Un bilan centriste et subjectif du quinquennat Hollande

Comme beaucoup de centristes, j’ai voté Hollande au second tour de la présidentielle de 2012, par « antisarkozysme » plutôt que par adhésion au programme du candidat socialiste. Comme beaucoup de Français, j’ai trouvé son quinquennat décevant à bien des égards. Pourtant, je pense que François Hollande n’a pas été un si mauvais président qu’on le dit. Je garderai même de lui le souvenir d’un président sympathique, pragmatique et bienveillant. Et je n’oublie pas que Monsieur Hollande a été confronté, lors de sa présidence, à des épreuves d’une difficulté inouïe : la crise syrienne, la crise des migrants et, bien sûr, une vague d’attentats terroristes sans précédent sur le territoire national depuis la guerre d’Algérie. Je ne suis pas sûr que d’autres eussent fait beaucoup mieux à la place de François Hollande en pareilles circonstances.

Tout n’est pas à jeter à la poubelle dans le quinquennat de François Hollande, bien au contraire. A force d’énumérer les échecs de ce président mal aimé, on finit par oublier ses réussites. L’intervention militaire au Mali fut un succès : la décision d’engager les troupes françaises dans ce pays était courageuse, l’opération Serval a été menée de façon remarquable et a permis de repousser l’offensive djihadiste qui menaçait de faire basculer tout le pays dans le chaos. Certes, la situation n’est pas stabilisée, mais les libertés de la population malienne ont été préservées. Il faut aussi rappeler que cette opération fut menée dans un cadre multilatéral irréprochable puisque l’armée française est intervenue sous mandat de l’ONU, aux côtés des troupes de la Cedeao. Autre succès à l’actif de François Hollande : la COP 21. Cette conférence a permis d’aboutir au fameux « accord de Paris », un accord historique dont l’ambition est de maintenir le réchauffement climatique sous le seuil de 2° par rapport aux niveaux d’émission préindustriels. Il s’agit du premier accord véritablement mondial sur le climat, signé par l’ensemble des Etats de l’ONU. C’est un accord équilibré qui tient compte du niveau de développement de chaque Etat et marque une avancée majeure sur la question climatique, même s’il est peu contraignant juridiquement.

Le « mariage pour tous » peut aussi être considéré comme un succès de François Hollande puisque cette mesure fait partie des rares promesses de campagne qui ont été respectées par l’ancien président : depuis 2013, les couples de même sexe disposent du droit de mariage et du droit d’adoption, au même titre que les couples hétérosexuels. Mais cette réforme a fracturé le pays car elle touche au fondement même de notre société : la famille. Je crois que François Hollande a sous-estimé l’ampleur des contestations et des inquiétudes que soulèverait une telle réforme. A titre personnel, je n’étais pas favorable au droit d’adoption pour les couples homosexuels car je pense que tout enfant a besoin d’un père et d’une mère : je trouvais plus sage l’idée d’un « PACS amélioré », sans droit d’adoption mais offrant, dans les situations d’homoparentalité de fait, un cadre juridique plus protecteur pour l’enfant, notamment par la reconnaissance d’une forme d’autorité parentale au conjoint qui n’est pas le parent biologique. Mais la représentation nationale en a décidé autrement, et je l’accepte. On ne reviendra évidemment pas sur le mariage pour tous : rouvrir ce débat serait une lourde erreur. Cette réforme reflète les évolutions de notre société ; d’une certaine façon, je dirai qu’elle va dans le sens de l’Histoire.

Le quinquennat de François Hollande fut aussi marqué par des échecs cuisants, tels que la déchéance de nationalité : aujourd’hui encore, on a du mal à comprendre pourquoi Hollande s’est enlisé dans un débat aussi dangereux. Suite aux effroyables attentats de novembre 2015, le président a voulu prendre des mesures fortes. Mais en proposant la déchéance de nationalité pour les terroristes, Hollande a créé de la division dans un moment tragique où, au contraire, la nation avait terriblement besoin d’être rassemblée et rassurée. Ce choix fut d’autant plus contestable qu’il portait sur une mesure symbolique dont tout le monde savait qu’elle ne serait d’aucune utilité dans la lutte contre le terrorisme. L’autre fiasco de François Hollande fut la lutte contre le chômage : le président a déclaré en 2014 qu’il voulait « inverser la courbe du chômage », mais le nombre de demandeurs d’emploi n’a cessé d’augmenter durant tout le quinquennat. En revanche, le nombre de chômeurs de catégorie A (c’est-à-dire sans aucune activité) a légèrement baissé durant les derniers mois du quinquennat : reste à savoir s’il s’agit d’un phénomène conjoncturel ou d’une baisse durable. Le « Pacte de responsabilité » et le CICE n’ont clairement pas eu les résultats escomptés sur l’emploi malgré les milliards d’euros accordés aux entreprises sous forme de crédits d’impôt et de baisses de charges. Pour autant, peut-on dire que ces politiques ont été inutiles ? La prudence m’incite à penser que non, car le CICE et le Pacte de responsabilité ont tout de même permis d’améliorer les marges des entreprises et ont apporté une petite bouffée d’oxygène aux TPE et PME. En outre, il est impossible de savoir comment les chiffres du chômage auraient évolué sans le CICE et le Pacte de responsabilité : si ces deux dispositifs n’ont pas stoppé la hausse du chômage, peut-être l’ont-ils au moins freinée.

