« Jour de Colère »: l’extrême droite française dans la rue.

Dimanche 26 janvier, une manifestation « anti-Hollande » a ressemblé des milliers de personnes dans les rues de Paris (17.000 selon la police, 160.000 selon les organisateurs). Dans la soirée, la manifestation a dérapé: des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait plusieurs blessés, et près de 250 casseurs ont été mis en examen.

Cette manifestation avait été préparée pendant plusieurs mois sur Internet par un mystérieux collectif appelé « Jour de Colère », dont les membres sont restés anonymes. Ce mouvement se veut « apolitique » mais il est en réalité très politisé, puisqu’il est piloté par le « Printemps Français », un collectif réunissant les militants « anti-mariage gay » les plus durs (militants d’extrême droite et catholiques traditionalistes).

Source: lemonde.fr

La manifestation du 26 janvier frappe par son caractère hétéroclite. Elle a fédéré tous les opposants les plus radicaux à la politique de François Hollande : organisations catholiques intégristes (comme Civitas), « Bonnets Rouges » et autres rassemblements antifiscaux,  mouvements identitaires et nationalistes, groupuscules néonazis… On a même trouvé, dans le cortège, des partisans de Dieudonné faisant des quenelles et brandissant des ananas dessinés sur des pancartes.

Le collectif « Jour de Colère » n’a pas de programme : il prétend simplement « coaguler toutes les colères ». Les organisateurs ont rédigé un manifeste dénonçant une « action gouvernementale délétère », critiquant les « partis de l’oligarchie de droite comme de gauche », et demandant un « changement radical » et un « sursaut salvateur ». Le mouvement ne défend aucune proposition concrète, mais réclame la démission de François Hollande, la rédaction de « nouveaux cahiers de doléances » et l’organisation de nouveaux « Etats généraux ».

En dépit de son caractère hétérogène et de sa façade apolitique, cette manifestation populaire a été dominée par des organisations d’extrême droite. Les manifestants qui n’étaient pas politisés et qui ont défilé uniquement pour exprimer une colère sincère ont été manipulés par des mouvements extrémistes. La colère contre François Hollande a servi de prétexte pour promouvoir des thématiques populistes et réactionnaires : l’identité de la France est menacée, la famille est en péril, les élites politiques et médiatiques sont corrompues, la voix du peuple est ignorée, l’armée est affaiblie, etc. Le Front National n’a pas pris part à la manifestation et a condamné les débordements survenus dimanche soir, mais il sera de toute évidence le grand bénéficiaire de ce mouvement de colère contre le pouvoir en place et contre les partis de gouvernement.

Ce « jour de colère » n’est pas sans rappeler une autre journée célèbre, celle du 6 février 1934, au cours de laquelle plusieurs ligues d’extrême droite ont manifesté violemment à Paris pour obtenir la démission du gouvernement Daladier. Les similitudes sont nombreuses entre le 6 février et le 26 janvier : un contexte de crise économique et sociale, un gouvernement impopulaire, des élites politiques discréditées par divers scandales, un mouvement hétéroclite, une rhétorique « antisystème », des slogans haineux, racistes et antisémites. Dans les deux cas, les manifestations ont dégénéré en émeute. Mais il y a aussi des différences notables, à commencer par le bilan : les manifestations du 6 février 34, menées par des organisations de type paramilitaire, ont fait 15 morts (effrayés par la violence du mouvement, les membres du gouvernement Daladier ont démissionné). Autre différence : les manifestations du 6 février 34 ont été instrumentalisées par les élus parisiens de droite pour obtenir la chute de Daladier, alors que la manifestation du 26 janvier a été, fort heureusement, condamnée de façon unanime par le gouvernement et les responsables politiques de la droite, du centre et de la gauche.

6 février 34, Place de la Concorde.

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Hollande « social-libéral »: chiche?

