Election du président de l’UDI: les leçons du premier tour

J.C. Lagarde et H. Morin (source: 20minutes.fr)

Jeudi 16 octobre a eu lieu le premier tour de l’élection du futur président de l’UDI. Jean-Christophe Lagarde (qui a obtenu près de 36% des suffrages) et Hervé Morin (31%) se sont qualifiés pour le second tour. Yves Jégo (21%) et Jean-Christophe Fromentin (11%) sont battus. Le deuxième tour aura lieu en novembre. D’après les chiffres communiqués par l’UDI, 16.600 adhérents ont participé au scrutin, sur 28.300 inscrits. Trois leçons peuvent être tirées de ce scrutin.

1° Seuls les candidats véritablement centristes se qualifient

Les deux finalistes, Hervé Morin et Jean-Christophe Lagarde, sont d’authentiques centristes issus de l’ancienne UDF. Ils ont fondé ensemble le Nouveau Centre en 2007, bien que Jean-Christophe Lagarde ait par la suite quitté ce parti pour fonder son propre mouvement (Force Européenne Démocrate). Les deux candidats battus au premier tour, Yves Jégo et Jean-Christophe Fromentin, ne viennent pas du centre mais de la droite : Yves Jégo a d’ailleurs commencé sa carrière au RPR avant de participer à la création de l’UMP en 2002. Le futur président de l’UDI sera donc un vrai centriste, et cela aura de l’importance dans l’identité du parti.

2° Une élection qui ternit l’image de l’UDI

De toute évidence, le premier tour n’aura pas été aussi exemplaire que l’espéraient les chefs de l’UDI. Jean-Christophe Fromentin a dénoncé des dysfonctionnements dans le déroulement du scrutin, de nombreux adhérents n’ont pas pu voter en raison de problèmes techniques, et Yves Jégo a été victime d’une polémique mesquine à propos de ses propriétés foncières. Au lendemain du premier tour, Yves Jégo ne digère pas sa défaite, qu’il a attribue à la campagne de déstabilisation dont il a été la cible quelques jours avant le scrutin. L’UDI prétend vouloir rénover la vie politique française, mais de toute évidence, les coups bas et les irrégularités qui salissent l’image des autres partis existent aussi au pays des centristes.

3° L’échec d’Yves Jégo confirme la crise du Parti Radical

L’UDI avait été créée en 2012 par Jean-Louis Borloo, alors président du Parti Radical. Mais le retrait de Jean-Louis Borloo pour raisons de santé a ouvert une véritable « crise de succession » chez les radicaux valoisiens. L’élection du nouveau président du PR en juin 2014 fut désastreuse : la victoire de Laurent Hénart fut contestée par sa concurrente Rama Yade, qui dénonça des irrégularités dans l’élection et alla même jusqu’à réclamer l’annulation du scrutin. L’élection du président de l’UDI vient accentuer le « malaise » du Parti Radical : Yves Jégo, membre du PR, président intérimaire de l’UDI après le départ de Borloo, est battu par deux candidats qui ne viennent pas du Parti Radical. Ainsi, le Parti Radical, qui était en quelque sorte la clé de voûte de l’UDI, se retrouve relégué au second plan.

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