Il y eut aussi quelques réformes bâclées. C’est dans cette catégorie que je mets la réforme territoriale (préparée à la va-vite sur un coin de table de l’Elysée), la réforme des rythmes scolaires (qui partait d’une louable intention mais fut mise en œuvre de façon trop rigide), la réforme du collège (qui a sacrifié des enseignements d’excellence tels que les langues anciennes ou les classes bi-langues au nom d’un égalitarisme absurde). Et bien sûr, il y eut la fameuse « loi Travail », aussi appelée « loi El-Khomri ». L’ambition initiale de la loi Travail n’était pas mauvaise : donner davantage de flexibilité aux entreprises pour leur permettre de s’adapter plus facilement aux brusques changements de conjoncture économique. Cette loi permet aux entreprises de négocier en interne des accords majoritaires qui priment sur le Code du Travail et sur les accords de branche, notamment pour le temps de travail des salariés : c’est ce que l’on appelle « l’inversion de la hiérarchie des normes ». En contrepartie, la loi Travail introduisait aussi d’importantes avancées pour les salariés, telles que le « compte pénibilité » ou le « droit à la déconnexion ». Mais ce projet de loi a mis le feu aux poudres : face à la mobilisation syndicale et à la colère des « frondeurs », le gouvernement a remanié plusieurs fois le texte pour finalement le faire passer en force à l’Assemblée nationale avec l’article 49-3. Je me suis longtemps demandé si la loi El-Khomri n’était pas une forme de suicide politique. L’explication est sans doute beaucoup plus simple : la « loi Travail » a été préparée par le gouvernement sous la pression de la Commission européenne. L’assouplissement du droit du travail devait en effet permettre à la France de « montrer patte blanche » aux commissaires européens pour ensuite obtenir de Bruxelles des positions plus conciliantes sur d’autres questions telles que le déficit public.

A mes yeux, la plus grosse erreur de François Hollande a été de croire qu’il pouvait mener une politique social-démocrate après avoir été élu sur un programme très marqué à gauche, à l’issue d’une campagne elle aussi très à gauche. On se souvient du discours du Bourget et des imprécations de Hollande contre le « monde de la finance ». On se souvient des promesses du candidat sur la renégociation des traités européens et sur la « taxe à 75% ». Mais lorsque le président s’est mis à parler de compétitivité, de baisses de charges, d’assouplissement du droit du travail et de réduction des déficits publics, il a provoqué l’incompréhension d’une partie de sa famille politique et de ses électeurs. Une incompréhension d’autant plus grande que ni la loi El-Khomri, ni la loi Macron, ni le CICE, ni le Pacte de responsabilité n’étaient inscrits dans le programme de 2012. Je pense que les choix économiques de François Hollande étaient bons mais que le président ne disposait pas de la majorité nécessaire pour mener la politique réformiste dans laquelle il croyait : prisonnier d’un Parti Socialiste archaïque et profondément divisé, critiqué en permanence par une droite irresponsable qui jouait la carte de l’opposition systématique même lorsque les réformes allaient dans le bon sens, François Hollande a été contraint de naviguer à vue, donnant ainsi l’impression d’être toujours dans l’hésitation et l’improvisation.

Le quinquennat de François Hollande a exacerbé les fractures idéologiques de la gauche et a conduit le Parti Socialiste au bord de l’implosion. Hollande voulait-il faire éclater le PS ? Je ne le crois pas, car il est trop attaché à ce parti dont il a été pendant 10 ans le Premier Secrétaire. Mais dans les faits, François Hollande a bel et bien tué le PS. Il ne l’a pas tué en tant que parti : il a tué une certaine vision du socialisme fondée sur la « synthèse » mitterrandienne. La décision la plus sage de François Hollande a été celle de ne pas briguer un second mandat présidentiel ; mais son plus bel exploit, c’est d’avoir permis (peut-être sans le vouloir) la victoire de son ancien conseiller. La jeunesse, l’audace et le charisme d’Emmanuel ont fait oublier l’impopularité de François. Si toutes les choses ont un but, alors le quinquennat de Hollande fut peut-être un mal nécessaire, une « ruse de l’Histoire » pour accélérer la recomposition politique aujourd’hui orchestrée par Macron.

F. Hollande.

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Le « hollandisme », qu’est-ce que c’est ?

