Macron maltraite-t-il les retraités?

E. Philippe et E. Macron.

Beaucoup de retraités ont voté Macron en 2017. Pourtant, on assiste aujourd’hui à une véritable fronde anti-Macron chez les retraités, qui s’estiment lésés voire « maltraités » par le gouvernement. Deux mesures sont dans le collimateur des séniors : la hausse de la CSG et le plafonnement à 0,3% de la hausse des pensions de retraite. Macron a-t-il déclaré la guerre aux retraités ?

La hausse de la CSG en 2018 est une mesure impopulaire chez les retraités car ces derniers n’ont bénéficié d’aucune compensation contrairement aux salariés qui, eux, ont vu leurs cotisations sociales baisser. Il convient toutefois de rappeler que la hausse de la CSG ne concerne que les 60% de retraités les plus aisés : les petites retraites ne sont pas touchées. En outre, le minimum vieillesse a été revalorisé de façon significative : les retraités qui ont la situation la plus fragile ont donc vu leurs revenus augmenter en 2018.

Edouard Philippe a récemment annoncé que les pensions de retraite ne seraient plus indexées sur l’inflation et qu’elles augmenteraient de 0,3% en 2019 et en 2020, alors que l’inflation annuelle est de l’ordre de 1,6% : cela se traduira donc par une érosion du pouvoir d’achat des retraités. Mais il faut rappeler que les pensions de retraite ont augmenté beaucoup plus vite que les salaires au cours des trois dernières décennies : aujourd’hui, le niveau de vie moyen des plus de 55 ans est supérieur à celui de la population française dans son ensemble. Les pensions de retraite ne seront pas gelées : le gouvernement a simplement fait le choix de freiner leur augmentation pour maîtriser les dépenses publiques et permettre le retour à l’équilibre financier des caisses de retraite.

On aurait tort de considérer les retraités comme un groupe social homogène : si des milliers de retraités vivent sous le seuil de pauvreté, beaucoup disposent d’une pension de retraite confortable et d’un patrimoine important. De fait, les mesures gouvernementales pénalisent surtout les retraités les plus riches. Pendant des décennies, les retraités ont été relativement épargnés par les réformes des gouvernements successifs, et ce pour des raisons électorales : les plus de 55 ans représentent en effet 1/3 de la population. Le gouvernement d’Edouard Philippe a fait un choix politiquement courageux : celui de privilégier la rémunération des actifs plutôt qu’une augmentation globale et indifférenciée des prestations sociales. Dans un contexte de rigueur budgétaire, de chômage de masse et de stagnation des salaires, est-il si indécent de demander un petit effort à nos aînés ?

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