Oh my God, they £eave…

Les électeurs britanniques se sont prononcés à 51,9% en faveur du « Brexit ». Le Royaume-Uni va donc quitter l’Union européenne. Il s’agit d’un tournant dans l’histoire de la construction européenne, puisque c’est la première fois qu’un Etat membre sort de l’Union. Pour l’europhile et l’anglophile que je suis, c’est un véritable choc et une immense déception.

J’ai déjà eu l’occasion d’exprimer mes inquiétudes face au risque d’une sortie du Royaume-Uni. J’ai toujours considéré que, même s’ils n’avaient pas été des Européens exemplaires, les Britanniques avaient pleinement leur place dans l’Union européenne et que, sans le Royaume-Uni, l’Europe ne serait pas l’Europe. Le Brexit est une très mauvaise nouvelle pour l’Union européenne car il risque d’encourager d’autres sorties et constitue une victoire symbolique forte pour tous les partis populistes et europhobes, à commencer par le Front National, dont les représentants sont déjà en train de réclamer un référendum sur la sortie de la France. Le Brexit marque un pas de plus vers la dislocation de l’Europe et vers le triomphe des égoïsmes nationaux et du repli sur soi.

La campagne de dénigrement de l’Europe menée au Royaume-Uni par certains journaux et par les mouvements europhobes tels que Ukip a porté ses fruits. Les europhobes ont imputé à l’Europe tous les maux du pays. Ils ont sciemment attisé la peur de l’immigration. Ils ont joué sur la nostalgie en exaltant la grandeur passée du Royaume-Uni (comme si le Brexit pouvait rendre au pays la puissance et le rayonnement qu’il avait à l’époque de l’empire colonial et de l’épopée industrielle). David Cameron porte l’entière responsabilité du Brexit car il a joué aux apprentis sorciers en proposant, sous la pression des Conservateurs les plus durs, l’organisation d’un référendum. Le Premier Ministre, favorable au maintien du Royaume-Uni dans l’Union, voulait utiliser le référendum comme une arme politique pour faire pression sur ses partenaires européens, mais cette arme s’est retournée contre lui. Quant au Parti Conservateur, il a joué un rôle ambigu dans la campagne, à l’image de l’ancien maire de Londres Boris Johnson qui a soufflé le chaud et le froid, europhile un jour et eurosceptique le lendemain.

Le peuple britannique est souverain, il s’est exprimé, et sa parole doit être respectée. Mais je constate aussi que 16 millions de Britanniques ont voté en faveur du « remain » (le maintien dans l’UE). Je constate que 62% des Ecossais et 56% des Irlandais du Nord ont voté pour le maintien. Et que les jeunes Britanniques étaient très majoritairement favorables au maintien, tout comme l’immense majorité des Britanniques expatriés dans un autre pays de l’Union. Le référendum du 23 juin a donc exacerbé les fractures de la société britannique.

Et maintenant, que va-t-il se passer ? On n’en sait rien. Des négociations vont s’ouvrir entre le Royaume-Uni et ses partenaires européens : le gouvernement britannique va vraisemblablement chercher à limiter les conséquences économiques du Brexit et à préserver des relations commerciales privilégiées avec l’Union européenne. Mais les Etats membres doivent tirer toutes les conséquences qui s’imposent : le Brexit doit être le point de départ d’une réorientation radicale du projet européen. Ce que nous n’avons pas réussi à faire avec les Britanniques, nous devons essayer de le faire sans eux : bâtir une Europe sociale et fiscale, une Europe de la défense et de la sécurité, une Europe capable de réguler les marchés financiers et de lutter plus efficacement contre la spéculation et l’évasion fiscale, une Europe qui ne soit pas seulement un immense marché mais qui soit aussi capable de protéger les Européens et de défendre leurs intérêts. Bref, une Europe qui donne vraiment du sens à l’idée de citoyenneté européenne. Le départ des Britanniques est peut-être l’occasion de préparer le saut fédéral auquel le Royaume-Uni s’est toujours opposé.

Jo Cox, martyre de la cause européenne?