F. Hollande (source: Europe 1).

F. Hollande (source: Europe 1).

Lorsque François Hollande a annoncé qu’il ne serait pas candidat à sa propre succession en 2017, j’ai été soulagé. Pour que le pays avance, il faut en effet tourner la page de ce quinquennat qui a tant déçu les Français. Mais il est encore trop tôt pour dresser le bilan du « hollandisme ». L’annonce de la non-candidature de Hollande a eu le même effet qu’une démission : tout se passe comme si Hollande n’était déjà plus président. Le 10 décembre, un article du Monde annonçait même la « mort prématurée du hollandisme ». Pourtant, François Hollande est toujours président de la République. Il va rester à l’Elysée jusqu’en mai 2017 : six mois de présidence, ce n’est pas rien. De plus, le choix lucide et courageux de ne pas se représenter en 2017 va permettre à Hollande d’achever sereinement son mandat, puisqu’il est désormais libéré de toute préoccupation électoraliste. Certes, aucune grande réforme ne sera votée d’ici la fin du quinquennat, mais Hollande reste le garant des institutions, le chef des armées et le représentant de la France dans un contexte international ô combien difficile.

J’ai souvent été critique à l’égard de la politique menée par François Hollande, mais je n’ai jamais basculé dans le « Hollande-bashing ». Je ne me suis jamais permis d’attaquer Hollande sur sa personne. Je n’ai jamais pensé qu’il n’était « pas à la hauteur » ou qu’il n’avait pas « l’étoffe » d’un chef d’Etat. En 2012, comme de nombreux centristes, j’ai voté Hollande au second tour de la présidentielle, beaucoup plus par anti-sarkozysme que par adhésion au programme du candidat socialiste. Aujourd’hui encore, j’assume totalement ce choix. D’ailleurs, je ne peux pas dire que François Hollande m’a déçu, vu que je n’attendais pas grand-chose de lui dès le départ. En dépit des renoncements et des erreurs qui ont marqué son quinquennat, je pense que François Hollande n’a pas été un si mauvais président qu’on le dit. Hollande a de grandes qualités : c’est un humaniste et un progressiste viscéralement attaché aux valeurs républicaines. C’est aussi un pragmatique, un homme d’ouverture, de dialogue et de compromis. Et quand je pense aux crises terribles qu’il a dû affronter depuis 2012 à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières, je me dis que d’autres responsables politiques n’auraient sans doute pas fait beaucoup mieux à sa place dans de telles circonstances.

Qu’est-ce donc que le « hollandisme » ? Difficile à dire. Ce n’est pas une doctrine politique, ni même un corpus d’idées bien définies. A mes yeux, le hollandisme pourrait être défini comme un réformisme prudent qui accorde au dialogue social un rôle tout à fait essentiel. François Hollande est l’héritier de Jacques Delors : c’est un authentique social-démocrate, réformiste et europhile. Mais ce qui manque à François Hollande, c’est une vision de la France. Hollande n’a pas su proposer aux Français un projet global et fédérateur. Il n’a pas su élaborer une feuille de route claire sur des sujets aussi fondamentaux que l’éducation, la fiscalité ou la transition énergétique, d’où l’image d’incohérence et d’improvisation que renvoie son quinquennat. Au bout du compte, Hollande n’a pas réformé grand-chose ; il a surtout essayé de s’adapter aux circonstances, en trahissant parfois ses ambitions initiales mais en restant toujours fidèle à ses valeurs et à ses principes. Le hollandisme est un opportunisme politique, un « chiraquisme de gauche » en quelque sorte. A ceci près que Jacques Chirac avait la capacité très gaullienne de rassembler au-delà des frontières de sa famille politique. François Hollande, lui, n’a pas réussi à rassembler : au contraire, il a exacerbé les fractures à l’intérieur de sa propre famille politique.

La grande erreur de François Hollande a été de croire qu’il pouvait mener une politique social-démocrate après avoir été élu sur un programme clairement marqué à gauche, à l’issue d’une campagne elle aussi très à gauche. On se souvient du discours du Bourget et des imprécations de Hollande contre le « monde de la finance ». On se souvient des promesses du candidat sur la mutualisation des dettes européennes, la « taxe à 75% » et le droit de vote des étrangers aux municipales. Ces promesses non tenues ont aujourd’hui un goût amer pour de nombreux électeurs de gauche. En outre, Hollande ne disposait pas de la majorité nécessaire pour mener la politique réformiste dans laquelle il croyait : prisonnier d’un Parti Socialiste archaïque et d’une gauche profondément divisée, Hollande a été contraint de naviguer à vue, face à une opinion publique qui n’a cessé de se « droitiser » à cause de la menace terroriste et de la « crise des migrants ». Quant à l’opposition, elle n’a clairement pas été à la hauteur de la situation : au lieu d’avoir une attitude constructive, la droite a préféré accabler l’exécutif et faire de la surenchère anti-Hollande pour préparer l’alternance en 2017.

