Du racisme ordinaire en politique

Nadine Morano a encore frappé. Mais cette fois, il ne s’agit pas d’une petite boulette sur les vols de téléphones portables ou sur le physique d’Eva Joly, c’est beaucoup plus grave. Samedi 26 septembre, sur le plateau de l’émission On n’est pas couché, la députée de droite a déclaré avec aplomb que la France était « un pays de race blanche ». Quoi ?! Mais comment peut-on encore entendre ces mots dans la bouche d’un élu politique français appartenant au principal parti d’opposition ? Et comment est-il possible que Nadine Morano n’ait pas été immédiatement sanctionnée par les instances dirigeantes de sa formation politique ?

Que les choses soient bien claires : il n’existe pas de « races humaines ». Dans le monde animal, les différences génétiques entre deux races d’une même espèce (par exemple entre deux races de chiens) sont d’ordre qualitatif : elles sont fondées sur des caractères génétiques constants, spécifiques aux membres d’un même sous-groupe. La notion de « race » est totalement inopérante pour l’espèce humaine : les progrès de la génétique ont démontré que, chez l’être humain, les différences entre deux groupes ethniques n’étaient pas d’ordre qualitatif mais uniquement d’ordre quantitatif (il s’agit, par exemple, d’une quantité plus ou moins grande de mélanine dans la peau). Par conséquent, toute tentative de classification raciale des êtres humains est dénuée de fondement scientifique. Certes, le mot « race » a longtemps été employé pour désigner un peuple ou une couleur de peau. Mais cet usage a aujourd’hui disparu car les idéologies racistes du XXème siècle, qui ont servi à justifier les pires crimes contre l’humanité, ont donné au mot « race » une connotation nauséabonde. Nadine Morano fait semblant de l’ignorer.

La France, un « pays de race blanche » ? Est-ce à dire que, pour Madame Morano, la population française se définit par une couleur de peau ? Mais alors, que dire de tous les Asiatiques, Maghrébins et Africains qui vivent en France et qui ont la nationalité française ? Restent-ils des « étrangers » aux yeux de Nadine Morano ? Doivent-ils se faire éclaircir la peau à coups de rayon laser pour être considérés comme de vrais français ? Il est absurde et indécent de définir la nation par des critères physiques, car cela revient à légitimer une conception racialiste de la nation qui nous renvoie aux pires idéologies du XXème siècle et qui bafoue l’universalisme républicain hérité de la Révolution Française et des Lumières.

La déclaration de Nadine Morano est-elle un dérapage ? Oui, mais un dérapage contrôlé, et assumé. Nadine Morano multiplie les appels du pied aux électeurs du Front National. Cette stratégie calamiteuse, on le sait, a pour effet de banaliser les préjugés racistes et xénophobes : loin d’affaiblir le Front National, elle le rend plus fort en légitimant ses thèses dans l’opinion publique et les médias. Petit rappel : aux régionales de décembre 2015, Nadine Morano sera tête de liste en Meurthe-et-Moselle sur la liste d’union LR-UDI-MoDem en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. Honte aux centristes…

N. Morano.

Quand Bolloré veut mettre au pas Canal +

Créée en 1984, la chaîne Canal + a fait souffler un extraordinaire vent de fraîcheur et de modernité sur la télévision française des années 80. A ses débuts, Canal + était la seule chaîne hertzienne privée et payante en France. Une partie des programmes était réservée aux abonnés, notamment le cinéma et le sport, mais les programmes gratuits (diffusés « en clair », c’est-à-dire sans cryptage) étaient la véritable vitrine de la chaîne. Le fameux « esprit Canal », c’était une certaine liberté de ton, un humour impertinent et décalé, un certain sens de la dérision et de l’irrévérence, une certaine façon de traiter l’actualité en mêlant divertissement, information et culture : c’est d’ailleurs sur Canal + qu’est né « l’info-tainment » à la française, avec l’émission culte « Nulle Part Ailleurs ». L’esprit Canal, c’était Philippe Gildas, Michel Denisot, les Nuls, les Guignols de l’Info, les « Deschiens », les parodies de Karl Zéro, les pitreries d’Antoine De Caunes et José Garcia, mais aussi des programmes « sérieux », des documentaires de qualité et des magazines d’investigation passionnants.

