Le MoDem est-il encore utile au sein de la majorité?

F. Bayrou et E. Macron en 2017.

Le Mouvement Démocrate a été fondé par François Bayrou en 2007 sur les ruines de l’ancienne UDF. Dès sa création, ce parti a mis en avant des thèmes forts tels que la moralisation de la vie politique, la défense du projet européen et le dépassement du clivage droite-gauche. Le MoDem est longtemps resté en marge de la vie politique française mais la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017 fut une véritable aubaine pour le parti centriste : en soutenant le candidat Macron dès le premier tour de la présidentielle et en faisant alliance avec La République En Marche aux élections législatives, le MoDem est sorti de l’isolement. Avec 46 députés, le parti de François Bayrou dispose désormais de son propre groupe à l’Assemblée nationale et constitue le principal allié du parti présidentiel.

Dès 2017, les élus du MoDem ont cherché à se démarquer de leurs alliés macronistes : ils se sont présentés comme les garants du pluralisme au sein de la nouvelle majorité ; ils ont revendiqué l’héritage politique du centre face au jeune parti présidentiel ; ils voulaient incarner l’aile sociale et humaniste de la majorité face à des élus macronistes réputés plus libéraux. Malgré tout, le parti de François Bayrou n’a jamais vraiment été un pilier de la majorité. Pourquoi ? La première raison est arithmétique : avec plus de 300 députés, La République En Marche dispose à elle seule de la majorité absolue à l’Assemblée nationale et n’a pas besoin des centristes pour voter les réformes. La deuxième raison est judiciaire : le MoDem a été fragilisé par des soupçons de détournement de fonds publics au Parlement européen. François Bayrou, Sylvie Goulard et Marielle de Sarnez ont quitté le gouvernement dès 2017 suite à l’ouverture d’une enquête préliminaire et ont été mis en examen fin 2019.

Certes, le gouvernement d’Edouard Philippe compte encore trois membres du MoDem. Mais aucun d’entre eux ne peut être considéré comme un « poids lourd » du gouvernement : Marc Fesneau est chargé des relations avec le Parlement, Jacqueline Gourault est ministre de la Cohésion des Territoires et Geneviève Darrieussecq est secrétaire d’Etat auprès du ministre des Armées. En 2017, les ministres issus du MoDem occupaient des postes beaucoup plus importants dans le premier gouvernement Philippe : François Bayrou était ministre de la Justice, Marielle de Sarnez ministre des Affaires Européennes et Sylvie Goulard ministre des Armées. Il y a donc bien eu une forme de rétrogradation du MoDem au sein de l’équipe gouvernementale.

Le MoDem est-il vraiment utile dans la majorité ? Même si les élus du MoDem sont plutôt discrets, leur contribution au travail de la majorité n’est pas négligeable : ils ont rédigé de nombreux rapports parlementaires et déposé de nombreux amendements depuis le début de la législature. Maud Petit, députée MoDem du Val de Marne, est à l’origine de la loi de 2019 sur l’interdiction des violences éducatives, dite « loi anti-fessée ». Patrick Mignola, patron des députés MoDem, a déposé en 2018 une proposition de loi visant à protéger la propriété intellectuelle pour les éditeurs de services de presse en ligne. Les élus MoDem se sont efforcés d’améliorer les projets de loi portés par le gouvernement d’Edouard Philippe : ainsi, les amendements du MoDem ont permis d’humaniser la loi sur l’asile en améliorant les conditions de rétention des mineurs ; en 2018, un amendement du MoDem a retiré l’huile de palme de la liste des biocarburants, supprimant ainsi les avantages fiscaux dont bénéficiait ce produit.

Les élus du MoDem ont toujours fait preuve de loyauté vis-à-vis de leurs alliés macronistes. Et ils continuent de soutenir, bon an mal an, la politique du gouvernement. Philippe Berta, député MoDem du Gard, a été nommé en 2019 co-rapporteur du projet de loi sur la bioéthique prévoyant, entre autres, l’extension de la PMA. Nicolas Turquois, député MoDem de la Vienne, a été nommé début 2020 co-rapporteur du projet de loi sur la réforme des retraites. Pourtant, face à l’hégémonie du parti présidentiel, les élus du MoDem ont bien du mal à faire entendre leur voix. Le grand projet de réforme institutionnelle porté par François Bayrou et son parti, à savoir l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives, semble être aujourd’hui relégué au fond d’un tiroir de Matignon. Sur la question des retraites, sur celle des violences policières, sur l’éducation et sur bien d’autres sujets, les centristes n’ont pas vraiment pesé dans les débats. Ils n’ont pas été capables d’humaniser la ligne du gouvernement, ni de tempérer l’arrogance technocratique dont l’exécutif a si souvent fait preuve. Ils n’ont pas su défendre leur conception de la démocratie : la transparence, le respect des corps intermédiaires et la recherche du compromis le plus large pour mettre en place les réformes indispensables au pays.