Le moment venu, il faudra évidemment dresser le bilan du quinquennat Hollande, avec le recul nécessaire, non pour faire le procès de François Hollande, non pour l’accabler, mais pour tirer les leçons de ses échecs et de ses renoncements. Le fossé que l’on peut constater entre les ambitions initialement affichées par François Hollande et la réalité de son quinquennat doit aussi nous faire réfléchir dans la perspective des élections à venir : qu’il soit de gauche ou de droite, un candidat qui se fait élire sur la base d’un programme très ambitieux finit toujours par trahir une partie de ses engagements. Les programmes les plus séduisants sont d’abord faits pour gagner une élection, rarement pour être appliqués à la lettre.

Remaniement: à gauche toutes !

Vous attendiez une ouverture au centre ? Tant pis pour vous. Le dernier remaniement ministériel marque le grand retour de Jean-Marc Ayrault et des écologistes au gouvernement, mais aucun centriste ne fait partie du nouveau casting. Pourtant, la politique économique et sécuritaire de Manuel Valls, qu’il s’agisse de la loi Macron, de la déchéance de nationalité ou de la simplification du Code du Travail, est très contestée dans les rangs de la gauche et a reçu le soutien d’une partie de la droite et du centre.

Pourquoi ce remaniement ? L’objectif est de rassembler la majorité pour préparer 2017 : Hollande sait qu’il a peu de chances d’accéder au deuxième tour de la présidentielle si la gauche n’est pas rassemblée dès le premier tour. Pour éviter un nouveau « 21 avril », il faut donc faire du replâtrage, réparer une majorité malmenée depuis quatre ans. Cette synthèse très « mitterrandienne » doit permettre à Hollande de remobiliser ses troupes face à une droite menaçante et face à une extrême droite plus forte que jamais. Par ailleurs, l’ouverture au centre aurait constitué un pari très risqué pour Hollande et pour Valls : en ouvrant la majorité vers le centre, l’exécutif aurait pris le risque d’essuyer un refus des centristes et de provoquer une rupture avec l’aide gauche de la majorité. Hollande et Valls ont donc fait le choix de la sécurité.

Pourtant, ce choix stratégique est à contre-courant de l’opinion publique : sondage après sondage, une majorité de Français ont exprimé leur sympathie pour les personnalités politiques modérées, et leur volonté de voir émerger ce fameux « axe central » réunissant les sociaux-démocrates et les sociaux-libéraux du PS, les radicaux de gauche, les centristes du MoDem et de l’UDI, les « gaullo-réformistes » et les libéraux modérés de LR. Le choix de François Hollande pose également un problème de cohérence politique : comment Manuel Valls pourra-t-il, en un an, réformer le pays et simplifier le Code du Travail avec une majorité fracturée dont l’aile gauche désapprouve sa politique économique ?

Déchéance de nationalité: vrai débat et faux arguments

La déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux a soulevé une vague d’indignation à gauche. Certains, comme Christiane Taubira, y voient une remise en cause du droit du sol, tandis que les Verts dénoncent une mesure « nauséabonde » empruntée au Front National. Jean-Luc Mélenchon accuse même le gouvernement d’imiter le régime de Vichy !

Que propose précisément François Hollande ? D’inscrire dans notre Constitution la déchéance de nationalité pour les binationaux coupables d’actes terroristes. Ceux qui voient dans cette mesure une atteinte grave à nos principes républicains feraient bien de relire le Code civil. L’article 25 du Code civil prévoit déjà la déchéance de nationalité pour les binationaux qui ont été naturalisés français ou qui ont acquis la nationalité française par le droit du sol. L’article 23-7 permet, dans certains cas, de retirer la nationalité française aux binationaux ayant manqué de loyauté envers la France, même s’ils sont nés français (on parle alors de « perte de nationalité », et non de déchéance). Ce que propose François Hollande, c’est d’étendre à tous les binationaux la procédure de déchéance.

La déchéance de nationalité pour les binationaux nés français remet-elle en cause le droit du sol ? Non : la mesure proposée par François Hollande ne durcit pas les conditions d’accès à la nationalité française. Les personnes nées en France de parents étrangers continueront à bénéficier du droit du sol.

La déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux nés français est-elle une mesure défendue par le Front National ? Oui. Et alors ? On peut être d’accord avec le FN sur un point précis sans pour autant adhérer à l’ensemble de ses idées et de son programme ! D’ailleurs, le FN veut aller beaucoup plus loin en matière de droit de la nationalité. Le parti de Marine Le Pen souhaite en effet supprimer le droit du sol et interdire la double nationalité : ce n’est évidemment pas ce que propose François Hollande. Une partie de la gauche française n’hésite pas, elle aussi, à recycler certaines propositions du Front National, comme le retour au protectionnisme et la sortie de l’euro. Les convergences évidentes qui existent entre la gauche antilibérale et l’extrême droite sur les questions socio-économiques ne semblent déranger personne.