La députée travailliste britannique Jo Cox a été sauvagement agressée en pleine rue par un déséquilibré nommé Thomas Mair le 16 juin, à Birstall : elle a succombé à ses blessures peu de temps après dans un hôpital de Leeds. Même si le meurtrier souffre de troubles psychiatriques, on peut difficilement nier la dimension politique de ce crime effroyable survenu tout juste une semaine avant le référendum sur le Brexit. Jo Cox était pro-européenne et faisait activement campagne contre le Brexit ; elle militait aussi contre le racisme et la xénophobie et défendait la cause des demandeurs d’asile. Son assassin est lié à l’extrême droite : il était affilié au groupe néonazi américain Alliance Nationale ; la police a retrouvé à son domicile de nombreux ouvrages d’extrême droite et, selon plusieurs témoins, il aurait crié « Britain first ! » (le Royaume-Uni d’abord !) lors de l’agression. Quels que soient les antécédents psychiatriques du meurtrier, ce crime apparaît donc clairement comme un acte terroriste.

Il ne faut évidemment pas faire d’amalgames entre l’assassin de Jo Cox (qui a manifestement agi seul) et le camp pro-Brexit (qui a, dans son immense majorité, dénoncé l’horreur du crime perpétré le 16 juin). Mais la mort de Jo Cox est révélatrice du climat de violence et de haine qui imprègne la campagne référendaire sur le Brexit. L’Europe est un sujet qui déchaîne les passions au Royaume-Uni beaucoup plus qu’en France. Les partis les plus europhobes, comme le parti populiste Ukip, mènent une campagne de dénigrement systématique de l’Union européenne et de ses partisans. Depuis des années, les souverainistes répètent à la population britannique que l’Europe est la cause de tous leurs maux, que le Royaume-Uni a perdu sa souveraineté, et que les élites pro-européennes ont trahi le peuple. La haine de l’Europe se greffe aujourd’hui sur les problèmes économiques et sociaux, sur la peur des migrants et sur toutes les crispations identitaires britanniques : l’Union européenne cristallise ainsi toutes les peurs et tous les fantasmes de la population. Jo Cox était l’une des figures emblématiques du camp pro-européen au Royaume-Uni, elle défendait une vision plus ouverte et plus généreuse de la société britannique, et elle est morte pour ses idées. Victime de la haine et de la bêtise humaine, Jo Cox est une martyre de la cause européenne.

Le meurtre de Jo Cox a fait l’objet de récupérations politiques abjectes et a nourri diverses théories du complot absolument nauséabondes, y compris en France. Certains charognards de la « complosphère » y voient une machination politique visant à discréditer le camp des pro-Brexit. Sur le site d’extrême droite Boulevard Voltaire (fondé par le maire de Béziers Robert Ménard), un article publié le 18 juin cautionne ouvertement la thèse du complot anti-Brexit : « Si l’on veut influencer les électeurs, il faut se poser en victime pour susciter la compassion des indécis. Dans l’affaire Joanne Cox, l’hypothèse d’un complot ourdi par le camp du Brexit n’a donc aucun sens. En revanche, dans l’hypothèse inverse, le fait que Joanne Cox soit à la fois un député de la base et une mère de famille en fait la victime idéale. Les milieux financiers ne s’y sont, d’ailleurs, pas trompés. » Si l’on en croit l’idiot qui a publié cet article, les opposants au Brexit auraient donc orchestré l’assassinat de l’une des figures les plus populaires de la cause qu’ils défendent, dans le seul but d’apitoyer l’opinion publique ! On nage en plein délire paranoïaque. Le site de l’organisation EuroPalestine présente quant à lui l’assassinat de Jo Cox comme un complot sioniste ! Un article du 19 juin publié sur le site d’EuroPalestine rappelle que la députée travailliste soutenait la cause palestinienne ; l’article souligne aussi que l’organisation d’extrême droite Britain First est « islamophobe » et qu’elle soutient « la politique israélienne ». Le problème, c’est que l’organisation Britain First est abusivement présentée par l’auteur de l’article comme « le groupe de Thomas Mair » ; or, cette information est fausse puisqu’aucun lien n’a pu être établi entre Thomas Mair et ce mouvement politique : l’organisation à laquelle appartient Thomas Mair est Alliance Nationale, un mouvement néonazi, suprémaciste et antisémite qui n’a, a priori, aucune raison de soutenir l’Etat juif ! Cette surenchère de haine et de bêtise qui jaillit des poubelles du web chaque fois qu’une tragédie survient quelque part dans le monde est effrayante.