Le malaise est d’ailleurs de plus en plus palpable dans les rangs du parti centriste. Isabelle Florennes, députée des Hauts-de-Seine, a reconnu dans la presse que le MoDem n’était pas assez écouté au sein de la majorité. Le député Jean-Louis Bourlanges, qui est l’une des dernières figures intellectuelles du courant centriste en France, déclarait quant à lui sur France Inter : « On n’aurait pas dû organiser la majorité comme on l’a fait, on n’aurait pas dû écraser les sensibilités politiques ». Le problème, c’est que les députés MoDem sont dans une situation de dépendance à l’égard du parti présidentiel, pour une raison très simple : c’est à lui qu’ils doivent leur élection. Dans ces conditions, il ne faut pas s’attendre à une fronde des parlementaires centristes.

Vers une fusion de LREM et du MoDem?

F. Bayrou et E. Macron en 2017.

Le parti de François Bayrou et le parti macroniste ont fait alliance aux législatives de 2017 ainsi qu’aux européennes de 2019 ; des alliances se profilent aussi pour les municipales de 2020. Des rumeurs évoquent déjà une possible fusion des deux partis au sein d’un grand mouvement central et pro-européen. Un tel scénario semble pourtant peu réaliste à moyen terme.

Tout d’abord, François Bayrou n’y est pas favorable. Au nom du pluralisme, le président du MoDem s’est toujours opposé aux projets visant à constituer un grand parti hégémonique : en 2002, Bayrou avait refusé d’intégrer l’UMP en déclarant : « si l’on pense tous la même chose, alors on ne pense plus rien ». C’est d’ailleurs pour préserver son indépendance qu’il a créé le Mouvement Démocrate en 2007, sur les ruines de l’UDF. On imagine mal Bayrou renoncer à son indépendance et saborder le parti qu’il a lui-même fondé au prix de tant de sacrifices.

De leur côté, les macronistes ne souhaitent pas diluer leur jeune parti dans une nouvelle entité à l’avenir incertain. Ce que voudraient certains macronistes, c’est une absorption du MoDem par La République En Marche : en effet, le MoDem est un allié parfois gênant pour le parti majoritaire. En 2017, la querelle des investitures aux législatives a entraîné des tensions entre Bayrou et les cadres macronistes. Depuis 2017, Bayrou a tenu à plusieurs reprises des propos critiques à l’endroit d’Emmanuel Macron. En outre, le parti de Bayrou fait actuellement l’objet d’une enquête pour des soupçons de détournement de fonds publics au Parlement européen, ce qui pourrait avoir des retombées négatives sur l’image du parti présidentiel.

Dans l’absolu, une fusion du MoDem et de LREM serait-elle souhaitable ? Cela fait maintenant plusieurs années que le Centriloque cherche à théoriser la recomposition du champ politique français et l’émergence d’un « axe central » regroupant toutes les forces réformistes modérées, libérales et pro-européennes venues du centre, du centre-gauche et du centre-droit. La victoire d’Emmanuel Macron a, de toute évidence, marqué une étape décisive dans cette recomposition politique. L’effondrement du PS et la fracturation de LR confirment également cette dynamique. L’axe central existe : les macronistes, les centristes du MoDem et de l’UDI, les radicaux et le mouvement Agir incarnent cet axe central, et nul ne peut nier que ces différentes familles politiques sont d’accord sur l’essentiel. D’un point de vue strictement idéologique, une alliance durable entre les différentes composantes de l’axe central serait donc tout à fait cohérente.

Mais ces différents partis ont des histoires et des cultures politiques différentes : plutôt qu’une fusion, ne faut-il pas plutôt envisager, à terme, une sorte de fédération de partis sur le modèle de l’ancienne UDF, qui réunirait différentes formations politiques tout en laissant à chaque parti-membre la possibilité de conserver ses structures et son identité ? Mais pour que cela soit possible, encore faut-il que les macronistes se montrent un peu plus humbles et acceptent de renoncer à la culture du parti unique pour privilégier une culture de la coalition et du compromis.

La non-campagne des législatives

La campagne des législatives aura été une campagne médiocre, sans débat, sans leaders, sans programmes. Bref, une « non-campagne ». Cette situation est en partie la conséquence du calendrier électoral : les élections législatives viennent simplement confirmer le résultat de la présidentielle ; leur enjeu est donc perçu (à tort) comme secondaire. Mais il faut y voir aussi une conséquence de la décomposition du système politique français : le PS est en pleine déconfiture, Les Républicains sont inaudibles, le FN est au bord de l’implosion malgré le score très élevé de Marine Le Pen à la présidentielle et les Insoumis peinent à s’affirmer comme une force d’opposition crédible à Emmanuel Macron. Quant à La République En Marche, il s’agit d’une toute nouvelle formation politique encore mal connue, dont le succès incontestable s’explique à la fois par la popularité d’Emmanuel Macron, le discrédit des partis traditionnels et une volonté forte, chez les électeurs, de renouveler la vie politique et de faire émerger de nouvelles têtes.

