Simone Veil: disparition d’une centriste historique

Simone Veil est décédée ce 30 juin 2017, à l’âge de 89 ans. Pour beaucoup, elle fut avant tout la « ministre de l’IVG ». En novembre 1974, alors Ministre de la Santé du président Giscard d’Estaing, elle prononça un discours historique à l’Assemblée Nationale pour défendre la loi autorisant l’IVG, loi qu’elle avait elle-même préparée et qui portera son nom. Cette loi, on le sait, a suscité des passions d’une rare violence : Simone Veil fut insultée, humiliée, menacée. La loi Veil marqua une avancée majeure à une époque où l’avortement était encore considéré comme un crime en France et où, chaque année, des milliers de femmes se faisaient avorter clandestinement, parfois au péril de leur vie. Mais Simone Veil n’a pas seulement été la « ministre de l’IVG ». Son histoire personnelle fut marquée par l’horreur de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, puisqu’elle fut déportée à Auschwitz-Birkenau en 1944, à l’âge de 16 ans. Elle devint d’ailleurs une figure incontournable de la mémoire du génocide juif. De 2000 à 2007, elle présida la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, une institution dont elle resta présidente d’honneur après 2007. Simone Veil fut également une femme du centre et une Européenne convaincue : en 1979, elle mena la liste UDF aux élections européennes et devint la présidente du premier Parlement européen élu au suffrage universel. Durant toute sa carrière, elle défendit la construction européenne et combattit l’extrême droite, en dénonçant notamment les alliances locales entre la droite et le Front National dans les années 80 et 90. Refusant toute vision sectaire de la politique, elle n’hésita pas à dépasser les clivages traditionnels et à défendre des positions qui heurtaient les majorités auxquelles elle appartenait. En 2012, bien que retirée de la vie politique, Simone Veil participa au congrès fondateur de l’UDI aux côtés de Jean-Louis Borloo, réaffirmant ainsi explicitement sa fibre centriste. 

Avec le décès de Simone Veil, c’est l’une des grandes consciences françaises du XXe siècle qui disparaît. Le Centriloque veut rendre hommage à cette femme d’exception.

Simone Veil dans son habit d’académicienne.

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