Johnny s’en est allé…

Johnny est mort alors que nous le pensions immortel. C’est une part de la France qui semble disparaître avec lui, car Johnny était sans conteste la plus grande star de la scène musicale française. Les chiffres sont vertigineux : 55 ans de carrière, 110 millions de disques vendus dans le monde, 180 tournées, 3200 concerts, 40 disques d’or. Johnny Hallyday fut un extraordinaire « passeur » de musique puisqu’il a popularisé le rock’n’roll en France, en interprétant des versions françaises de hits américains. Mais il a su, tout au long de sa carrière, se renouveler et s’adapter aux goûts du public en faisant appel à de brillants auteurs et compositeurs tels que Jean-Jacques Goldman, Michel Berger ou Zazie. Johnny était aussi une « bête de scène » qui déployait une énergie extraordinaire lors de chacun de ses concerts. Il méritait largement l’hommage national que le président de la République a décidé de lui offrir.

Les liens entre Johnny Hallyday et la politique ont fait couler beaucoup d’encre. Johnny était-il un artiste engagé ? Pas vraiment, dans la mesure où les paroles de ses chansons étaient totalement apolitiques. Les interviews du chanteur, tout comme ses chansons, avaient cette espèce de neutralité, de vacuité rassurante (savamment entretenue par Johnny lui-même) qui ont largement contribué à sa popularité. Certes, Johnny avait beaucoup de sympathie pour Jacques Chirac, auquel il apporta son soutien lors de la campagne présidentielle de 1988 en interprétant, sur scène et en présence du candidat, « On a tous quelque chose en nous de Jacques Chirac ». De même, en 2007, il apporta son soutien à Nicolas Sarkozy. Faut-il en conclure que Johnny était de droite ? En réalité, les liens que le chanteur a noués avec Chirac ou Sarkozy relevaient davantage de l’amitié personnelle que du compagnonnage politique. Johnny Hallyday n’a jamais pris publiquement position sur les questions politiques. Il faisait de la musique pour tout le monde ; on se rappelle d’ailleurs le concert qu’il donna en 1985 à la Fête de l’Huma, où il fut ovationné.

La mort de Johnny Hallyday laisse un vide immense que personne ne pourra combler, car Johnny était la dernière idole française. Je n’ai jamais été fan de Johnny mais, comme la plupart des Français, j’ai souvent dans la tête certaines de ses chansons que j’apprécie énormément : Quelque chose de Tennessee, Toute la musique que j’aime, J’oublierai ton nom, etc. Avec la mort de Simone Veil, de Jeanne Moreau, de Jean Rochefort, de Jean d’Ormesson et de Johnny Hallyday, la France aura perdu en 2017 de véritables icônes, des symboles de la culture et « l’âme » françaises.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s