Les centristes ont-ils fait gagner le FN? Petite leçon de calcul.

Jean-François Copé.

Après l’annonce des résultats catastrophiques des européennes, Jean-François Copé et quelques lieutenants de l’UMP ont reproché aux centristes d’avoir favorisé la victoire du FN. En effet, en 2009, lors des précédentes élections européennes, l’UMP avait obtenu 28% des suffrages, avec un taux de participation comparable à celui de 2014. En 2014, l’alliance de l’UDI et du Modem aurait donc « affaibli » l’UMP, et aurait ainsi permis aux listes FN de passer en tête. Sauf que mathématiquement, l’argument n’est pas valable. En 2009, le Modem avait présenté ses propres listes et avait obtenu 8% des suffrages. Par conséquent, entre 2009 et 2014, le centre n’a gagné que 2 points, en passant de 8 à 10% des suffrages. L’UMP, quant à elle, a perdu près de 7 points, en passant de 28 à 21% des suffrages. Par conséquent, l’alliance entre le Modem et l’UDI ne suffit pas à expliquer l’important recul de l’UMP par rapport au scrutin de 2009. L’alliance UDI-Modem était parfaitement légitime car le projet européen défendu par les centristes n’est pas celui de l’UMP: tous les centristes, qu’ils soient du Modem ou de l’UDI, défendent une Europe fédérale, contrairement à l’UMP, qui reste très timorée sur l’Europe. L’UDI et le Modem ont soutenu la candidature de Guy Verhofstadt à la présidence de la Commission européenne, contrairement à l’UMP qui a soutenu le candidat de la droite conservatrice européenne, Jean-Claude Junker. Une alliance entre l’UDI et l’UMP aurait donc été illogique. En imputant leur défaite aux centristes, les barons de l’UMP refusent de faire leur autocritique et d’assumer leurs erreurs. S’ils ont du mal à comprendre les véritables raisons de leur défaite, voici quelques pistes de réflexion qui pourraient les intréresser: 1° les fraudes massives lors de l’élection du président de l’UMP, 2° le scandale Bygmalion, 3° une campagne européenne médiocre pendant laquelle les leaders de l’UMP ont été incapables de sensibiliser les citoyens aux véritables enjeux européens, 4° une droitisation de l’UMP qui a conduit, depuis 10 ans, à la banalisation des thèses du Front National. L’UMP est en pleine crise: ce parti, affaibli par la guerre des chefs et discrédité par les scandales politico-financiers, est aujourd’hui au bord de l’implosion. Les centristes n’y sont pour rien. Au contraire, l’émergence d’un pôle centriste unifié est en partie la conséquence des dérives de l’UMP.

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