Pourquoi la cote de popularité de Macron fléchit

E. Macron.

La cote de popularité d’Emmanuel Macron accuse une forte baisse depuis fin juillet. Plusieurs explications peuvent être avancées. Le président est d’abord sanctionné pour ses renoncements: pendant la campagne présidentielle, Macron avait déclaré qu’il « sanctuariserait » les budgets de l’Education et de la Recherche, mais le gouvernement a annoncé que ces deux domaines n’échapperaient finalement pas aux coupes budgétaires. Macron avait aussi déclaré qu’il augmenterait graduellement le budget de la Défense pour le porter à 2% du PIB, mais la révision à la baisse du budget de la Défense pour l’année 2017 semble en contradiction avec les ambitions initialement affichées. Par ailleurs, la loi de moralisation de la vie publique devait, à l’origine, comporter l’inéligibilité en cas de casier judiciaire: cette mesure a finalement disparu du texte.

Mais le président Macron est également sanctionné pour les promesses qu’il a tenues. Beaucoup de Français ont approuvé la philosophie réformiste et social-libérale du programme de Macron lors de la présidentielle mais deviennent réticents dès qu’arrivent les premières mesures concrètes. Ainsi, la réforme du Code du Travail par ordonnances, la réduction des dépenses publiques ou encore la remise en cause de la semaine de 4 jours et demi dans les écoles étaient des mesures inscrites dans le programme d’Emmanuel Macron mais suscitent aujourd’hui des inquiétudes chez certains Français qui, pourtant, avaient une bonne opinion du président de la République au moment de son élection.

Ce phénomène, paradoxal en apparence, est en réalité fréquent: il arrive en effet que certains Français adhèrent à une idée tant qu’elle reste à l’état de projet mais craignent les effets concrets de sa mise en application. Ce phénomène s’observe surtout sur les questions européennes: globalement, les Français adhèrent à l’Union européenne mais, dès qu’on les interroge sur des aspects concrets, ils deviennent beaucoup plus eurosceptiques. Ainsi, beaucoup de Français approuvent le principe de l’espace Schengen mais deviennent beaucoup plus critiques sur Schengen dès qu’on parle des migrants. De même, beaucoup de Français adhèrent au principe du marché unique européen mais se méfient de l’ouverture des marchés nationaux à la concurrence.

Il est, de toutes façons, trop tôt pour dresser un bilan objectif des premières mesures prises par l’exécutif. A l’exception de la loi de moralisation de la vie publique, aucune réforme majeure du programme de Macron n’a été menée à bien pour le moment. Il faudra, de toutes évidences, attendre la fin de l’automne pour évaluer le contenu et le rythme des premières réformes. Et il faudra attendre la fin du quinquennat pour dresser l’inventaire des promesses non tenues.

Le Centriloque souhaite un bel été à tous ses lecteurs fidèles ou occasionnels.

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