Cette campagne électorale a également été parasitée par les soupçons d’emplois fictifs, d’abus de confiance et de conflits d’intérêts pesant sur plusieurs membres du nouveau gouvernement et leur entourage. Après Richard Ferrand, ce sont plusieurs personnalités du MoDem qui voient aujourd’hui leur intégrité mise en cause, notamment la ministre chargée des Affaires européennes Marielle de Sarnez. Suite aux accusations lancées par une eurodéputée du Front National et aux révélations faites par un ancien assistant parlementaire de Jean-Luc Bennahmias, le MoDem est aujourd’hui soupçonné d’avoir fait travailler dans ses locaux parisiens les assistants parlementaires de plusieurs eurodéputés. Le parquet financier a ouvert une enquête préliminaire, comme cela se fait systématiquement dans ce genre d’affaires. Dans un communiqué de presse daté du 8 juin, le parti de François Bayrou dément catégoriquement tout emploi fictif et joue la transparence : « Le MoDem réaffirme qu’il a respecté toutes les règles et toutes les obligations d’un employeur. Tout salarié qui a travaillé dans ses équipes ces dernières années, souvent à temps partiel, a été rémunéré par le mouvement de manière parfaitement transparente en fonction du service effectivement assumé pour notre formation politique. Ces collaborateurs à temps partiel ont pu avoir, en même temps, d’autres contrats également à temps partiel auprès de parlementaires européens. Rien n’est plus normal et plus légal qu’un tel partage d’activité. Pour mettre fin à ces rumeurs intéressées, le MoDem réitère sa proposition de consultation de tous les contrats de travail et de tous les bulletins de salaire qui ont engagé le mouvement. »

Il faut évidemment laisser la justice faire son travail et respecter le principe de présomption d’innocence : à ce jour, il est impossible de savoir si les accusations portées contre le parti de François Bayrou sont avérées. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que cette polémique tombe très mal pour l’exécutif, en particulier pour François Bayrou qui, en tant que ministre de la Justice, est chargé de mettre en œuvre le projet de « moralisation de la vie publique » défendu par Emmanuel Macron. Le fait que toutes ces affaires éclatent en pleine campagne des législatives ne doit rien au hasard : l’objectif est bien sûr de déstabiliser le gouvernement d’Emmanuel Macron et de discréditer son projet de moralisation de la vie publique, un projet cohérent, nécessaire et attendu par les Français. La multiplication des accusations contribue largement à l’atmosphère délétère de cette campagne électorale et tend à occulter les programmes et les débats de fond. Mais je vois tout de même quelque chose de positif dans tout cela : ces affaires nous rappellent en effet que les partisans de Macron ne sont pas au-dessus des lois et ne bénéficient d’aucun traitement de faveur. Cela pourra peut-être faire taire tous ceux qui ont prétendu, un peu rapidement, que les « médias » et le « système » roulaient pour Macron. On voit bien, aujourd’hui, que la justice n’accorde aucun traitement de faveur aux macronistes et que les grands médias relaient amplement les accusations portées contre Monsieur Ferrand et contre le MoDem.

Marielle de Sarnez.

Bayrou fait alliance avec Macron

Dans la conférence de presse qu’il a tenue au siège du MoDem ce mercredi 22 février à 16 heures 30, François Bayrou a officiellement annoncé son choix de ne pas être candidat à l’élection présidentielle. Il a également fait une « offre d’alliance » à Emmanuel Macron tout en posant certaines conditions, notamment une « loi de moralisation de la vie publique » et l’introduction de la proportionnelle aux élections législatives pour améliorer la représentativité du Parlement. Emmanuel Macron s’est empressé d’accepter l’offre de François Bayrou.

Le président du MoDem est souvent décrit comme un homme pourvu d’un égo démesuré, animé d’une ambition dévorante et obsédé par l’élection présidentielle : certains de ses anciens amis, comme Hervé Morin et Jean Lassalle, avaient même affirmé qu’il serait candidat en 2017. En renonçant à une quatrième candidature à la présidentielle, Bayrou a cependant démontré qu’il savait faire passer l’intérêt général avant ses ambitions personnelles. En vérité, le choix qu’il vient de faire est celui de la lucidité : ses chances de victoire à la présidentielle étaient extrêmement faibles et sa candidature aurait entraîné une dispersion des suffrages qui, in fine, aurait fragilisé les candidats modérés face à l’extrême droite.