Bayrou est « à contre-temps », pouvait-on lire dans une page de Libé. Pas faux. En 2012, au second tour de la présidentielle, le président du Modem avait annoncé qu’il voterait pour Hollande, par « antisarkozysme » affiché mais également parce qu’il espérait, de la part du candidat socialiste, un virage au centre et une politique réformiste ambitieuse. Un an et demi plus tard, en novembre 2013, Bayrou, déçu par Hollande (et isolé politiquement), annonce qu’il entre dans l’opposition (alors que, de fait, il n’était pas dans la majorité…): le leader centriste s’allie officiellement à l’UDI et accepte même, sous la pression de Borloo, le principe d’un partenariat avec l’UMP. Mais au moment même où Bayrou se détourne d’Hollande et se jette dans les bras de l’UDI, voilà que notre cher président annonce la politique « social-libérale » que les centristes n’attendaient plus: flexibilisation du marché du travail, « socialisme de l’offre », « pacte de responsabilité », réduction des impôts et des dépenses publiques… Hollande a donc bien compris qu’il fallait d’abord créer les richesses avant de les redistribuer, et il assume clairement sa rupture avec le socialisme d’hier. Une bonne chose en soi. A condition que les actes soient à la hauteur des promesses. La réaction de Bayrou? « Trop tard », a dit le patron du Modem. Effectivement, c’est un peu tard: Hollande a préféré consacrer les 18 premiers mois de son mandat à des réformes sociétales et judiciaires (mariage pour tous, réforme Taubira), en négligeant les urgences économiques et sociales, en laissant filer le déficit public et en accroissant la pression fiscale sur le pays. Mais est-ce vraiment « trop tard »? L’opposition centriste se veut constructive: si le tournant social-libéral annoncé par Hollande se concrétise dans les actes, alors les centristes auront le devoir de soutenir les réformes qui seront conformes à leurs convictions, et de ne pas tomber dans une opposition stérile et systématique.

Exigeons une vraie réforme territoriale, mais refusons le charcutage

Une réforme territoriale est évidemment nécessaire. Dans notre pays, la décentralisation est restée inaboutie et manque d’efficacité. La France compte 27 régions, 101 départements, 36.000 communes et 2.500 établissements publics de coopération intercommunale. Certaines compétences sont partagées entre différentes collectivités, ce qui génère des gaspillages. De plus, la lourdeur et la complexité des démarches administratives constituent un frein à la croissance : comme le déclare Philippe Richert (président UMP de la région Alsace) dans Le Point, quand une entreprise veut se développer, elle doit taper à toutes les portes: mairies, intercommunalités, départements, régions…, bref, c’est un vrai casse-tête.

Il faut impérativement renforcer le pouvoir des régions, simplifier le « mille-feuilles territorial » et réaliser des économies dans les dépenses des collectivités. Le projet de réforme territoriale débattu au Parlement manque cruellement d’ambition et ne propose rien d’innovant. Pourtant, les idées existent. La plupart des mesures préconisées par le Comité Balladur en 2009 sont pleines de bon sens. On peut penser, par exemple, à la réduction du nombre de régions métropolitaines ou à la fusion de Paris avec les départements de la petite couronne dans le cadre d’un « Grand Paris ». En outre, le rapport Attali de 2008 préconisait la suppression progressive des départements : cette idée n’a rien d’absurde. Certes, il n’est pas souhaitable de supprimer les départements en tant que territoires, car les Français y sont attachés : ces territoires sont une part de notre histoire, un héritage de la Révolution. Les départements pourraient donc subsister en tant que simples circonscriptions administratives pour l’action de l’Etat et de certains services publics nationaux (préfectures, caisses primaires d’assurance maladie…). Les départements existeraient toujours, ils garderaient leur nom, leur identité et leur fameux numéro. Mais il serait souhaitable de supprimer les départements en tant que collectivités territoriales, c’est-à-dire les Conseils Généraux, qui sont aujourd’hui « pris en étau » par le renforcement des régions et le développement des structures intercommunales. Les départements sont aujourd’hui des guichets d’aide sociale (RSA) et ont également la charge des collèges et de certaines routes : ces différentes compétences pourraient être partagées entre les régions et les intercommunalités.