Que reste-t-il aujourd’hui de cet esprit Canal ? Pas grand-chose depuis que Jean-Marie Messier et Vincent Bolloré sont passés par là. Le groupe Canal + est devenu un géant mondial de l’audiovisuel, mais la chaîne cryptée a perdu l’indépendance et la liberté de ton qui avaient tant contribué à son succès dans les premières années. Le « Grand Journal », qui a remplacé l’émission « Nulle Part Ailleurs », est devenu un talk show complaisant, insipide et ennuyeux, où l’on voit défiler des chroniqueurs dénués de toute impertinence. D’ailleurs, les audiences du « Grand Journal » ont chuté après le départ de Michel Denisot en 2013. Les programmes qui perpétuent l’esprit Canal se comptent maintenant sur les doigts d’une main : le « Zapping », le « Petit Journal » de Yann Barthès, le « Groland », et les Guignols de l’Info.

Il y a quelque chose de pourri au royaume de Canal. Menacés de disparition au début de l’été 2015, les « Guignols » ont été sauvés in extremis, mais les auteurs historiques ont été remplacés par des petits nouveaux, et l’émission sera désormais réservée aux abonnés : cette décision de Vincent Bolloré, président de Vivendi (la société-mère du groupe Canal +), est un coup dur pour les fans et risque d’accélérer la baisse des audiences de la chaîne. Vincent Bolloré a également fait parler de lui cet été en interdisant la diffusion d’un documentaire sur l’évasion fiscale : ce documentaire mettait en cause le Crédit Mutuel, dont le président, Michel Lucas, est un ami personnel de Vincent Bolloré. Il existe un mot pour désigner ce genre de pratiques : censure.

Bolloré fait partie de ces grands industriels français qui, à l’instar de Xavier Niel, Francis Bouygues ou Arnaud Lagardère, ont choisi d’investir dans les médias en rachetant des groupes de presse ou des chaînes de télévision. Cette stratégie n’a en soi rien de scandaleux, elle permet de développer les médias français et contribue au rayonnement de la France dans le monde. Mais les médias ne sont pas des produits comme les autres. N’oublions jamais que l’indépendance des médias et le pluralisme de la presse sont des conditions indispensables à la démocratie. Hélas, Canal + n’est plus un média indépendant et joue de moins en moins son rôle de contre-pouvoir. En menaçant de supprimer les Guignols, en lissant les émissions jugées trop irrévérencieuses et en interdisant la diffusion de programmes susceptibles de froisser quelques puissants amis, Vincent Bolloré n’est-il pas en train de « mettre au pas » la rédaction de Canal + ? Si tel est vraiment son objectif, Bolloré pourrait bien réussir son coup. Mais dans le monde de l’audiovisuel, c’est le public qui décide : les téléspectateurs ne doivent pas sous-estimer le pouvoir qu’ils ont quand ils boycottent massivement une émission. Si l’audience des programmes saccagés par Vincent Bolloré s’effondre, les derniers bastions de « l’esprit Canal » seront peut-être sauvés. Peut-être.

V. Bolloré.

Faut-il démanteler l’espace Schengen ?

Chacune des crises auxquelles est confrontée l’Union européenne amène inévitablement un questionnement sur l’avenir et sur la légitimité du projet européen. Face à la crise grecque, certains ont réclamé un « saut fédéral » et une mutualisation partielle des dettes publiques des Etats membres, pendant que d’autres annonçaient l’implosion de la zone euro et le retour aux monnaies nationales. De même, la crise migratoire actuelle questionne l’avenir de l’espace Schengen: le premier ministre hongrois Viktor Orban a salué la décision allemande de rétablir des contrôles aux frontières face à l’afflux de réfugiés, et les populistes européens critiquent de plus en plus ouvertement l’espace Schengen.