Les diagnostics de Bayrou sur l’état de la France ont toujours été d’une grande justesse : on ne peut pas en dire autant de ses pronostics électoraux. Tous les scénarios envisagés par Bayrou se sont effondrés les uns après les autres ! Le président du MoDem avait d’abord soutenu Juppé à la primaire de la droite, en pariant sur un affrontement Juppé-Sarkozy au second tour : or, la victoire inattendue de François Fillon à la primaire a compromis toute la stratégie de Bayrou. Il avait ensuite parié sur un essoufflement de la campagne d’Emmanuel Macron, ce qui lui aurait permis de revenir dans la course en se présentant comme le candidat naturel du centre : les enquêtes d’opinion montrent cependant que l’engouement des Français pour Macron est durable et que ce dernier est au coude-à-coude avec Fillon dans les intentions de vote.

Le ralliement de Bayrou à Macron n’avait rien d’évident, mais il est cohérent. En public, Bayrou a longtemps critiqué Macron en le dépeignant comme le « candidat de la finance » et en dénonçant la vacuité de son bilan à Bercy. Mais en coulisses, des rumeurs circulaient déjà depuis quelques semaines sur une possible alliance entre les deux hommes. Macron est clairement le candidat dont les idées se rapprochent le plus de celles de Bayrou. Et même si Macron ne se revendique pas « centriste », il se situe bien au centre de l’échiquier politique, il séduit de nombreux électeurs centristes et il apparaît aujourd’hui comme le seul candidat capable de faire ce que Bayrou a essayé de faire pendant quinze ans : dépasser les clivages politiques traditionnels pour bâtir une « majorité d’idées ». La campagne actuelle de Macron ressemble d’ailleurs étrangement à celle qu’avait menée Bayrou à la présidentielle de 2007 puisqu’elle met en avant les mêmes thèmes : dépassement du clivage droite-gauche, moralisation de la vie politique, « déverrouillage » de l’économie, défense du projet européen.

Lors des présidentielles de 2002, 2007 et 2012, François Bayrou a tenté, sans succès, de porter un projet humaniste et d’incarner une « troisième voie » entre les candidats du PS et de l’UMP. Le ralliement de Bayrou à Macron montre cependant qu’une recomposition politique s’opère et qu’un « axe central » est bel et bien en train d’émerger. Cette fois, la campagne est vraiment commencée, et de vrais choix sont en jeu.

F. Bayrou.

F. Bayrou.

Bayrou confirme sa stratégie pour 2017

Dans une interview accordée au magazine Valeurs Actuelles (numéro du 25 août), Bayrou a confirmé son choix de ne pas voter lors de la primaire des Républicains. Au nom d’une vision très gaullienne des institutions et de la présidentielle, le leader centriste a rappelé son opposition au principe même de la primaire : « c’est le contraire de nos institutions. La philosophie de la Vème République, c’est celle-ci : le Président échappe aux partis et aux camps. Là, on remet le Président au choix partisan d’un camp. » Bayrou a aussi expliqué qu’à ses yeux, ce type de consultation risquait de desservir les candidats modérés au profit de ceux qui « mettent le feu », comme Trump lors de la primaire républicaine aux Etats-Unis.

Par ailleurs, Bayrou a confirmé son soutien à Juppé : si Juppé remporte la primaire, Bayrou ne présentera pas sa candidature à la présidentielle et se rangera derrière le candidat LR dès le premier tour. Bayrou encourage également ses « amis » à voter pour Alain Juppé à la primaire, et rappelle au passage toute l’estime qu’il a pour le maire de Bordeaux : « son expérience et son souci de rassemblement lui permettent aujourd’hui d’être le président dont le pays a besoin ». En revanche, le président du MoDem a clairement dit qu’il serait lui-même candidat en cas de victoire de Nicolas Sarkozy à la primaire : Bayrou reproche à l’ancien président sa crispation sur les questions identitaires et son discours clivant qui renforce les divisions du pays au lieu de rassembler. La stratégie de Bayrou pour la présidentielle est donc claire : le leader centriste sera fidèle à Juppé mais prendra ses responsabilités si Sarkozy gagne la primaire. Une seule incertitude demeure : que fera Bayrou en cas de victoire d’un « outsider » comme Bruno Le Maire ou François Fillon à la primaire ? Cela dit, leurs chances de victoire sont si minces que la question, a priori, ne se pose même pas.

La stratégie de Bayrou peut sembler opportuniste. Et même incohérente, puisque Bayrou critique le principe de la primaire tout en liant son propre destin politique au résultat de la future primaire des Républicains. Cela dit, le choix de Bayrou n’est pas si incohérent qu’on pourrait le penser. Parmi tous les candidats déclarés à la primaire de la droite, Alain Juppé est clairement le plus en phase avec les idées du centre. Si Juppé venait à remporter la primaire, les chances de victoire de Bayrou seraient extrêmement limitées en 2017, et une candidature centriste risquerait de plomber Juppé au premier tour. En revanche, dans l’hypothèse d’une candidature de Nicolas Sarkozy en 2017, Bayrou aurait toutes ses chances car il bénéficierait d’un triple rejet au sein de la population : rejet de Sarkozy, rejet de Hollande et rejet de Marine Le Pen. Dans une telle configuration, il y aurait un espace pour Bayrou au centre de l’échiquier. Le président du MoDem pourrait même recevoir le soutien de l’UDI, dont certains leaders sont exaspérés par Nicolas Sarkozy.

