Les centristes et la loi Macron

La loi de modernisation de l’économie présentée par Emmanuel Macron a pour objectif de « déverrouiller » l’économie française et de favoriser la création d’emplois. Elle prévoit notamment d’assouplir le travail dominical en autorisant l’ouverture des commerces 12 dimanches par an (au lieu de 5 actuellement), et en créant des « zones touristiques internationales » où le travail dominical serait autorisé toute l’année. La loi prévoit aussi de libéraliser le transport en autocar, en autorisant l’ouverture de lignes nationales complétant l’offre ferroviaire. Enfin, le texte prévoit de réformer certaines professions réglementées, par exemple en donnant plus de transparence aux tarifs pratiqués par les notaires et les huissiers. 

Au Modem comme à l’UDI, on s’accorde à dire que la loi Macron va dans le bon sens, mais que les mesures prévues dans le texte sont très insuffisantes. Interrogé sur Sud Radio, le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde a regretté les « renoncements » du projet de loi, notamment sur l’assouplissement des 35 heures ou l’encadrement des tarifs de péage autoroutier. François Bayrou, quant à lui, a comparé le texte à « une montagne qui accouche d’un troupeau de petites souris dont on se sait pas bien si elles vont changer les choses ». Le président du Modem a reconnu que le texte comportait des mesures positives, notamment l’ouverture de lignes nationales d’autocars, mais il reste réservé sur la question du travail dominical : en bon démocrate-chrétien, Bayrou considère que le principe du repos dominical doit rester la règle, et qu’une « marchandisation absolue » du dimanche serait une régression ; néanmoins, Bayrou accepte que le nombre de dimanches travaillés soit revu à la hausse pour certaines zones touristiques.

La loi Macron embarrasse les centristes. Sur le fond, les centristes approuvent la plupart des propositions faites par le ministre de l’Economie. Mais en tant qu’acteurs de l’opposition, ils préfèrent dénoncer le manque d’ambition de cette loi plutôt que d’en souligner les avancées. Les insuffisances du texte sont systématiquement imputées à l’aile gauche du PS. Pour Jean-Christophe Lagarde, « la France finit par être prisonnière du Parti Socialiste ». Pour Robert Rochefort, vice-président du Modem, le ministre de l’Economie « a raison sur le plan des idées » mais ne dispose pas de la majorité nécessaire pour mener à bien sa politique économique ; Robert Rochefort dénonce également un « problème de leadership », car selon lui « plus personne ne sait sur quel contrat politique le président de la République a été élu ». En définitive, les centristes utilisent la loi Macron comme une arme contre la majorité, en faisant de ce texte un symbole des divisions idéologiques internes du PS.

Messieurs les centristes, si vous voulez agir conformément à vos principes, ne vous comportez pas comme vos camarades de l’UMP, ne vous enfermez pas dans une opposition stérile : sachez reconnaître les avancées portées par le gouvernement, et sachez soutenir les réformes qui sont conformes aux idées que vous défendez, même lorsqu’il s’agit d’une simple réformette ou d’un « troupeau de petites souris ».

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