Il faut rappeler que l’espace Schengen implique à la fois la disparition des frontières intérieures et le renforcement des frontières extérieures. Or, jusqu’à ce jour, les accords de Schengen ont été appliqués de façon partielle. Les politiques migratoires ne sont pas coordonnées, la coopération entre Etats membres dans la lutte contre l’immigration clandestine est restée limitée, et les moyens alloués à l’agence Frontex demeurent très insuffisants. Trois solutions sont alors envisageables. Première solution: disloquer Schengen et rétablir les contrôles aux frontières nationales, comme le souhaite le FN. Deuxième solution: réformer Schengen, en laissant aux Etats la possibilité de suspendre l’application des accords (ce qui revient, de fait, à détricoter Schengen). C’est ce que propose Nicolas Sarkozy. Troisième solution: appliquer vraiment les accords de Schengen, ce qui nécessite une harmonisation des politiques migratoires et du droit d’asile, et un accroissement des moyens dédiés à la surveillance des frontières extérieures.

La décision allemande est-elle une entorse aux accords de Schengen? Non, car dans la Convention de Schengen, il existe une clause de sauvegarde qui autorise les Etats à rétablir provisoirement des contrôles aux frontières dans des circonstances exceptionnelles. Si l’Allemagne a rétabli des contrôles, c’est parce que les Etats européens ont été incapables de se mettre d’accord sur une répartition équitable des réfugiés qui entrent sur le territoire européen. Le gouvernement allemand a d’ailleurs précisé qu’il s’agissait bien d’une mesure provisoire et qu’aucune remise en cause des accords de Schengen n’était envisagée à long terme. L’Allemagne n’a pas fermé ses frontières: elle a rétabli des contrôles mais continue d’accueillir des réfugiés sur son territoire.

Pour la plupart des citoyens de l’Union européenne, la libre circulation est une évidence: c’est même l’un des acquis européens les plus appréciés. Remettre en cause l’acquis de Schengen serait une régression à la fois inutile et préjudiciable. Que l’on songe, par exemple, aux milliers de transporteurs et de travailleurs transfrontaliers qui bénéficient chaque jour de la libre circulation. Contrairement à ce qu’affirment les europhobes, l’espace Schengen n’est pas responsable de l’afflux de migrants clandestins sur le territoire européen: sortir de Schengen ne résoudra pas le problème. Sans parler du coût énorme que représenterait pour les Etats le rétablissement durable des contrôles sur l’ensemble de leurs frontières. C’est en mutualisant les moyens et les efforts que les Etats européens pourront surveiller plus efficacement les frontières extérieures de l’espace Schengen. Et c’est en organisant la solidarité à l’échelle communautaire que les Etats pourront faire face à la crise humanitaire actuelle. Remettre en cause les accords de Schengen ouvrirait une brèche qui, dans le contexte actuel, pourrait bien conduire à la destruction des acquis européens les plus précieux.

Contrôles à la frontière austro-allemande (source: Nouvel Obs).

1988: Michel Rocard et l’ouverture au centre

Quand François Mitterrand fut réélu à la présidence de la République en 1988, il décida de former un « gouvernement d’ouverture » comportant à la fois des socialistes, des centristes et des personnalités issues de la société civile. Cette fameuse ouverture fut alors incarnée par Michel Rocard, figure emblématique de la « deuxième gauche », nommé à Matignon dès la réélection de Mitterrand. Le premier gouvernement Rocard ne comptait que trois centristes. Après les élections législatives de juin 88, le second gouvernement Rocard comptait sept personnalités de l’UDF, dont le radical Michel Durafour (Ministre de la Fonction Publique), le barriste Jean-Pierre Soisson (Ministre de l’Emploi) ou la giscardienne Hélène Dorlhac de Borne (Secrétaire d’Etat chargée de la Famille).