F. Bayrou.

2017: pourquoi pas Bayrou ?

Certes, je suis le premier à critiquer les sondages pipeau et les conjectures vaseuses à propos de la présidentielle de 2017. A quoi bon chercher à prédire le nom du prochain président de la République alors qu’on ne sait même pas qui sera candidat ? Je tenais, malgré tout, à rappeler que François Bayrou se porte bien, et qu’il peut encore créer la surprise en 2017 comme il l’a fait en 2007.

Bayrou est un présidentiable crédible. Il a une longue expérience politique, puisqu’il a été député et ministre de l’Education Nationale avant d’être élu à la mairie de Pau. Il a également à son actif trois candidatures à l’élection présidentielle, en 2002, 2007 et 2012. Les Français ont peu à peu pris conscience de la justesse des analyses qu’il développait depuis des années sur la situation de la France, notamment sur la dette publique. Et surtout, Bayrou est populaire ! Les intentions de vote en sa faveur oscillent entre 12 et 15% au premier tour selon les sondages. Bayrou séduit à la fois l’électorat centriste et les électeurs les plus modérés de droite et de gauche, et peut également séduire les déçus du hollandisme. Dans un article de Nice Matin, l’ancien patron du Point Denis Jeambar le décrit comme le « catalyseur d’un triple rejet » : rejet de Hollande, de Sarkozy et de Marine Le Pen.

Bayrou a depuis longtemps déclaré son soutien à Juppé : si le maire de Bordeaux est désigné comme candidat de LR à la présidentielle, Bayrou ne sera pas candidat. En revanche, si Nicolas Sarkozy remporte la primaire de la droite, Bayrou pourrait bien se présenter en 2017, et il aurait toutes ses chances : dans une telle configuration, Bayrou bénéficierait en effet de la grande impopularité de Sarkozy. Si Hollande et Sarkozy sont de nouveau candidats en 2017, il n’est pas impossible que Bayrou les batte au premier tour.

Etant donné que Marine Le Pen a de fortes chances d’accéder au second tour en 2017, le candidat républicain le mieux placé au premier tour a de fortes de chances d’être élu président de la République en devenant, comme Chirac en 2002, un « rempart » contre l’extrême droite. François Bayrou pourrait bien jouer ce rôle de « rempart ». Mais il doit encore consolider sa stature d’homme d’Etat et bâtir un projet politique crédible. Même s’il a déjà commencé à faire des propositions concrètes sur l’emploi, la fiscalité, l’éducation, la transition écologique et la rénovation de la vie démocratique, Bayrou n’a pas à proprement parler de « programme », puisqu’il n’est pas officiellement candidat.

F. Bayrou.

La présidentielle est-elle une machine à broyer le centre?

La présidentielle est indéniablement la reine des élections sous la Cinquième République, mais les centristes ont longtemps nourri à son égard une certaine méfiance. De Gaulle définissait l’élection présidentielle comme la « rencontre d’un homme et d’un peuple ». Or, les centristes sont très attachés aux corps intermédiaires et au parlementarisme. Quand De Gaulle a instauré l’élection du président au suffrage universel direct en 1962, bon nombre de centristes ont accueilli avec inquiétude cette révision constitutionnelle dont la conséquence prévisible serait une personnalisation accrue du pouvoir.

Pourtant, la présidentielle au suffrage universel direct n’a pas toujours été défavorable aux candidats centristes. En 1965, le démocrate-chrétien Jean Lecanuet rassembla 15% des suffrages au premier tour, un score plus qu’honorable pour cet « outsider » qui osa défier De Gaulle. En 1969, le sénateur centriste Alain Poher mit en ballotage le candidat gaulliste Georges Pompidou. Valéry Giscard d’Estaing remporta la présidentielle de 1974 malgré le soutien très timoré que lui apportèrent les gaullistes au second tour. Même si Giscard ne s’est jamais réclamé du centre, il considérait que la France devait être « gouvernée au centre ». Son programme réformiste, libéral et européen était largement en phase avec les idées centristes, et les partis centristes de l’époque se sont ralliés à lui spontanément dès le premier tour.

