Il n’y aura pas de « convergence des luttes »

La méthode Macron consiste à ouvrir plusieurs chantiers de réforme sur un laps de temps très court : réforme du Code du Travail, réforme du bac, réforme fiscale, réforme de l’accès à l’enseignement supérieur, réforme de la carte judiciaire, réforme de la SNCF et, bientôt, réforme de la fonction publique. « Blitzkrieg » pour les uns, « volontarisme » pour les autres, cette stratégie présente un risque non négligeable : celui d’une « coagulation » des mécontentements. Mais l’addition des colères n’est pas la convergence des luttes.

N’en déplaise à l’ultragauche et à la CGT, il n’y aura pas de convergence des luttes parce qu’il n’existe pas de base commune aux revendications des cheminots, à celles des fonctionnaires, à celles des étudiants, à celles des magistrats et à celles des personnels hospitaliers. Je ne porte aucun jugement sur la légitimité des revendications exprimées : je constate simplement qu’elles sont trop disparates pour devenir la matrice d’un mouvement unifié. Même en 1968, la conjonction du mouvement étudiant et du mouvement ouvrier ne résista pas aux accords de Grenelle qui, en mettant fin aux grèves ouvrières, entraînèrent l’isolement des étudiants.

Il n’y aura pas de convergence des luttes parce que l’opinion publique est globalement favorable aux réformes du gouvernement : les Français n’en peuvent plus de l’immobilisme, ils ne supportent plus l’impuissance du politique, ils ne veulent plus se résigner à l’idée de vivre dans une société bloquée.

Il n’y aura pas de convergence des luttes parce que le front syndical est divisé : le CFDT et la CFE-CGC ont clairement fait savoir qu’elles désapprouvaient la stratégie de la CGT. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a d’ailleurs déclaré qu’il ne participerait pas à la mobilisation du 19 avril, décidée unilatéralement par la CGT.

Il n’y aura pas de convergence des luttes parce que le concept même de « convergence des luttes » est un concept éminemment politique emprunté à l’extrême gauche et porté aujourd’hui par des gens qui rêvent d’en découdre avec le pouvoir en place. Si convergence il y a, elle ne sera que temporaire et finira par s’étioler dans l’entre-soi, comme le défunt mouvement « Nuit Debout », sans qu’un véritable projet alternatif ait pu émerger.

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