La déchéance de nationalité pour les binationaux serait-elle un retour à la politique de Vichy ? Non. En 1940, le gouvernement de Vichy adopta une loi permettant la révision de toutes les naturalisations opérées depuis 1927 : cette loi conduisit à déchoir de la nationalité française plus de 15.000 naturalisés, dont 6.000 juifs. Quel rapport y a-t-il entre la politique antisémite et xénophobe du régime de Vichy, et la proposition faite par François Hollande qui, rappelons-le, vise uniquement des individus condamnés pour des actes terroristes ?

Il est normal que la déchéance de nationalité fasse débat. C’est même plutôt sain dans une démocratie digne de ce nom. Mais les faux arguments fondés sur des caricatures, des jugements de valeur ou des analogies historiques douteuses ne font guère avancer la discussion. La question centrale soulevée par la proposition de François Hollande est la suivante : un terroriste qui complote contre la France et qui tue des innocents pour la seule raison qu’ils sont français mérite-t-il d’avoir la nationalité française ? On peut légitimement penser que non. C’est en tout cas l’opinion de 90% des Français. Dans son principe, la mesure proposée par François Hollande semble donc justifiée.

Cela dit, dans le contexte actuel, inscrire la déchéance de nationalité dans notre Constitution n’est pas forcément une bonne idée. On peut en effet s’interroger sur l’efficacité d’une telle mesure : constitutionnaliser la déchéance de nationalité pour les binationaux ne sera d’aucune utilité dans la lutte contre le terrorisme et n’aura aucun effet dissuasif sur des individus fanatisés prêts à mourir pour le djihad. Il s’agit donc d’une mesure symbolique. De plus, en traçant une frontière juridique et symbolique entre les binationaux et les autres citoyens français, la mesure défendue par François Hollande risque de créer de la division et d’aggraver les fractures de la société française : la lutte contre le terrorisme exige, au contraire, que la nation soit rassemblée.

Si Hollande a proposé cette mesure symbolique, c’est pour apporter une réponse forte à la menace terroriste. Mais il y a un autre objectif : en proposant une mesure qui était, jusqu’à présent, défendue par la droite, François Hollande fait un véritable coup politique. Il cherche à s’attirer les faveurs de l’opinion publique et à couper l’herbe sous le pied de la droite. Malheureusement pour l’exécutif, la stratégie n’est pas aussi efficace que prévu puisqu’une partie de la droite s’oppose à la déchéance de nationalité. Les députés du Front de Gauche et d’Europe-Ecologie-Les Verts voteront contre la révision constitutionnelle, ainsi que l’aile gauche du PS. Or, si les parlementaires de la droite et du centre ne soutiennent pas massivement cette mesure, Hollande risque de prendre un magistral camouflet.

Qu’est-ce que le social-libéralisme?

Quand on parle de « social-libéralisme », on pense d’abord à des hommes politiques de centre-gauche convertis au libéralisme économique. A la fin des années 1990 et au début des années 2000, le chancelier allemand Gerhard Schröder et le Premier Ministre britannique Tony Blair sont devenus des symboles de cette gauche « sociale-libérale » qui voyait la mondialisation comme un processus inéluctable et qui faisait passer l’efficacité économique avant l’idéologie. En France, l’expression « social-libéral » est presque une insulte : on l’emploie généralement pour dénigrer les gouvernements de gauche qui mettent en œuvre des réformes économiques jugées « trop à droite ». Pour une partie de la gauche française, le « social-libéral » est en quelque sorte le nouveau visage du « social-traître », l’incarnation d’une gauche dévoyée qui aurait trahi les travailleurs et embrassé la cause du patronat. Le Front de Gauche et les frondeurs du PS ont ainsi reproché à Manuel Valls de mener une politique « sociale-libérale ». Or, Valls a toujours récusé l’étiquette de social-libéral, tout comme la direction du PS : « le social-libéralisme ne fait partie ni de notre vocabulaire ni de notre tradition », a déclaré le Premier Secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis. Qu’est-ce donc que le « social-libéralisme » et pourquoi ce courant politique a-t-il si mauvaise réputation au sein de la gauche française ?

Tony Blair.

Origines et fondements idéologiques du social-libéralisme

Le social-libéralisme n’est pas apparu avec le « blairisme » ni avec la social-démocratie version Schröder. Il s’agit en réalité d’un courant de pensée beaucoup plus ancien, qu’on appelle également « libéralisme social ». En France, on distingue parfois les « sociaux-libéraux » (hommes de gauche convertis au libéralisme économique) et les « libéraux sociaux » (libéraux ayant une sensibilité sociale) : les premiers seraient situés au centre-gauche tandis que les seconds seraient au centre-droit. Il s’agit toutefois d’une distinction artificielle qui n’existe pas dans le monde anglo-saxon : en français, le terme « social-libéralisme » est calqué sur l’anglais social liberalism, qui signifie littéralement « libéralisme social ».

