De la Floride aux Yvelines: le crépuscule de Daesh

La barbarie djihadiste a frappé la France et les Etats-Unis à quelques jours d’intervalle. Dans la nuit du 11 au 12 juin, un individu proche de Daesh et lourdement armé a tué cinquante personnes dans une discothèque d’Orlando, en Floride : il s’agit de la pire fusillade qu’aient jamais connue les Etats-Unis d’Amérique. Le 13 juin, à Magnanville dans les Yvelines, un terroriste a sauvagement abattu à coups de couteau un policier et sa compagne, fonctionnaire de police elle aussi : ce crime abominable a eu lieu au domicile des victimes.

La tuerie d’Orlando rappelle à certains égards celle du Bataclan. La discothèque attaquée à Orlando était fréquentée par la communauté homosexuelle et transsexuelle de la ville : en s’attaquant à cet établissement, l’assaillant voulait donc atteindre ce qui incarnait, à ses yeux, la perversion du monde occidental. Cette fusillade nous montre une fois de plus que c’est notre modèle de civilisation qui est attaqué. Plus que jamais, nous devons réaffirmer notre attachement aux valeurs cardinales qui sont au fondement même de la démocratie et de la civilisation occidentale : la liberté et la tolérance.

La tuerie de Magnanville n’est pas sans rappeler l’attaque terroriste de janvier 2015 à Paris, pendant laquelle trois policiers ont été tués par les frères Kouachi et par Amedy Coulibaly. Cela dit, un nouveau degré de barbarie et de lâcheté a été atteint lors de l’attaque de Magnanville. Les deux policiers assassinés le 13 juin n’étaient pas en service : ils ont été sauvagement abattus chez eux, dans la soirée, en présence de leur enfant de trois ans. Les forces de l’ordre sont une cible idéale pour les djihadistes, parce qu’elles sont aux avant-postes de la lutte antiterroriste en France, et parce qu’elles sont les symboles de la République et les garants de nos libertés. Ironie de l’histoire et hasard de calendrier, l’effroyable attentat de Magnanville entre en résonance avec les agressions dont plusieurs policiers ont été victimes en marge des manifestations anti-loi El-Khomri, et avec l’irresponsable campagne « anti-flics » lancée il y a quelques semaines par la CGT. Il en faut, du courage, pour être policier dans notre pays.

Les attentats d’Orlando et de Magnanville ont plusieurs points communs. Ils ont tous deux été commis par des individus se réclamant de l’Etat Islamique, et leurs cibles sont symboliques. Mais surtout, ces attentats aussi lâches qu’effroyables sont le signe du déclin de Daesh. L’organisation djihadiste perd du terrain en Irak et en Syrie : les forces kurdes soutenues par Washington sont sur le point de faire tomber Raqqa, le principal fief de l’EI. L’organisation est en train de perdre la guerre au Moyen-Orient et tend à multiplier ses appels au meurtre dans les pays occidentaux pour compenser l’échec de sa stratégie militaire.

De toute évidence, nous sommes en train de vivre les derniers mois du pseudo-califat, mais nous devons, hélas, nous préparer à une multiplication des attentats de représailles en Europe et aux Etats-Unis. Dans ces moments tragiques, nous n’avons certainement pas besoin de discours anxiogènes ni de récupérations politiques en tous genres. Ce qui nous manque vraiment, c’est la voix de grandes consciences intellectuelles et de grands hommes d’Etat capables de nous rassurer, de nous aider à prendre du recul, à penser le présent et l’avenir. 

Le Centriloque tient à exprimer sa peine profonde et sa compassion envers les proches des victimes d’Orlando et de Magnanville.

Rassemblement à Orlando.

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