Mais depuis la défaite de Valéry Giscard d’Estaing en 1981, aucun candidat centriste n’a réussi à se qualifier pour le second tour d’une présidentielle : Raymond Barre a été battu au premier tour en 1988, tout comme François Bayrou en 2002, en 2007 et en 2012. Sans parler de la présidentielle de 1995, à laquelle aucun candidat centriste n’a concouru. Il faut dire que la présidentielle n’avantage guère les centristes car elle contribue dans une large mesure à la bipolarisation de la vie politique française : le deuxième tour oppose généralement un candidat de gauche à un candidat de droite, ce qui oblige les centristes à choisir leur camp. Par ailleurs, la montée en puissance du Front National entraîne un réflexe de « vote utile » au premier tour, ce qui pénalise les candidats issus des petites formations politiques.

Il y eut pourtant un « moment Bayrou » à l’élection présidentielle de 2007. Le candidat centriste réalisa une percée inattendue au premier tour : avec 18% des suffrages exprimés, Bayrou arriva en troisième position et fit trembler de peur les deux favoris, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Mais Bayrou ne donna aucune consigne de vote à ses électeurs pour le second tour : une partie d’entre eux vota Royal, une autre partie vota Sarkozy, et le reste vota blanc. Isolé politiquement, Bayrou ne tira donc aucun bénéfice de son score exceptionnel du premier tour. Persuadé qu’il devait conquérir l’Elysée pour réorganiser le champ politique autour d’un centre puissant et rénové, Bayrou se présenta de nouveau à la présidentielle en 2012 mais n’atteignit même pas la barre des 10% au premier tour. Pire : son soutien à François Hollande au second tour provoqua l’exaspération de nombreux centristes et aggrava son isolement.

Hélas, la présidentielle de 2017 plonge déjà les centristes dans un embarras considérable. A l’UDI, c’est la cacophonie : certains veulent une candidature autonome du centre à la présidentielle et refusent que l’UDI participe à la primaire de la droite ; certains souhaitent que l’UDI soit représentée par un candidat unique à la primaire ; d’autres, comme Hervé Morin, refusent le principe d’une candidature unique et veulent que chacune des composantes de l’UDI puisse présenter un candidat lors de la primaire. L’eurodéputé Jean Arthuis a annoncé en février 2016 que son micro-parti, l’Alliance Centriste, présenterait un candidat lors de la primaire. A l’issue d’un congrès de l’UDI à Versailles en mars 2016, les adhérents ont voté à 67% contre une participation à la primaire de la droite, mais le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde a déclaré qu’un nouveau vote aurait lieu dans l’hypothèse où un accord serait conclu avec Les Républicains…

Du côté du MoDem, ce n’est guère mieux. François Bayrou ne veut pas participer à la primaire de la droite mais il n’est pas sûr d’être candidat en 2017 : il a déclaré qu’il soutiendrait Alain Juppé dès le premier tour si le maire de Bordeaux était désigné comme candidat ; en revanche, si c’est Nicolas Sarkozy qui remporte la primaire à droite, Bayrou ne le soutiendra pas et pourrait être lui-même candidat. De façon totalement inattendue, le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle a déclaré en mars 2016 qu’il serait candidat à la prochaine présidentielle : le dernier député « bayrouiste » s’est mis en congé du MoDem et a pris ses distances avec François Bayrou, dont il désapprouve les « calculs politiques » pour 2017. Ce député atypique au fort accent pyrénéen est surtout connu pour la grève de la faim qu’il avait entreprise en 2006 afin d’empêcher la délocalisation d’une usine implantée sur sa commune, et pour la grande marche qu’il avait effectuée en 2013 à travers tout le pays. Jean Lassalle ne croit pas en Juppé, qu’il qualifie de « mort-vivant de la politique ». Lorsque les journalistes l’interrogent sur sa « rupture » avec Bayrou, Lassalle dédramatise et déclare avec humour : « Rien n’empêchera François Bayrou de me rejoindre au mois de décembre quand il en aura fini avec Alain Juppé ».

Bref, à l’approche de la prochaine présidentielle, le centre apparaît comme profondément fracturé. A aucun moment les leaders centristes n’ont envisagé d’organiser une « primaire du centre », à laquelle auraient pu concourir Bayrou, Lagarde ou Morin. Tout se passe comme si les leaders centristes n’y croyaient plus. Tout se passe comme s’ils s’étaient résignés à n’être que des spectateurs de la présidentielle, attendant patiemment que la droite leur tende la main. Les centristes ne se pensent plus vraiment comme une force politique autonome. Dans leur tête, ils ont déjà perdu la bataille. Cela est regrettable.

Jean Lassalle et François Bayrou.

