Mais quand le PS va-t-il éclater ?

Le PS est le parti de la synthèse molle et de l’ambiguïté permanente. Malgré les profondes fractures idéologiques qui auraient dû le faire éclater depuis longtemps, le PS résiste, contraint et forcé de maintenir son unité de façade pour conserver son statut de principal parti de gauche. Pourtant, entre une aile gauche étatiste et antilibérale, et une aile droite qui oscille entre social-démocratie et social-libéralisme, le divorce est largement consommé. L’aile gauche du PS pourrait sans nul doute gouverner avec le Front de Gauche, et l’aile droite avec les centristes : il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que la majorité soit si mal en point. Heureusement, entre ces deux tendances, il y a le « ventre mou » du parti, opportuniste et inconstant, qui accepte aujourd’hui ce qu’il dénonçait hier et qui avale des couleuvres à longueur de temps pour sauver l’unité du PS depuis que Valls est à Matignon.

Le PS doit clarifier sa ligne idéologique, ou éclater. Ce parti a été fondé en 1969 lors du Congrès d’Issy-les-Moulineaux, sur les ruines de l’ancienne SFIO : depuis cette date, il n’a jamais été véritablement refondé. Les socialistes vivent encore dans la fiction de la synthèse mitterrandienne et refusent d’opérer les arbitrages qui permettraient de clarifier la ligne du parti. Le PS est-il pour l’insertion de la France dans une économie mondiale de plus en plus concurrentielle ? Est-il pour une Europe forte et intégrée ? Est-il pour la monnaie unique et les critères de Maastricht ? Est-il pour une simplification du droit du travail et une flexibilisation du marché de l’emploi ? Est-il pour la maîtrise des dépenses publiques ? Est-il pour la baisse des charges sur les entreprises ? Est-il pour l’augmentation de l’âge de départ à la retraite ? Est-il pour une régulation renforcée de l’immigration et un durcissement de la lutte contre l’immigration illégale ? Aujourd’hui, on n’en sait rien. Ce qui est plutôt gênant pour un parti de gouvernement.

Pour que les citoyens s’y retrouvent, il faudrait que le PS éclate une bonne fois pour toutes. Le système partisan français ne correspond plus aux clivages politiques réels. Aujourd’hui, nous avons en France une gauche antilibérale (qui correspond au Front de Gauche ainsi qu’à l’aile gauche du PS et d’Europe-Ecologie-Les Verts), un centre libéral et pro-européen (qui correspond peu ou prou à ce fameux « axe central » qui va des sociaux-démocrates du PS aux modérés de LR en passant par les centristes du MoDem et de l’UDI), et enfin, une droite « lepéno-zemmourienne », souverainiste, conservatrice et ethnocentriste (allant de l’aile droite de LR au Front National). Mais le système électoral français favorise la bipolarisation à outrance de la vie politique : il maintient des clivages politiques artificiels et perpétue la domination des deux principaux partis de gouvernement. Deux partis qui, d’ailleurs, n’inspirent plus tellement confiance aux Français.

Le Parti Socialiste est donc toujours debout. Il ressemble de plus en plus à un parti-zombie qui traîne la patte, mais il est toujours debout. Les pseudo-frondeurs du PS contestent la politique de Valls mais refusent de voter la censure du gouvernement car, au fond, ils ne veulent pas que le Parti Socialiste explose. Le Premier Secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui incarne à merveille la synthèse molle du socialisme à la française, défend quant à lui l’idée d’une « grande primaire de la gauche » et affirme que le Parti Socialiste est la « colonne vertébrale » de la gauche française. Comme si le PS pouvait encore être la « colonne vertébrale » de quelque chose.

J.C. Cambadélis.

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