La recomposition politique est en marche

Trois leçons peuvent être tirées du premier tour des législatives. Premièrement, un taux d’abstention historiquement élevé : plus de la moitié des électeurs ne sont pas allés voter. Deuxièmement : l’effondrement des deux forces qui ont dominé la vie politique française durant les dernières décennies. Troisièmement : le succès incontestable des candidats de La République En Marche. La recomposition politique annoncée par Macron a bel et bien commencé : la vie politique est en train de changer en profondeur et les visages sont en train de se renouveler. La future majorité sera une majorité d’idées qui dépassera les clivages politiques d’hier et permettra de sortir, enfin, de cette guerre civile permanente qui oppose la gauche à la droite et paralyse le pays depuis plus de trente ans.

Les adversaires de Macron cherchent évidemment à minimiser le succès électoral de La République En Marche, en soulignant l’importance de l’abstention. Il est vrai qu’avec 51% d’abstention, les 32% obtenus par La République En Marche au premier tour ne représentent en réalité que 16% du corps électoral. Mais les électeurs qui ont choisi de ne pas aller voter ont aussi fait le choix de ne pas faire barrage au parti présidentiel : par conséquent, interpréter l’abstention massive du premier tour comme un rejet d’Emmanuel Macron est un non-sens. C’est l’ensemble des forces politiques du pays qui sont collectivement responsables de la forte abstention observée au premier tour, parce qu’elles n’ont pas su mobiliser les électeurs.

Selon toute vraisemblance, Emmanuel Macron disposera d’une très large majorité à l’issue du second tour, sans doute entre 60 et 80% des sièges. A titre personnel, je m’en réjouis car je souhaite la réussite de ce quinquennat et je veux donner sa chance au projet défendu par Emmanuel Macron. Contrairement à ce que l’on entend ici ou là, cette situation ne représentera pas un « danger » pour la démocratie. Sous la Cinquième République, de très larges majorités sont déjà sorties des urnes : en 1968, le parti gaulliste a remporté 60% des sièges ; en 1981, le Parti Socialiste a remporté 58% des sièges ; en 1993, la droite et le centre ont remporté 80% des sièges ; et en 2002, l’UMP a remporté 62% des sièges. La démocratie n’a pas cessé de fonctionner pour autant.

Cela étant dit, je ne veux pas d’une majorité monolithique aux ordres de l’exécutif. Il faut impérativement que le pluralisme soit préservé, au sein de l’Assemblée nationale mais également au sein même de la majorité. Je souhaite aussi qu’il y ait une opposition capable de faire entendre sa voix dans les débats et de participer au travail législatif, car l’Assemblée nationale doit être représentative de la diversité des opinions politiques du pays. N’oublions pas que le scrutin majoritaire à deux tours a pour effet d’amplifier artificiellement les majorités : c’est pourquoi Emmanuel Macron a proposé d’introduire une dose de proportionnelle aux scrutins législatifs…

Source: Le Parisien.

Publicités

Une réflexion sur “La recomposition politique est en marche

  1. Personnellement, j’ai un regret, Je crois que le parti centriste UDI va disparaître . J’accuse les dirigeants de l’UDI, pas seulement Jean-Christophe Lagarde , mais presque tous les Présidents de chapelles qui l’ont soutenu , d’un manque de logique, voir même de trahison des valeurs centristes .Quand il a été question de participer ou pas à la primaire de la Droite pour soutenir Alain Juppé, Jean Arthuis avait la velléité de se présenter, puisque il s’agissait de primaires de la droite et du centre . Il en a été dissuadé . Donc a eu lieu la primaire de la droite et de la droite, qui à vu la défaite de Juppé au profit de Fillon, dont tous les centristes pensaient le plus grand mal .
    En dépit de ce résultat, et des affaires qui sont tombées pour finir de discréditer Fillon, l’UDI, a choisi de négocier avec lui, des investitures .
    Ce comportement , je le condamne, Quand on se dit porteur des valeurs centristes, humanistes et favorables à la refondation de l’Europe, on ne peut aller contre celui qui incarne le mieux ces propositions, au profit de celui qui les combat, et exclure du parti Jean Arthuis, parce qu’il fait connaître son choix REM .
    Imaginez , il suffit de regarder en détail les résultats du MoDem , pour apercevoir ce qu’aurait pu être celui de l’UDI si il avait fait alliance dans les même termes que François Bayrou . Il y aurait eu , beaucoup moins d’investitures socialistes , et bien plus de centristes . Ainsi, chacun aurait eu le loisir d’apprécier une gouvernance centriste véritable à la tête de Pays France . Bien sûr , je suis content du résultat REM, sauf qu’il penche encore trop à gauche à mon point de vue .

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s