Les centristes n’ont pas leur place à l’UMP

Lors de sa création en 2002, l’UMP avait pour ambition de rassembler au sein d’un même parti toutes les sensibilités de la droite et du centre (gaullistes, libéraux, conservateurs, centristes et démocrates-chrétiens). François Bayrou, qui était alors président de l’UDF, refusa d’entrer à l’UMP et critiqua, au nom du pluralisme, la création d’un grand parti hégémonique : « Quand on pense tous la même chose, alors on ne pense plus rien », avait-il déclaré à l’époque. Bien que certains centristes aient choisi de rejoindre l’UMP dès 2002, la plupart des centristes ont préféré, comme Bayrou, rester en dehors de ce nouveau parti. L’UMP fut, dès l’origine, dominée par d’anciens cadres du RPR, et les centristes n’occupèrent qu’une place marginale au sein du parti. La droitisation de l’UMP sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy ruina les espoirs de ceux qui pensaient pouvoir « centriser » l’UMP de l’intérieur.

Aujourd’hui, l’UMP continue de se présenter abusivement comme le « grand parti de la droite et du centre ». Mais depuis le retrait du Parti Radical de Jean-Louis Borloo en 2011, le courant centriste de l’UMP est quasi inexistant. Les quelques rares centristes qui ont fait le choix de rester à l’UMP sont ultra-minoritaires et ne parviendront jamais à peser de façon significative sur les orientations de ce parti. Comme l’a déclaré François Bayrou dans une interview récente au site d’information Atlantico,  « le parti unique de la droite et du centre est une illusion ».

Fr. Bayrou.

Sur le plan idéologique, les centristes n’ont clairement pas leur place dans l’UMP telle qu’elle existe aujourd’hui. En effet, l’UMP est dominée par deux grandes tendances : une tendance modérée, humaniste, libérale et pro-européenne (incarnée par des hommes comme Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin ou François Fillon), et une tendance conservatrice et souverainiste (incarnée par des courants comme la « Droite Forte » de Guillaume Peltier ou la « Droite Populaire » de Thierry Mariani et Lionnel Luca). Si la tendance libérale et modérée semble assez proche des centristes, il est clair, en revanche, que la seconde tendance est très éloignée des valeurs du centre. La « Droite Forte » est actuellement le courant majoritaire au sein de l’UMP (la motion de la « Droite Forte » est arrivée en tête au congrès de 2012), et son fondateur, Guillaume Peltier, vient du Front National. Quant à la « Droite Populaire », elle représente l’aile la plus dure et la plus conservatrice de l’UMP, et l’on peut affirmer sans hésitation que, sur des sujets comme l’Europe ou l’immigration, ses membres sont plus en phase avec le Front National qu’avec les centristes.

En France, comme dans beaucoup d’autres démocraties, le centrisme est fondé sur le refus du bipartisme et sur la défense d’une « troisième voie » entre la gauche et la droite. Par conséquent, le centre n’est pas soluble dans l’UMP. Si les centristes veulent incarner une alternative crédible au bipartisme et promouvoir efficacement leurs idées et leurs valeurs, ils doivent rester indépendants de l’UMP. L’indépendance est même une condition nécessaire à la survie du centrisme. Des rapprochements ou des alliances avec l’UMP sont envisageables, à condition qu’il y ait compatibilité des valeurs et des projets.

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