Face au coronavirus: l’union (presque) sacrée

Les mesures particulièrement strictes qui ont été mises en place par le gouvernement français pour endiguer l’épidémie de Covid-19 sont dictées par la propagation extrêmement rapide du virus et par une augmentation inquiétante du nombre de décès chez nos voisins italiens.

Les mesures adoptées ont d’abord pour objectif de sauver des vies : d’après les simulations réalisées par le comité scientifique qui conseille l’Elysée, en l’absence de toute mesure d’endiguement, l’épidémie pourrait tuer jusqu’à 500.000 personnes en France dans l’hypothèse la plus pessimiste. Limiter la propagation est également nécessaire pour empêcher l’implosion de notre système hospitalier, qui est déjà au bord de l’asphyxie : en dépit du dévouement remarquable des personnels soignants, nos hôpitaux ne pourront pas accueillir l’ensemble des patients qui seront dans un état grave lors du pic de l’épidémie. Mais l’enjeu n’est pas seulement sanitaire. La radicalité des mesures adoptées s’explique aussi par la volonté d’éviter une nouvelle crise financière globale comparable à celle de 2008 : la confiance des marchés financiers dépend en effet de la capacité des gouvernements à endiguer rapidement l’épidémie.

La France est donc en état de guerre. Nous sommes en guerre contre le Covid-19. Une sorte d’union sacrée s’est instaurée, malgré la campagne des municipales et les débats houleux autour de la réforme des retraites. Toutes les forces politiques de l’opposition ont fait preuve de retenue et de responsabilité, en apportant leur soutien aux mesures d’exception du gouvernement. Toutes les forces de l’opposition, à l’exception notable du Rassemblement National qui surfe littéralement sur l’angoisse de nos concitoyens et saute sur la moindre occasion de polémiquer, dénonçant tantôt un manque d’anticipation, tantôt l’insuffisance des mesures adoptées. Le parti de Marine Le Pen aurait sans doute fait beaucoup mieux s’il avait dû gouverner le pays face à une telle crise…

L’épidémie de coronavirus est un vrai test pour nos démocraties. La Chine a stoppé la propagation du virus par des mesures autoritaires et brutales : cette épidémie est l’occasion, pour les démocraties, de prouver leur capacité à surmonter une crise sanitaire majeure sans renier leurs valeurs, et sans basculer dans l’autoritarisme. Cela suppose évidemment que chacun fasse preuve de discipline et de responsabilité, en appliquant les « gestes barrières », en limitant ses déplacements au plus strict nécessaire et en évitant tout contact avec des personnes à risque. Dans le moment grave que nous traversons, le chacun pour soi est impossible : c’est le civisme qui nous sauvera et nous permettra de rebondir.

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