaction des postes et des bourses de recherche, précarisation des enseignants-chercheurs. Cette situation désastreuse est le résultat de plusieurs décennies de sous-investissement dans les universités françaises, alors même que le nombre d’étudiants n’a cessé d’augmenter. La réforme actuelle n’apporte pas de réponses concrètes à ces problèmes et crée des obligations nouvelles pour des universités qui sont déjà au bord de la suffocation. C’est sans doute là que réside le vrai malaise, beaucoup plus que dans le semblant de sélection prévu par la loi ORE.

Réforme de l’accès à l’université: vers la sélection des étudiants?

Source: Libération.fr

Le projet de loi « relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants » prévoit de mettre un terme à l’injustice des tirages au sort, de supprimer la plateforme APB (Admission post-bac) et d’instaurer une nouvelle plateforme baptisée « Parcoursup » sur laquelle les élèves pourront effectuer 10 vœux non hiérarchisés dès le mois de janvier. Mais le texte a suscité de vives critiques à gauche : certains y voient en effet l’instauration d’une « sélection » à l’entrée des universités. Jean-Luc Mélenchon, leader autoproclamé de l’opposition, dénonce la réforme avec véhémence et réclame une augmentation du nombre de places dans les universités.

Le projet de loi instaure-t-il vraiment une sélection à l’entrée des universités ? Même si le gouvernement s’en défend, on peut effectivement parler d’une forme de sélection. Pour chaque licence, des « attendus » seront définis au niveau national; dans les filières non sélectives, les universités n’auront pas le droit de refuser des candidats si des places restent vacantes, mais elles pourront fixer des conditions à l’entrée d’un élève qui n’a pas tous les prérequis exigés: elles auront notamment la possibilité de proposer un parcours pédagogique personnalisé pour favoriser la réussite de l’élève, par exemple une « année préparatoire » de mise à niveau avant l’entrée en licence. Si le nombre de places est insuffisant, les universités pourront donner la priorité aux élèves dont le parcours, la motivation et le projet sont les plus cohérents par rapport à la formation choisie, ce qui revient, de facto, à sélectionner les élèves.

Si la réforme rend effectivement possible une forme de sélection dans les licences ayant une capacité d’accueil insuffisante, cette sélection demeure toutefois très limitée et très encadrée. De plus, le texte réaffirme clairement le droit d’accès aux études supérieures pour tout bachelier. Autrement dit, chaque bachelier pourra entrer à l’université, quel que soit le bac dont il est titulaire et quels que soient les résultats obtenus, mais les bacheliers qui ont les dossiers les plus fragiles n’obtiendront pas nécessairement les formations ni les universités qu’ils auront demandées. Dans chaque académie, une « commission d’accès au supérieur » sera chargée de proposer une formation aux candidats qui n’ont obtenu aucun de leurs vœux, en fonction des vœux initiaux et des résultats au bac. Si la filière proposée est éloignée du domicile du candidat, des chambres en résidence universitaire pourront être réservées en priorité. 

Il est navrant d’entendre certains élus pousser des hurlements d’indignation dès que l’on parle de sélection à l’université. Dans les faits, la sélection existe déjà depuis longtemps à l’université : il s’agit d’une sélection par l’échec. Près de 40% des étudiants inscrits en licence quittent l’université sans aucun diplôme : cette situation est inacceptable. Depuis trop longtemps, on laisse entrer à l’université des élèves qui n’ont aucune chance d’y réussir. C’est contre cet immense gâchis qu’il faut agir. Augmenter le nombre de places en licence ne règlera pas le problème. Jean-Luc Mélenchon a tort : ce n’est pas un problème de places, mais un problème d’orientation. C’est pourquoi le gouvernement a renforcé l’accompagnement des élèves de Terminale dans l’élaboration de leur projet post-bac.

Autrefois, le baccalauréat servait à sélectionner les élèves aptes à suivre des études supérieures : il n’y avait donc pas besoin de sélection à l’entrée des universités. Mais de nos jours, avec des taux de réussite avoisinant les 90%, le bac a perdu sa fonction de sélection : bien qu’il soit encore considéré comme le « premier diplôme de l’enseignement supérieur », dans la pratique, le bac ne sert plus qu’à valider un certain nombre de compétences acquises au lycée. Il n’est donc pas aberrant que, même dans les filières non sélectives, les universités françaises aient un droit de regard sur le recrutement de leurs étudiants.