J. Cox.

L’Europe et l’ombre du « Brexit »

Comme tous les 9 mai, c’est dans une indifférence quasi générale que l’on célèbre la Journée de l’Europe. Instituée en 1985, cette journée commémore une célèbre déclaration que fit le Ministre des Affaires étrangères français Robert Schuman le 9 mai 1950, sur une idée de Jean Monnet. Dans cette déclaration, Robert Schuman proposait de mettre en commun les productions française et allemande de charbon et d’acier, en fusionnant les marchés nationaux et en plaçant la production des deux pays sous le contrôle d’une Haute Autorité commune à laquelle d’autres Etats d’Europe de l’Ouest pourraient adhérer. Pour Schuman, cette Europe du charbon et de l’acier devait permettre de consolider la réconciliation franco-allemande et d’assurer aux nations européennes la paix et la prospérité, au lendemain d’une guerre qui plongea les peuples d’Europe dans l’horreur et qui transforma le continent européen en un immense champ de ruines. La « Déclaration Schuman » déboucha en 1951 sur la création de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier), première étape de la construction européenne.

En 2016, la Journée de l’Europe est placée sous le thème du vivre ensemble et de la diversité, en réponse aux terribles attentats de Paris et de Bruxelles. Mais cette journée a aussi une résonnance particulière à cause d’un contexte marqué par la crise des migrants, la montée des mouvements populistes et europhobes, et le référendum britannique sur le « Brexit ». Quel qu’en soit le résultat, ce référendum en dit long sur l’état de délitement de l’édifice européen. Une sortie du Royaume-Uni serait sans nul doute le pire des scénarios, à la fois pour les Britanniques et pour l’Union. Certes, les Britanniques n’ont jamais été des Européens exemplaires : depuis l’entrée du Royaume-Uni dans le marché commun en 1973, l’engagement britannique dans la construction européenne a toujours été des plus ambigus. Les Britanniques, on le sait, sont majoritairement opposés à l’idée d’une Europe politique et conçoivent avant tout l’Europe comme un vaste marché et comme un espace de coopération économique. Le Royaume-Uni a plusieurs fois renégocié sa contribution au budget communautaire, il a refusé la monnaie unique et l’accord de Schengen, il tire à boulets rouges sur la Convention Européenne des Droits de l’Homme et bénéficie de nombreuses dérogations aux règlementations communautaires. Sans oublier qu’en matière de défense et de politique étrangère, le Royaume-Uni a toujours privilégié l’alliance atlantique plutôt que l’édification d’une politique européenne de défense et de sécurité.

Malgré tout, le Royaume-Uni a pleinement sa place dans l’Union européenne : sans lui, l’Europe ne serait pas l’Europe. Comment faire l’Europe sans ce pays qui fut le berceau du parlementarisme et de la révolution industrielle ? Comment faire l’Europe sans ce pays qui, lors de la Première Guerre mondiale, fut notre allié le plus précieux et dont les soldats sont venus, par dizaines de milliers, mourir dans les tranchées de la Somme et de l’Artois ? Comment faire l’Europe sans ce pays qui, lors du second conflit mondial, fut aux avant-postes de la lutte contre la barbarie nazie ? Comment faire l’Europe sans la deuxième puissance économique européenne ? Le Royaume-Uni est indispensable à l’Union européenne. Son histoire fait partie intégrante de l’histoire européenne. Sa puissance économique, financière et militaire et son rayonnement culturel sont des atouts inestimables pour l’Union. Certains prétendent que le « Brexit » permettrait de relancer la construction européenne sur des bases nouvelles et d’avancer plus rapidement vers le fédéralisme. Je n’en crois pas un mot : en réalité, le « Brexit » serait une très mauvaise nouvelle pour l’Europe, car il encouragerait inévitablement d’autres sécessions et constituerait une victoire symbolique pour tous les partis dont la haine de l’Europe constitue le fonds de commerce. Le « Brexit » serait un pas de plus vers la dislocation de l’Europe et vers le triomphe du repli sur soi.