Le libéralisme social a émergé en Grande-Bretagne à la fin du XIXe siècle et a été fortement influencé par les théories de l’économiste John Stuart Mill et par celles du sociologue Leonard Trelawny Hobhouse. On pourrait définir ce courant de pensée comme une volonté de concilier libéralisme économique et justice sociale : les « libéraux sociaux » prônent une économie de marché fondée sur la libre concurrence et l’initiative privée mais encadrée par des normes sociales et par une action régulatrice de l’Etat. Contrairement aux libéraux classiques, les libéraux sociaux n’accordent pas une confiance aveugle aux lois du marché : ils considèrent l’Etat comme un outil légitime de régulation des rapports sociaux, à condition que cette action régulatrice ne remette pas en cause les libertés individuelles. Pour les libéraux sociaux, il ne peut y avoir de véritable liberté que si les individus disposent des conditions matérielles nécessaires pour l’exercer : dès lors que les lois du marché ne garantissent pas une redistribution suffisamment juste des richesses et que la solidarité spontanée entre individus ne permet pas de corriger les inégalités les plus criantes, la puissance publique doit intervenir.

Le libéralisme social a connu un essor important aux Etats-Unis entre 1900 et 1920, période souvent qualifiée de « Progressive Era » (ère progressiste) dans l’histoire politique américaine. Face au creusement des inégalités sociales et à la puissance des trusts, les présidents américains de cette époque ont rompu avec le principe libéral classique du « laisser-faire » et ont cherché à mieux encadrer le capitalisme. Deux présidents ont particulièrement marqué cette période progressiste : le républicain Theodore Roosevelt (président de 1901 à 1909) et le démocrate Thomas Woodrow Wilson (président de 1913 à 1921). Au Royaume-Uni, ce sont les « Whigs » du Parti Libéral qui ont, dès la fin du XIXe siècle, embrassé les principes du libéralisme social. Lloyd George en fut l’un des plus éminents représentants : nommé Chancelier de l’Echiquier en 1908, il mit en œuvre une politique sociale audacieuse et instaura, en 1911, le premier système d’assurances sociales obligatoire, financé par l’Etat et par les cotisations des travailleurs et du patronat.

Theodore Roosevelt.

La doctrine « solidariste » développée en France par le radical Léon Bourgeois à la fin du XIXe siècle peut être considérée comme une variante française du libéralisme social. Juriste de formation, Léon Bourgeois occupa plusieurs ministères importants sous la Troisième République (il fut notamment Ministre du Travail et Ministre de l’Instruction Publique). Pour Léon Bourgeois, la société se compose d’individus interdépendants liés entre eux par des obligations morales : tous les individus ont une dette envers la société, et chacun doit s’acquitter de sa « dette sociale » selon les moyens dont il dispose. La doctrine de Léon Bourgeois, que l’on pourrait définir comme une sorte de troisième voie entre le socialisme et le libéralisme classique, servit de fondement philosophique et moral aux lois sociales de la Belle Epoque (comme la loi de 1898 sur les accidents du travail ou la loi de 1910 sur les retraites ouvrières et paysannes) mais également à la création d’un impôt progressif sur le revenu en 1914.

Après la crise de 1929, les travaux du célèbre économiste britannique John Maynard Keynes ont largement nourri la pensée sociale-libérale. Keynes croyait aux vertus de la libre concurrence mais considérait que, dans un contexte de crise économique et d’effondrement de la demande, une régulation macro-économique était nécessaire pour soutenir la consommation et stabiliser le marché. Ces principes furent d’ailleurs appliqués aux Etats-Unis dans les années 30 avec le « New Deal » du président démocrate Franklin Delanoe Roosevelt : pour sortir de la crise, Roosevelt mit en œuvre une politique de « grands travaux » destinée à relancer l’économie américaine. Mais il chercha aussi à moraliser le capitalisme en renforçant le rôle des syndicats, en établissant un code de bonne conduite pour les entreprises et en luttant contre la spéculation boursière. Soucieux de porter secours aux victimes de la crise, il mit en place une assurance chômage et un système de retraites financé par l’impôt, jetant ainsi les bases d’un Etat-providence.