Les modérés de droite et de gauche peuvent travailler ensemble

Faire travailler ensemble des modérés de gauche et de droite sur les réformes nécessaires au pays : François Bayrou et de nombreux centristes défendent cette idée depuis longtemps. Déjà, lors de la présidentielle de 2007, Bayrou avait proposé de rassembler des personnalités du centre, de la gauche et de la droite au sein d’un gouvernement d’union nationale. A l’époque, on lui avait ri au nez… Or, l’idée semble désormais dans l’ère du temps. Après le séisme des régionales de décembre 2015, l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a déclaré que la droite républicaine devait « travailler avec le gouvernement » pour combattre le chômage et le FN. Manuel Valls a réagi de façon enthousiaste à cette proposition. A droite comme à gauche, d’autres voix commencent à s’élever pour demander une collaboration entre l’opposition et la majorité sur le dossier de l’emploi. Un autre ancien Premier ministre, François Fillon, a d’ailleurs déclaré qu’il allait « faire des propositions » au Président de la République.

La proposition de Jean-Pierre Raffarin n’a rien d’aberrant : sur les questions socio-économiques, il est clair que Valls et Macron sont beaucoup plus proches d’un Raffarin, d’un Juppé ou d’un Bayrou que d’un Mélenchon. Par ailleurs, le Front National est en train de dynamiter le paysage politique français : la principale fracture idéologique, aujourd’hui, n’est plus celle qui oppose la gauche à la droite, mais celle qui oppose les partis républicains, modérés et pro-européens à l’extrême droite populiste, nationaliste et europhobe. Le clivage droite/gauche est devenu obsolète face aux défis majeurs auxquels est confronté notre pays, qu’il s’agisse de l’emploi, de la compétitivité, de la transition énergétique ou de la lutte contre le terrorisme djihadiste. Les modérés de gauche et de droite ont intérêt à travailler ensemble car ils sont d’accord sur l’essentiel : « l’axe central » que Bayrou et de nombreux centristes appellent de leurs vœux est bel-et-bien en train d’émerger.

Pour l’heure, il n’est pas encore question d’un gouvernement d’union nationale ni d’une « grande coalition » à l’allemande mais simplement d’une plate-forme collaborative permettant à l’opposition de travailler avec le gouvernement et la majorité sur des propositions concrètes visant à relancer l’emploi (simplification du droit du travail, soutien aux investissements, soutien aux PME et aux exploitants agricoles, etc.). C’est un bon début. Hélas, que de temps perdu ! Il aura fallu attendre que le nombre de chômeurs dépasse les 5 millions et que le Front National arrive en tête au premier tour des régionales pour qu’enfin les modérés de gauche et de droite acceptent de faire une « trêve » et de travailler ensemble.

Mais rien n’est gagné, car le PS et Les Républicains sont des partis profondément divisés. A droite, l’aile « dure » des Républicains refuse tout dialogue avec le gouvernement. Nicolas Sarkozy défend la stratégie de l’affrontement et la ligne mortifère du « ni PS ni FN ». Au Parti Socialiste, ce n’est pas mieux : certains réclament un virage à gauche et prônent l’ouverture de la majorité vers le Front de Gauche et Europe-Ecologie-Les Verts. Le Premier Secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, nous a ressorti son projet de « grande alliance populaire », une sorte de grande coalition de gauche allant des centristes aux communistes, dont le PS serait la « colonne vertébrale ». Comme si le PS pouvait encore être la « colonne vertébrale » de quelque chose. Comme si les communistes et les amis de Mélenchon (antilibéraux et anti-européens) pouvaient s’entendre avec les centristes (libéraux et pro-européens). Ouvrons les yeux : il n’y aura pas de véritable recomposition du champ politique tant que le PS et LR n’auront pas éclaté.

J.P. Raffarin.

La position des centristes face aux mesures anti-terroristes

Les responsables centristes ont estimé que François Hollande s’était montré à la hauteur de la situation depuis les attentats du 13 novembre, et ont apporté leur soutien au projet de loi prévoyant le prolongement de l’état d’urgence et l’extension du régime des assignations à résidence.

Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI et député-maire de Drancy, a pris la parole à l’Assemblée nationale pour défendre le projet de loi prolongeant l’état d’urgence et modifiant la loi de 1955. « Nous avons déjà perdu beaucoup de temps mais nous nous réjouissons des mesures annoncées et prises par le gouvernement ces derniers jours car elles rejoignent celles que nous avions proposées au Chef de l’Etat au mois de janvier. Nous approuvons la prolongation de l’état d’urgence car nous n’avons malheureusement pas le choix. Nous proposons, car la situation l’impose, de permettre au parlement de renouveler l’état d’urgence avant son terme, sans avoir à repasser par la case décret. » Le président de l’UDI a cependant regretté que le projet de loi n’aille pas plus loin : il souhaite que l’assignation à résidence puisse être contrôlée au moyen d’un bracelet électronique, et a réclamé « des mesures de droit commun pour lutter sans discontinuer contre le terrorisme, sans avoir à mettre en œuvre un régime d’exception. » Jean-Christophe Lagarde propose également la création d’une « garde nationale équipée, entraînée, formée, encadrée », capable de relayer les forces de l’ordre pour la surveillance des lieux publics. Sur le plan international, M. Lagarde demande au Président de la République une réunion d’urgence des pays de l’OTAN et l’adoption d’une stratégie commune visant à éradiquer Daesh en Syrie et en Irak, y compris par des opérations au sol : « Nous devrons hélas participer à une coalition internationale, sans exclusive ni préalable, en allant aider au sol les Kurdes, les Irakiens qui pour l’instant se battent bien seuls pour libérer leur territoire de cette barbarie. »

