Il y a 100 ans, soudain, la guerre…

Il y a tout juste un siècle, l’Europe était en train de basculer dans une guerre d’une ampleur et d’une violence inouïes. Le 1er août 1914, la France décrétait la mobilisation générale face à l’imminence d’une guerre germano-russe. Le même jour, l’Allemagne décidait elle aussi la mobilisation générale, et le 3 août, elle attaquait la France. La suite, nous la connaissons : 10 millions de morts, des dizaines de millions de blessés, de mutilés de guerre et de réfugiés, et une Europe en ruines, hantée par le souvenir traumatisant d’un conflit durant lequel des Etats prospères avaient mis toute leur puissance industrielle au service de la mort et de la destruction.

Ce conflit atroce nous a appris plusieurs choses. Il nous a montré qu’une guerre pouvait éclater n’importe quand, n’importe où, sans que personne ne la veuille. Certes, les tensions en Europe étaient fortes avant 1914, les nationalismes étaient exacerbés, et les grandes puissances européennes s’étaient préparées à l’éventualité d’une guerre. Ainsi, en 1913, la France avait allongé de deux à trois ans la durée du service militaire, et l’Etat-major avait élaboré le fameux Plan XVII. Mais à l’été 1914, personne ne s’attendait à voir toute l’Europe basculer dans la guerre, en l’espace de quelques jours seulement, après l’assassinat d’un archiduc autrichien à Sarajevo. Personne n’imaginait que la guerre aurait une telle ampleur, une telle brutalité, et qu’elle durerait quatre longues années.

Ce conflit nous a aussi montré la nécessité d’une union des Etats européens pour le maintien de la paix. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, des politiciens, des intellectuels, des militants pacifistes, des hommes d’affaires et des chefs d’entreprise ont œuvré à la réconciliation franco-allemande et à la coopération économique entre Etats européens. Ce ne fut pas chose facile à cause des rancœurs et des frustrations, à cause de l’humiliation des vaincus, à cause des multiples contentieux territoriaux nés des traités de paix. Mais à la fin des années 1920, la paix semblait assurée en Europe, et les relations franco-allemandes étaient à peu près normalisées. En 1926, le ministre français des Affaires Etrangères Aristide Briand et son homologue allemand Gustav Stresemann avaient même reçu conjointement le Prix Nobel de la Paix. Puis il y eut la crise, le retour des égoïsmes nationaux et des réflexes protectionnistes, l’effondrement économique de l’Allemagne, l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler, la Guerre d’Espagne, le réarmement généralisé, et finalement, une nouvelle guerre mondiale, qui s’avéra plus meurtrière et plus barbare que la première.

Comme Robert Schuman le dira en 1950, « l’Europe n’a pas été faite, nous avons eu la guerre ». N’oublions jamais que la construction européenne est née du désastre des deux guerres mondiales, et de la nécessité de bâtir une paix durable en Europe. N’oublions jamais tout le chemin parcouru depuis 1914.

Bataille de la Somme (1916).

Le Centriloque s’absente quelques temps mais revient fin août, avec un programme chargé: la rentrée du gouvernement, l’élection du futur président de l’UDI, les malheurs de nos amis centristes d’outre-Manche, la TVA sociale, sans compter les surprises que l’actualité nous réservera. Bon mois d’août à tous.

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