Le renouveau de la pensée sociale-libérale à la fin du XXe siècle

A la fin du XXe siècle, plusieurs auteurs ont largement contribué au renouveau de la pensée sociale-libérale. Il faut tout d’abord mentionner le philosophe américain John Rawls, qui a travaillé sur les notions de justice et d’égalité. Selon John Rawls, c’est l’égalité des chances qui constitue le fondement de la justice sociale. L’égalité des chances ne requiert pas la suppression de toutes les inégalités socio-économiques mais uniquement de celles qui ne sont pas bénéfiques aux individus les plus déshérités : c’est ce que le philosophe appelle le « principe de différence ». Au nom de ce principe, la puissance publique doit garantir à tous les individus l’accès à certains « biens premiers » (comme l’éducation) et mettre en place des mesures visant à favoriser l’intégration des catégories de population les plus défavorisées ; aux Etats-Unis, les travaux de John Rawls ont notamment inspiré les politiques d’affirmative action en faveur des Afro-américains. L’économiste indien Amartya Sen, qui a reçu le prix Nobel d’économie en 1998, est lui aussi considéré comme un théoricien du social-libéralisme contemporain. Cet économiste est surtout connu pour ses travaux sur la famine, sur les inégalités entre hommes et femmes et sur « l’économie du bien-être ». Amartya Sen considère que les mécanismes de l’économie de marché doivent être mis au service du développement des pays pauvres ; ses recherches ont largement contribué à l’essor de l’économie sociale et solidaire.

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John Rawls.

Le sociologue britannique Anthony Giddens a théorisé dans les années 1990 l’idée d’une « troisième voie » entre la social-démocratie classique et le néolibéralisme. D’après Giddens, les partis de centre-gauche ne pouvaient survivre à l’effondrement du monde bipolaire qu’en s’adaptant prudemment aux nouvelles règles de la mondialisation libérale. Dès lors, la priorité ne devait plus être la redistribution des richesses mais l’accroissement de la compétitivité des entreprises par une politique de l’offre (baisses d’impôts, flexibilisation du marché du travail) ; l’Etat-providence devait être maintenu mais restructuré, de façon à rétablir l’équilibre des comptes publics. L’éducation demeurait quant à elle un pilier de l’action publique, car elle devait donner un haut niveau de qualification à la population active et, par conséquent, garantir son « employabilité ». Les travaux de Giddens ont influencé plusieurs dirigeants de centre-gauche tels que Tony Blair et Gerhard Schröder, qui ont flexibilisé le marché du travail et réduit les impôts tout en préservant les fondements de l’Etat-providence et les services publics d’éducation et de santé : Giddens a d’ailleurs été le conseiller de Tony Blair et l’un des principaux inspirateurs du New Labour. Ses analyses ont également influencé le président Bill Clinton et les New Democrats aux Etats-Unis.

La gauche française n’est pas social-libérale

La gauche française est une exception en Europe car elle été relativement peu réceptive à la « troisième voie » théorisée par Giddens et adoptée par la plupart des sociaux-démocrates européens. Jean-Christophe Cambadélis a raison d’affirmer que le social-libéralisme est étranger à la tradition socialiste française : les sociaux-libéraux sont ultra-minoritaires au PS. Au début des années 2000, Jean-Marie Bockel a tenté de promouvoir un courant social-libéral au sein du Parti Socialiste mais, suite à la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, il a quitté le PS pour rejoindre la nouvelle majorité présidentielle et a fondé un petit parti baptisé « La Gauche Moderne », aujourd’hui membre de l’UDI. Quant à Emmanuel Macron, qui est souvent présenté comme un social-libéral, il n’a jamais été membre du PS. En France, les véritables héritiers du « libéralisme social » ne sont pas à gauche : ils sont plutôt à chercher du côté du centre-droit, chez les libéraux modérés de l’UDI ou de LR. Même si la gauche a contribué à la libéralisation de l’économie française à partir des années 80, elle n’a jamais mis en place de véritables réformes structurelles du marché du travail et n’a jamais voulu toucher à l’Etat-providence : toutes les réformes de l’assurance maladie et des retraites ont été menées par la droite et le centre.

François Hollande a parfois été qualifié de « social-libéral » mais son héritage est celui de la « deuxième gauche » et de Jacques Delors, et non celui du social-libéralisme. Il est vrai que les réformes économiques mises en place pendant le quinquennat de François Hollande s’inscrivent dans une logique libérale, mais sans aller vraiment jusqu’au bout de cette logique. Le CICE fournit un bon exemple : ce dispositif accorde aux entreprises un crédit d’impôt sous réserve que celles-ci embauchent de nouveaux salariés ou investissent dans la recherche, l’innovation ou la formation. Or, les vrais libéraux plaident pour des baisses de charge permanentes et sans contrepartie. Quant à la « loi Travail », souvent présentée comme une réforme libérale, elle n’a permis qu’un assouplissement très limité du droit du Travail. Cette loi n’a pas abrogé les 35 heures : la semaine de 35 heures demeure la référence légale en France, et toute augmentation de la durée du travail dans une entreprise doit passer par un accord d’entreprise signé par des syndicats majoritaires ou, à défaut, ratifié par les salariés dans le cadre d’un référendum interne. En outre, la « loi Travail » n’a pas véritablement assoupli les conditions de licenciement : elle n’a fait qu’inscrire dans le Code du Travail des motifs de licenciement déjà reconnus par la jurisprudence.