Le Royaume-Uni doit rester dans l’Union européenne. Mais il faut aussi que les dirigeants européens admettent l’impossibilité d’approfondir l’Europe à 28. Les Etats qui souhaitent aller plus loin dans le processus d’intégration politique doivent pouvoir le faire ensemble dans le cadre d’une union restreinte, sans le Royaume-Uni. Le scénario le plus réaliste est celui d’une Europe à trois vitesses, avec un « noyau dur » composé d’Etats favorables à une fédéralisation de l’Europe (il pourrait s’agir des Etats de la zone euro), un deuxième ensemble composé des 28 Etats membres de l’Union européenne, et un troisième ensemble plus large composé de l’Union et des Etats bénéficiant de relations privilégiées avec celle-ci (Suisse, Norvège, Islande, Turquie, Ukraine, etc.).
La-Fête-de-lEurope

Une défaite humiliante pour les centristes britanniques

Nick Clegg.

Au terme des élections générales du 7 mai, les Lib-Dems sont passés de 57 à seulement 8 sièges à la Chambre des Communes. Nick Clegg, leader des Lib-Dems et numéro 2 du gouvernement sortant, conserve son siège au Parlement mais abandonne la présidence du parti. La sanction est d’autant plus rude que les Conservateurs sont largement victorieux : avec la majorité absolue, ils peuvent gouverner seuls et n’ont plus besoin de constituer une coalition. Les Lib-Dems n’ont donc tiré aucun bénéfice de leur participation au gouvernement.

Pour comprendre ce désastre, il faut revenir quelques années en arrière. A l’issue des élections de 2010 remportées par le Parti Conservateur, les Lib-Dems ont accepté de former une coalition gouvernementale avec les Tories de David Cameron : le parti centriste est ainsi entré au gouvernement pour la première fois, et Nick Clegg est devenu vice-Premier Ministre. En formant une coalition avec les Conservateurs, Nick Clegg espérait ancrer le gouvernement au centre et infléchir la politique de Cameron dans un sens plus progressiste, mais la cohabitation avec les Conservateurs s’est avérée beaucoup plus difficile que ne l’imaginait le pauvre Nick Clegg.

David Cameron a imposé aux centristes plusieurs mesures d’austérité auxquelles ces derniers n’étaient pas favorables, comme la hausse de la TVA ou la réduction des allocations sociales. Sous la pression des conservateurs, Nick Clegg a dû accepter une forte hausse des frais d’inscription universitaires alors que les centristes avaient promis de ne pas les augmenter. Le patron des Lib-Dems a également dû renoncer à son projet d’impôt sur les grandes fortunes. Cherry on the cake, David Cameron a déclaré qu’il souhaitait un référendum sur la sortie de l’Union européenne, au grand dam de Nick Clegg et de son parti pro-européen.

Fatalement, de nombreux électeurs du Parti Libéral-démocrate se sont sentis trahis : les Lib-Dems ont d’ailleurs essuyé une lourde défaite aux élections locales de 2012. Malgré tout, Nick Clegg n’a jamais voulu démissionner de son poste de vice-Premier Ministre car il s’estimait plus utile dans le gouvernement que dans l’opposition. Le bon bilan économique du gouvernement Cameron n’aura malheureusement pas suffi à sauver les Lib-Dems du naufrage. So depressing. Le Parti Libéral-démocrate est aujourd’hui confronté à la plus grave crise d’identité de son histoire. Les Lib-Dems sortent très affaiblis et très impopulaires de leurs cinq années au gouvernement : ils doivent donc en tirer toutes les conséquences et redéfinir leur stratégie. David Steel, ancien leader du parti, estime que les Lib-Dems doivent rester quelques années dans l’opposition pour prendre du recul et se reconstruire. Cela semble nécessaire, en effet.

« Lib-Dems »: les centristes d’outre-Manche dans la tourmente

Nick Clegg, président du Parti libéral-démocrate.

