Asile : pour un humanisme responsable

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Gérard Collomb.

Le projet de loi sur l’asile et l’immigration, porté par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, a été présenté en Conseil des Ministres le 21 février et devrait arriver au Parlement dans le courant du mois d’avril. Ce texte a deux objectifs principaux : réduire à six mois les délais de traitement des demandes d’asile et faciliter l’expulsion des demandeurs déboutés.

La France doit évidemment rester une terre d’asile. Pour cela, elle doit se donner les moyens d’examiner correctement les demandes d’asile et d’expulser les demandeurs qui ne sont pas éligibles au statut de réfugié : les migrants qui se rendent en France illégalement alors qu’ils ne sont pas en danger dans leur pays n’ont pas vocation à rester sur le territoire français. Mais la France a aussi l’obligation morale de traiter avec humanité tous les hommes et toutes les femmes qui sont présents sur son territoire, quel que soit leur statut et quel que soit leur pays d’origine.

L’une des raisons pour lesquelles j’ai voté Macron à la présidentielle était sa volonté de rechercher, sur tous les sujets, les équilibres les plus justes et les positions les plus raisonnables. Mais sur cette question de l’asile, je constate que le projet du gouvernement n’est pas équilibré car, entre l’humanité et la fermeté, c’est bien vers le second terme que penche la balance. Ce texte ne prévoit presque rien pour améliorer les conditions d’accueil des demandeurs d’asile ; en revanche, de nombreuses dispositions du texte visent à faciliter leur expulsion. Le délai de recours en cas de rejet de la demande d’asile est ainsi ramené à quinze jours au lieu d’un mois : ce délai raccourci ne laissera guère de temps aux déboutés pour demander l’aide d’un avocat ou d’une association. En outre, la durée des rétentions administratives d’étrangers déboutés passe de quarante-cinq jours à quatre-vingt-dix jours, ce qui laissera aux pouvoirs publics plus de temps pour mener à bien les procédures d’expulsion ; or, les conditions de vie au sein des Centres de Rétention Administrative sont quasi carcérales et rien, dans le projet de loi, ne prévoit de les humaniser.

Le projet de loi sur l’asile et l’immigration est critiqué par la gauche, par de nombreux élus de la majorité et par les associations qui, sur le terrain, prennent en charge les demandeurs d’asile. Le Défenseur des Droits, Jacques Toubon, qui n’a pourtant jamais été un homme de gauche, a lui aussi exprimé de vives inquiétudes à propos du texte de Gérard Collomb : selon Jacques Toubon, l’accélération des délais d’instruction risque d’aboutir à des procédures expéditives dans lesquelles les demandeurs d’asile seront « maltraités ».

Le gouvernement ne pouvait pas ignorer qu’un tel projet de loi susciterait une avalanche de critiques et de protestations. Je crois qu’il s’agit là d’un texte politique, dont l’objectif n’est pas tant de résoudre des problèmes que d’envoyer un message de fermeté à une opinion publique qui, sur les questions migratoires, a tendance à se « droitiser » de plus en plus. Dans sa version initiale, ce texte n’est pas à la hauteur de l’humanisme responsable dont les centristes se réclament. Tout ce que je souhaite, à présent, c’est que les parlementaires de la majorité fassent leur travail et amendent le texte du gouvernement pour le rendre plus équilibré.

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Une réaction sur “Asile : pour un humanisme responsable

  1. J’ai adressé au Président de la République un courrier, par lequel je propose d’utiliser des mobil homes qui seraient installés sur des terrains non utilisés dans chaque villes qui ont une population de SDF et de migrants importantes . En effet, il faut porter notre attention au SDF qui accompagné de leur animal n’ont pas accès aux centres d’accueils, ou qui ne veulent pas s’y rendre par crainte de vols .De même les centres de rétentions, même si leur rôle peut se justifier pour un court séjour, l’accueil en bungalow serait une meilleur solution que à l’ hôtel pour un coût d’environ 1200 € à la charge de la collectivité .
    Voilà en substance, ce que j’ai écrit , en m’appuyant sur les camps d’urgences, baraques en bois, de l’après guerre, dont ont bénéficié les survivants des bombardements .

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