François Bayrou, président du MoDem et maire de Pau, appelle à « l’union sacrée » et au dépassement des clivages partisans : « il y a des moments, des instants et des événements dont la gravité exigerait que le monde politique se dépasse ». Il a également critiqué le comportement de certains députés de droite qui, mardi, ont hué le Premier Ministre à l’Assemblée nationale. François Bayrou défend depuis plusieurs mois la création d’une « garde nationale » préposée à la surveillance des lieux publics : « Nous avons des armées extrêmement spécialisées, professionnalisées. Ces armées sont utilisées pour crapahuter au pied des monuments publics. Ce sont des compétences qui ne sont pas utilisées comme elles devraient l’être. Ces fonctions de surveillance des monuments publics et des lieux sensibles devraient être attribuées à une garde nationale ». Pour constituer cette garde nationale, François Bayrou propose de remettre en activité d’anciens réservistes et de faire appel à des citoyens volontaires. Le président du MoDem est favorable au durcissement du régime des assignations à résidence, mesure qu’il avait d’ailleurs soutenue lorsqu’il avait été reçu à l’Elysée le 14 novembre.

Simplification du code du travail: Valls est-il devenu centriste?

Un nouveau Code du Travail pour 2018 : c’est ce que vient d’annoncer Manuel Valls. Le Premier Ministre, qui souhaite refondre le Code du Travail pour le rendre plus lisible, a confié à Robert Badinter la lourde responsabilité de fixer les grands principes de cette refonte. Simple effet d’annonce ? L’avenir le dira. En tout cas, on peut s’amuser de voir un gouvernement socialiste annoncer aujourd’hui une mesure défendue depuis longtemps par les centristes et une partie de la droite et autrefois critiquée par la gauche. Manuel Valls a cependant fixé une sorte de ligne rouge : il ne faudra toucher ni aux 35 heures, ni au SMIC, ni au CDI.

Cela fait des années que François Bayrou défend l’idée d’une simplification du Code du Travail. En septembre 2014, sur le plateau de l’émission « Des paroles et des actes », il avait comparé un exemplaire du Code du Travail suisse (un livret d’une centaine de pages) et un exemplaire du Code du Travail français (un pavé de 3000 pages écrites en minuscules caractères). Certes, l’effet de manche de Bayrou était un peu facile et un tantinet démagogique, et le président du MoDem a omis de préciser que le volume de 3000 pages édité par Dalloz comportait à la fois le Code du Travail et des commentaires sur la jurisprudence. Mais derrière ce petit coup de communication, c’est un vrai problème qui est soulevé : le Code du Travail français constitue un véritable dédale juridique dans lequel se perdent les petits entrepreneurs qui n’ont pas étudié le droit et qui n’ont pas les moyens de s’offrir des juristes et des avocats spécialisés. Bayrou ne veut pas démanteler le droit du travail, mais le rendre plus compréhensible. Interviewé le 21 octobre 2015 sur France Inter, il a rappelé sa volonté de simplifier le Code du Travail : « Il ne s’agit pas d’une voie libérale, il s’agit d’une voie civique qui pose le principe qu’il faut s’adapter pour qu’un chef de petite entreprise ou un artisan puisse comprendre ce qui est écrit dans le code du travail. Je ne demande pas plus. (…) Un code, c’est fait pour être compris. Nul n’est censé ignorer la loi et quand la loi est illisible, la responsabilité en incombe à ceux qui l’ont rédigée. »

Le 4 novembre 2015, face à Jean-Jacques Bourdin, Bayrou a précisé selon quels principes il entendait réformer le Code du Travail. Le président du MoDem veut une simplification du Code du Travail, afin de le rendre plus lisible pour les petits chefs d’entreprise, mais il veut également un assouplissement du droit du travail. Contrairement à Manuel Valls, qui considère les 35 heures et le CDI comme des acquis intouchables, Bayrou veut assouplir la durée légale du travail en favorisant les accords de branches, et mettre en place un « contrat de travail unique » plus flexible que le CDI et permettant l’ouverture progressive de droits pour le salarié (Bayrou reprend la proposition faite en 2004 par les économistes Pierre Cahuc et Francis Kramarz dans une étude sur la « flexisécurité »). En revanche, Bayrou a déclaré que le salaire minimum devait être impérativement préservé pour garantir aux salariés des revenus décents et empêcher le dumping salarial.