Les Libéraux-Démocrates (Lib-Dems) constituent la troisième force politique du Parlement britannique. Idéologiquement, ces centristes d’outre-Manche diffèrent assez peu de leurs homologues du continent : ils défendent un libéralisme tempéré et sont de fervents partisans de la construction européenne (le Parti libéral-démocrate est d’ailleurs favorable à une adhésion du Royaume-Uni à l’euro). Les Lib-Dems passent aussi pour de grands défenseurs de l’environnement, dans un pays où il n’existe pas de puissant parti écologiste comme les Verts en Allemagne ou en France. Au Parlement européen, les députés Lib-Dems siègent au sein du groupe ADLE (Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe), groupe centriste et fédéraliste auquel participent également les eurodéputés français de l’UDI et du Modem.

Fondé en 1988, le Parti libéral-démocrate voulait incarner une « 3e voie » entre le Parti travailliste et le Parti conservateur. Mais dans une démocratie habituée au bipartisme, la petite formation centriste a eu beaucoup de mal à s’imposer face aux deux partis dominants. Au milieu des années 90, la fondation du New Labour par Tony Blair impulsa une réorientation centriste et libérale du Parti travailliste : pour marquer leur différence avec le New Labour, les Lib-Dems décidèrent alors d’opérer un virage à gauche, en proposant notamment d’augmenter les dépenses publiques dans l’Education ou de revenir sur la privatisation des chemins de fer. Cette stratégie fut payante électoralement : les Lib-Dems captèrent une partie de l’électorat travailliste et augmentèrent significativement leur nombre de sièges à la Chambre des Communes. Mais en 2004, ils changèrent à nouveau de stratégie : pariant sur un repositionnement à gauche du Parti travailliste après le départ de Tony Blair, les Lib-Dems décidèrent de reconquérir l’espace politique du centre et publièrent un nouveau manifeste mettant en avant des thèses plus libérales : c’est la « révolution du livre orange ».

A l’issue des élections de 2010 (remportées par le Parti conservateur), les Lib-Dems acceptèrent de former une coalition gouvernementale avec les « Tories » de David Cameron. Le président du Parti libéral-démocrate, Nick Clegg, fut alors nommé vice-Premier Ministre. En acceptant une coalition avec les conservateurs, Nick Clegg espérait « ancrer le gouvernement au centre » et infléchir la politique de Cameron dans un sens plus progressiste. Mais très vite, de nombreux désaccords apparurent entre Conservateurs et Lib-Dems : David Cameron imposa aux centristes des mesures d’austérité dont ces derniers ne voulaient pas, comme la hausse de la TVA, la hausse des droits d’inscription universitaires ou la réduction des allocations sociales. Sous la pression des conservateurs, Nick Clegg dut également abandonner son projet de réforme de la Chambre des Lords. De nombreux électeurs du Parti libéral-démocrate se sentirent trahis et en 2012, les Lib-Dems subirent une lourde défaite aux élections locales. L’Europe est une autre source de tensions entre Lib-Dems et Conservateurs depuis que David Cameron s’est dit favorable à l’organisation d’un référendum sur la sortie de l’Union européenne, au grand dam de Nick Clegg et de son parti pro-européen.

Malgré tout, Nick Clegg n’envisage pas de démissionner de son poste de vice-Premier Ministre, car il estime être plus utile dans le gouvernement que dans l’opposition, et il sait très bien que David Cameron a besoin des Lib-Dems pour gouverner. Le leader centriste espère toujours qu’il va réussir à influencer la politique de Cameron, par exemple en imposant l’idée d’une taxation des grandes fortunes pour lutter contre le déficit public. A l’approche des élections générales de 2015, le Parti libéral-démocrate est confronté à la plus grave crise d’identité de son histoire. Nick Clegg mise en fait sur le redressement économique du Royaume-Uni pour redorer le blason de son parti. Mais rien n’est gagné. En 2015, le verdict des urnes risque encore d’être sévère pour les Lib-Dems car ils sont impopulaires, usés par l’exercice du pouvoir et incapables de peser sur les choix politiques de leurs alliés conservateurs.