Pourquoi Mélenchon a tout faux

J.L. Mélenchon.

Perquisitionné à son domicile dans le cadre d’une enquête sur des emplois présumés fictifs au Parlement européen et dans le cadre d’une autre enquête sur ses frais de campagne, Jean-Luc Mélenchon a interpelé les policiers : « Ne me touchez pas. (…) Ma personne est sacrée, je suis parlementaire », leur a-t-il lancé pendant la perquisition. Mélenchon a ensuite dénoncé une opération de « police politique » visant à « persécuter » la France Insoumise, présentée comme la « première force d’opposition ». Puis, à l’Assemblée nationale, Mélenchon a accusé publiquement le Premier Ministre d’avoir nommé un « procureur de circonstance » à l’issue d’un « entretien d’embauche ». Mais le chef de la France Insoumise a tout faux. 

La personne de Mélenchon n’est pas « sacrée ». Jean-Luc Mélenchon confond sa personne et sa fonction. On peut effectivement considérer que la députation est un mandat « sacré » dans la mesure où il émane directement du peuple. Mais les députés sont des citoyens comme les autres, et des justiciables comme les autres. L’immunité parlementaire ne les protège pas des perquisitions. Et les forces de l’ordre ont parfaitement le droit de toucher un député si celui-ci fait obstruction à une opération de police.

La France Insoumise n’est pas « persécutée » par le gouvernement. En France, la justice est indépendante du pouvoir exécutif : cela s’appelle la séparation des pouvoirs, et ce principe est au fondement même de l’Etat de droit. Jean-Luc Mélenchon le sait très bien mais il feint de l’ignorer. Contrairement à ce qu’affirme le leader de la France Insoumise, le procureur qui a ordonné la perquisition n’est pas un « procureur de circonstance » nommé par Edouard Philippe à l’issue d’une « entretien d’embauche ». Le procureur de Paris, François Molins, a été nommé en 2011, bien avant l’arrivée d’Edouard Philippe à Matignon. Quant au procureur adjoint, Christophe Perruaux, il a été nommé en janvier 2018 mais n’a jamais été auditionné par Edouard Philippe, comme l’ont rappelé les journalistes de « Check News » sur le site du journal Libération.

La France Insoumise n’est pas la « première force d’opposition ». D’un point de vue arithmétique, la première force d’opposition est le parti Les Républicains : le groupe LR à l’Assemblée nationale compte une centaine de députés, alors que le groupe France Insoumise en compte seulement dix-sept. D’un point de vue idéologique, c’est plutôt le Rassemblement National (ex-FN) qui doit être considéré comme la principale force d’opposition, étant donné qu’il est en désaccord avec le gouvernement sur à peu près tous les sujets, qu’il s’agisse de l’Europe, du droit d’asile, des questions sociétales ou de la politique économique et sociale. En jouant la carte de la victimisation, en alléguant un prétendu complot destiné à bâillonner l’opposition et en présentant la France Insoumise comme la première force d’opposition du pays, Jean-Luc Mélenchon exagère intentionnellement l’importance de son parti.

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