Non, le « front républicain » n’est pas ringard

Les listes frontistes sont celles qui ont rassemblé le plus de suffrages au premier tour des régionales dimanche 6 décembre, et le FN est arrivé en tête dans six régions : la liste conduite par Marine Le Pen en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et celle de Marion Maréchal-Le Pen en PACA ont obtenu plus de 40% des suffrages. C’est un choc, certes, mais un choc prévisible et annoncé. L’abstention est en légère baisse par rapport aux régionales de 2010 mais reste massive : 49,9% des électeurs ne sont pas allés voter. L’abstention est le meilleur allié du Front National, et il est impératif que les partis républicains réussissent à mobiliser les abstentionnistes au second tour.

Il convient de saluer la décision des responsables socialistes qui ont appelé à voter pour la droite et le centre en PACA et dans le Nord afin de faire barrage au Front National. Il faut également saluer le choix courageux de Pierre de Saintaignon, tête de liste PS dans le Nord, et de Christophe Castaner, tête de liste PS en PACA, qui ont renoncé à participer au second tour pour ne pas favoriser la victoire du FN. François Bayou, président du MoDem, et Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, ont eux aussi affirmé leur volonté de faire barrage au FN et ont appelé au retrait des listes de gauche et de droite arrivées en troisième position dans les régions à triangulaire. En revanche, le bureau politique de LR a opté pour la ligne dangereuse du « ni ni », c’est-à-dire « ni PS ni FN », comme si une victoire de la gauche était aussi grave qu’une victoire de l’extrême droite.

Non, la stratégie du « front républicain » face au Front National n’est pas ringarde. Les partis républicains doivent combattre l’extrême droite, et ils doivent tout faire pour éviter que les exécutifs régionaux ne tombent entre les mains d’un parti populiste et xénophobe qui n’a aucun programme cohérent et qui ne voit dans ce scrutin régional qu’un marchepied vers la présidentielle et les législatives de 2017. Certes, le « front républicain » tend à valider le discours du FN dénonçant les « connivences » entre la gauche et la droite. Et alors ? Les partis de gouvernement doivent assumer leurs points communs devant les électeurs : le PS, LR, le MoDem, l’UDI, les Radicaux de Gauche sont des partis républicains et pro-européens qui partagent le même socle de valeurs libérales. Ce qui les oppose est moins important, au regard de la situation actuelle, que ce qui les rapproche.

F. Bayrou.

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