Quel social-libéralisme pour le XXIe siècle ?

Le social-libéralisme est-il devenu obsolète ? Non : face à la droite conservatrice et à la montée des populismes en Europe, nous avons besoin de courants politiques modérés capables de concilier protection et compétitivité. Cela dit, une rénovation idéologique s’impose : le blairisme et la social-démocratie de Schröder, qui incarnaient une certaine modernité politique au début des années 2000, sont aujourd’hui des modèles dépassés. Au Royaume-Uni, l’arrivée de Jeremy Corbyn à la tête du Parti Travailliste en 2015 exprime d’ailleurs une volonté de tourner le dos à l’héritage du blairisme. En Italie, la démission de Matteo Renzi fin 2016 illustre elle aussi l’essoufflement de la « troisième voie » en Europe. Les sociaux-libéraux doivent donc se trouver de nouveaux modèles et un nouveau socle intellectuel adapté aux enjeux du XXIe siècle.

Quelques idées intéressantes ont récemment émergé dans le débat politique européen : « revenu universel de base », « flat tax », assurance-chômage universelle, systèmes de retraite « à la carte », etc. Ces propositions ne constituent évidemment pas un corpus idéologique cohérent mais donnent déjà quelques orientations sur ce que pourrait être le social-libéralisme du XXIe siècle : un courant de pensée qui veut encourager l’innovation et la prise de risques tout en préservant les fondements de l’Etat-providence ; un courant de pensée qui entend favoriser la mobilité professionnelle sans précariser les travailleurs ; un courant de pensée qui souhaite introduire plus de souplesse dans le droit du travail et dans les systèmes sociaux en laissant à chaque travailleur la possibilité de trouver des solutions adaptées à sa situation et à ses besoins. Par ailleurs, le social-libéralisme du XXIe siècle devra dépasser le cadre national et s’inscrire dans une réflexion beaucoup plus globale. Jusqu’à présent, les sociaux-libéraux ont surtout cherché à insérer les économies nationales dans la mondialisation : il s’agit désormais de promouvoir, à l’échelle européenne comme à l’échelle mondiale, l’idée d’une globalisation plus humaine régulée par des normes fiscales, sanitaires et environnementales plus exigeantes.

Les violons de Châteauroux

Français Hollande avait annoncé en 2012 que les jeunes seraient la priorité de son quinquennat. Trois ans plus tard, le constat est amer : contrairement aux promesses démagogiques de 2012, la jeunesse française n’est pas du tout au cœur du quinquennat. Sur le front de l’emploi, rien de réjouissant : les jeunes restent les principales victimes de la crise, entre chômage et travail précaire. La situation des universités françaises est toujours déplorable et nos jeunes chercheurs travaillent souvent dans des conditions qui font honte à notre pays. La réforme du collège, sous prétexte de favoriser l’égalité des chances, va démanteler des enseignements d’excellence dont bénéficiaient jusqu’à présent des élèves méritants issus de toutes catégories sociales. Et sur le front du logement, ce sont encore les jeunes qui souffrent le plus : la pénurie de logements et la flambée des prix dans les métropoles empêchent de nombreux jeunes actifs d’accéder à la propriété et les conduit même, parfois, à opter pour la colocation. Pour compléter ce triste tableau, nous apprenons que l’Etat vient de supprimer la subvention qu’il versait à près de 140 conservatoires à rayonnement régional ou départemental. La plupart des communes concernées sont dans l’impossibilité de compenser la perte de cette subvention compte tenu de la baisse des dotations versées aux collectivités. Si les grandes villes parviennent à compenser totalement ou partiellement la perte de la subvention destinée aux conservatoires, il est clair que de nombreuses villes moyennes n’auront pas d’autres choix que de supprimer des postes de professeur, réduire leur offre de cours et augmenter fortement leurs tarifs. Les familles les plus modestes apprécieront, surtout celles qui ont fait de gros sacrifices pour investir dans l’achat d’un instrument de musique dont l’enseignement va disparaître : à Châteauroux, par exemple, six professeurs vont être licenciés, et un professeur prenant sa retraite ne sera pas remplacé. Les cours de violon, d’accordéon, de tuba, d’orgue et de clavecin, de chant choral, de danse classique et de hip-hop vont être sacrifiés. C’est un coup dur pour les familles, mais aussi pour l’ensemble des habitants car le conservatoire est un véritable « poumon culturel » pour la ville et sa région. Après les déserts médicaux, voici les « déserts musicaux ». Une société bloquée, un marché du travail sclérosé, une école dont la seule ambition est celle du nivellement par le bas, une vie culturelle au rabais: voilà donc ce que le quinquennat de François Hollande laissera en héritage à la jeunesse de France.