L’ouverture au centre n’était pas une nécessité absolue, mais un choix politique. Mitterrand avait annoncé dès sa réélection sa volonté de former un gouvernement d’ouverture. Aux législatives de 1988, le PS n’obtint qu’une majorité relative mais, puisqu’aucune majorité alternative n’était possible, les socialistes pouvaient quand même gouverner en s’appuyant soit sur les communistes, soit sur les centristes. A l’Assemblée Nationale, le groupe UDF resta dans l’opposition mais une partie des députés UDF, séduits par la démarche d’ouverture de l’exécutif, décida de constituer un groupe autonome afin de soutenir l’action du gouvernement Rocard : ainsi naquit le groupe UDC (Union du Centre), présidé par Jacques Barrot et composé d’une quarantaine de députés centristes issus de l’UDF. L’expérience prit fin en mai 1991 quand François Mitterrand poussa le Premier Ministre à démissionner (Rocard dira plus tard qu’il a été « viré »).

Selon une opinion couramment admise, cette expérience d’ouverture au centre aurait été un échec. Il est vrai que l’ouverture était plutôt timide. Seule une frange de l’UDF soutenait Michel Rocard, les centristes étaient peu nombreux au sein du gouvernement et les principaux porte-feuilles ministériels étaient détenus par des proches de François Mitterrand. Comme le disait Olivier Duhamel, l’ouverture de 1988 fut plutôt une « entrouverture ». De plus, Michel Rocard eut beaucoup de mal à trouver une majorité pour faire adopter certaines réformes car l’aile gauche du PS contestait sa politique économique : le Premier Ministre utilisa d’ailleurs vingt-huit fois l’article 49-3 de la Constitution, ce qui est un record. Cela dit, l’ouverture de 1988 n’a pas été l’échec que l’on dit parfois : Michel Rocard a tenu trois ans dans un contexte économique et social morose, face au président Mitterrand qui le détestait. Trois années passées à gouverner le pays dans de telles conditions, ce n’est pas si mal.

Le gouvernement Rocard a souvent été taxé d’immobilisme. Pourtant, ce gouvernement ne s’est pas contenté de faire de la gestion. En trois ans, il a mis en place le RMI (revenu minimum d’insertion) et la CSG, créé le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, modifié les règles de financement des partis politiques, modernisé les services de renseignement, donné une impulsion décisive à la politique de la ville, réformé le statut de la Régie Renault et mis un terme aux violences qui frappaient la Nouvelle-Calédonie. Il a aussi fait voter la première loi de prévention de la maltraitance infantile et mis en place la première campagne nationale de lutte contre la pédophilie. Michel Rocard a prouvé aux Français que l’on pouvait gouverner autrement, en dépassant les clivages politiques habituels.

Si l’ouverture au centre a été possible, c’est parce que, sur bon nombre de sujets, il existait des convergences entre les centristes et les socialistes : la plupart des socialistes sont favorables à la construction européenne, à la décentralisation et à la lutte contre les déficits publics ; ils défendent une économie de marché régulée par la puissance publique et admettent la nécessité d’un juste équilibre entre solidarité et compétitivité. Pourtant, l’expérience de 1988 n’a jamais été renouvelée par la suite. Lors de l’élection présidentielle de 2007, Michel Rocard et Bernard Kouchner proposèrent à Ségolène Royal de s’allier à François Bayrou : elle refusa. En 2012, François Bayrou déclara qu’il voterait pour Hollande au second tour de la présidentielle, mais fut totalement ignoré par le PS et ne reçut pas le moindre témoignage de gratitude de la part du candidat socialiste. En 2014, le Premier Ministre Manuel Valls déclara : « nous avons commis l’erreur de ne pas tendre la main à François Bayrou en 2012 », déclaration qui ne manqua pas d’irriter les « frondeurs » du PS.

Ni Ségolène Royal, ni François Hollande (qui se prétend social-démocrate), ni Manuel Valls (qui se prétend rocardien) n’ont osé réitérer l’expérience de 1988. Mais de l’autre côté du mur, combien de centristes seraient prêts aujourd’hui à gouverner avec le PS ? Au MoDem, l’idée de gouverner avec la gauche réformiste est admise depuis longtemps. A l’UDI, en revanche, le son de cloche n’est pas tout à fait le même. La plupart des députés UDI considèrent la droite comme un allié « naturel » et le PS comme un parti archaïque et infréquentable : beaucoup, à l’UDI, n’ont jamais pardonné à Bayrou d’avoir voté Hollande en 2012. Quelques francs-tireurs, comme Jean-Christophe Fromantin, ont soutenu la loi Macron et refusé de voter les motions de censure déposées par la droite ; pour autant, ils ne veulent pas entendre parler d’alliance avec la gauche. Manifestement, l’esprit de clan et la logique du « bloc contre bloc » ont encore un bel avenir.

