La percée du centre aux sénatoriales

A l’issue des élections sénatoriales partielles du 28 septembre, le groupe UDI-Union Centriste est passé de 32 à 43 sénateurs. François Zocchetto, président du groupe UDI-UC, s’est réjoui de cette forte progression du centre. Parmi les nouveaux sénateurs centristes élus dimanche, on peut notamment citer Élisabeth Doineau (UDI), élue en Mayenne avec près de 65% des suffrages : elle devient ainsi la première femme à être élue sénatrice de la Mayenne.

Curieusement, au lendemain des sénatoriales, on a peu parlé des bons résultats du centre. Les commentateurs ont surtout insisté sur le cas des deux sénateurs Front National. Or, l’entrée du FN à la Chambre Haute a surtout une portée symbolique car dans les faits, les deux sénateurs frontistes n’auront aucun poids. La presse a aussi évoqué, de façon un peu trop simpliste, une « victoire de la droite ». Il s’agit d’un abus de langage. Mathématiquement parlant, la droite n’a pas gagné les élections, car les sénateurs de droite stricto sensu (c’est-à-dire les sénateurs UMP et Divers Droite) totalisent moins de sièges que l’ensemble de la gauche. Etant donné que le groupe UMP ne dispose pas à lui seul de la majorité absolue, il aura besoin des centristes pour obtenir le rejet, l’adoption ou l’amendement d’un texte. Le groupe centriste sera donc véritablement le pivot de la Chambre Haute.

Trois facteurs permettent d’expliquer la percée du centre. Premier facteur : l’impact des municipales de mars 2014. Les grands électeurs étant issus principalement des collectivités territoriales, il est normal que la progression du centre aux municipales se répercute sur la composition du Sénat. Deuxièmement, les centristes ont profité, comme l’UMP, de l’impopularité du président et du gouvernement. Enfin, l’alliance du centre avec l’UMP a favorisé la victoire des candidats centristes. Il faut désormais que les élus centristes aient une conduite exemplaire et qu’ils ne s’enferment pas dans une opposition stérile et systématique, comme le font trop souvent les élus de l’UMP. Les sénateurs centristes devront donc incarner une opposition constructive et responsable, capable de voter des textes équilibrés et réalistes, même lorsque ces textes viennent de la gauche.

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