Commission européenne: l’éviction de Sylvie Goulard est-elle vraiment une mauvaise nouvelle?

Sylvie Goulard.

La centriste Sylvie Goulard, candidate française au poste de Commissaire européen chargé du marché intérieur, n’a pas été investie par le Parlement européen : visée par une enquête sur un emploi présumé fictif d’assistant parlementaire et critiquée pour les sommes d’argent importantes qu’elle a reçues de l’Institut Berggruen, Sylvie Goulard n’a pas réussi à convaincre les eurodéputés lors de ses deux auditions.

C’est évidemment une mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron, qui avait soutenu la candidature de Madame Goulard ; l’agacement du président de la République était d’ailleurs palpable dans ses commentaires à la presse. Certes, Sylvie Goulard est une europhile convaincue et une très grande connaisseuse des institutions européennes ; elle était compétente pour le poste et avait toute la confiance d’Ursula Von der Leyen. Il est vrai, aussi, que Sylvie Goulard a été victime d’un regrettable règlement de comptes, les députés conservateurs allemands ayant mal digéré le ralliement de Macron à Ursula Von der Leyen plutôt qu’à Manfred Weber.

Mais pour la démocratie européenne, l’éviction de Sylvie Goulard n’est peut-être pas une si mauvaise nouvelle que cela. Tout d’abord, on comprend mal pourquoi Sylvie Goulard serait suffisamment « clean » pour briguer un poste de commissaire européen alors qu’en 2017, elle avait démissionné précipitamment du gouvernement d’Edouard Philippe à cause des soupçons d’emploi fictif qui pesaient sur elle. La candidature de Sylvie Goulard perpétue cette mauvaise habitude française qui consiste à « recaser » dans les institutions européennes les personnalités politiques controversées dont la carrière semble être dans une impasse. En rejetant la candidature de Madame Goulard, les eurodéputés nous ont montré que l’Europe n’était pas un « plan B » pour politiciens controversés.

En outre, l’éviction de Sylvie Goulard nous montre qu’une véritable démocratie européenne est en train d’émerger, et que le Parlement européen dispose réellement du pouvoir d’investir les membres de la Commission. Le Parlement européen n’est pas une simple chambre d’enregistrement qui se contenterait d’entériner les choix faits par les chefs d’Etat et de gouvernement : il exerce un contrôle sur la Commission et peut s’opposer à l’investiture d’un commissaire européen, comme le prévoit le Traité de Lisbonne. Et cela, on ne peut que s’en réjouir.

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