Michel Rocard.

Face au drame des migrants, l’UE doit prendre ses responsabilités

Face à la tragédie humanitaire qui a lieu sous ses yeux, l’Union européenne doit prendre ses responsabilités. Fermer totalement les frontières de l’Europe en refusant l’asile aux réfugiés syriens, irakiens et libyens qui affluent vers nos côtes serait inefficace (on n’empêchera pas de gagner l’Europe ceux qui sont prêts à tout pour le faire) et contraire aux valeurs humanistes sur lesquelles est fondé le projet européen. A l’inverse, ouvrir totalement les frontières comme le prônent certains n’est pas la bonne solution, parce que les opinions publiques le refuseront, et parce qu’aujourd’hui les Etats européens n’ont pas les moyens d’accueillir dignement tous les migrants qui veulent trouver refuge en Europe. La solution ne peut être qu’une solution intermédiaire, un compromis raisonnable entre fermeture et accueil. Mais surtout, la solution ne peut être qu’une solution coordonnée au niveau européen. Les Etats membres de l’UE doivent se répartir entre eux les réfugiés entrés sur le territoire européen, en négociant des quotas qui tiennent compte de la capacité d’accueil de chaque Etat.

Dans sa lettre d’information d’avril 2015, Marielle de Sarnez, députée européenne et vice-présidente du Mouvement Démocrate, a énoncé quelques principes forts que je me permets ici de reprendre, car ils me semblent justes et nécessaires. Premier principe : ce qui se passe aujourd’hui en Italie, en Grèce, à Malte ou en Hongrie est l’affaire de tous les Européens, et non de ces seuls pays. Deuxième principe : les États membres et l’UE doivent assumer une responsabilité partagée quant à la surveillance de leurs frontières extérieures maritimes et terrestres. L’Europe doit se doter d’un corps de garde-côtes européens avec des moyens de surveillance conséquents. Troisième principe : l’Europe et la communauté internationale doivent s’engager résolument dans la traque des passeurs (qui sont coupables de crimes contre l’humanité), arraisonner leurs bateaux, démanteler leurs réseaux et traduire les coupables en justice. Quatrième principe : les procédures administratives et judiciaires du droit d’asile doivent être harmonisées au niveau européen pour que toute demande d’asile dans l’Union soit traitée dans les mêmes règles et dans les mêmes délais. Le principe intangible du premier pays d’accueil pour traiter le dossier des demandeurs d’asile doit être remis en cause car il conduit à surcharger les pays frontaliers. Cinquième principe : les principaux pays de transit doivent être mieux associés à la lutte contre les passeurs et les trafiquants et bénéficier d’un soutien de l’UE pour la sécurité de leurs frontières et l’accueil des migrants. Sixième principe : la « directive retour » de 2008 doit être révisée. Les décisions de reconduite à la frontière sont rarement exécutées et ce flou juridique permet à des migrants de rester sur le territoire de l’UE alors qu’ils ne bénéficient pas du statut de réfugié et qu’ils n’ont reçu ni permis de séjour ni permis de travail : cette situation ubuesque est une source d’incompréhension pour les citoyens européens, et d’injustice pour les migrants qui respectent la législation. Septième principe : pour l’immigration économique, il faut instaurer des quotas d’immigration légale de travail, pays par pays, sur la base d’accords migratoires conclus par les États membres sous la coordination de la Commission européenne. Dernier principe, sans doute le plus important : l’Europe doit agir sur les causes de l’émigration. Le co-développement, l’éradication de la pauvreté et la stabilisation des pays en situation de conflit doivent être des priorités absolues.