Cependant, la suppression des départements fait grincer des dents parmi les élus locaux. Quant à l’idée d’un redécoupage des régions, elle soulève des problèmes assez délicats: sur le principe, tout le monde est d’accord pour renforcer le poids des régions, mais jusqu’à présent, aucune solution vraiment satisfaisante n’a été trouvée. Le Comité Balladur propose de passer de 22 à 15 régions métropolitaines en fusionnant certaines régions, et en démantelant d’autres régions. Certaines « fusions » semblent assez naturelles et sont largement approuvées par les habitants, comme la fusion de la Haute-Normandie avec la Basse-Normandie. En revanche, la fusion de l’Alsace et de la Lorraine est mal acceptée par ces deux régions qui ont chacune une identité forte.

Le démembrement pur et simple de certaines régions est encore plus difficile à accepter, et relève davantage du « charcutage » que de l’aménagement. Trois régions sont ainsi menacées : Pays de la Loire, Languedoc-Roussillon et Picardie. Il est vrai que les régions sont des créations plus récentes que les départements, et que beaucoup d’entre elles ont une identité très artificielle (voire pas d’identité du tout). Mais en tant que Picard, je m’interroge sur la pertinence d’un éclatement de la région Picardie, qui fait partie des (rares) régions françaises ayant une véritable identité culturelle et historique. Le picard était au Moyen-âge la langue parlée dans tout le nord de la France (le ch’ti, c’est du picard !). La Picardie est une terre marquée par l’essor de l’art gothique entre le XIIème et le XVème siècle (cathédrales de Noyon, de Beauvais, de Senlis, de Laon, de Soissons, d’Amiens, collégiale de Saint-Quentin, etc.). C’est aussi une terre profondément marquée par la Première Guerre mondiale : traversée par la ligne de front, elle fut labourée par les obus et arrosée par le sang de millions de combattants (Bataille de la Somme en 1916, Bataille du Chemin des Dames en 1917…). Au mépris de l’histoire et de l’identité régionale, le Comité Balladur a proposé de supprimer la région Picardie, puis de rattacher la Somme au Nord-Pas-de-Calais, l’Oise à l’Île-de-France, et l’Aisne à la région Champagne-Ardenne. Un tel charcutage est-il vraiment nécessaire ? Est-il pertinent de rattacher l’Oise à l’Île-de-France, alors que cette région est déjà la plus riche et la plus peuplée ? Est-il pertinent de rattacher l’Aisne à la région Champagne, alors que tout le nord de l’Aisne est, historiquement et culturellement, beaucoup plus proche du Nord que de la Champagne ? Ne serait-il pas préférable de fusionner la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais (deux régions culturellement très proches) dans le cadre d’une grande région Nord-Picardie ?

Source: lepoint.fr

Versailles sous la Révolution: le « Berceau de la Liberté »

Pour beaucoup de gens, Versailles et son château symbolisent, à juste titre, la monarchie absolue. Mais Versailles est aussi le berceau de la Révolution française : la ville fut d’ailleurs surnommée « Berceau de la Liberté » par les Révolutionnaires. Cet article vous propose un petit pèlerinage historique sur quelques hauts lieux du « Versailles révolutionnaire ».

L’Hôtel des Menus Plaisirs : ci-gît l’Ancien Régime

Coincé entre l’avenue de Paris, la rue de l’Assemblée nationale et la rue des Etats Généraux, l’Hôtel des Menus Plaisirs est aujourd’hui un centre de musique baroque, devant lequel on passe rapidement sans vraiment y prêter attention. C’est pourtant là que la Révolution a commencé. Avant 1789, les Menus Plaisirs étaient le lieu où l’on entreposait les décors, costumes et accessoires des spectacles royaux. C’est dans la grande salle des Menus Plaisirs qu’en mai 1789 se réunissent les Etats Généraux, assemblée regroupant les députés des trois ordres (noblesse, clergé et tiers état). Tombée aux oubliettes après 1614, cette institution a été « ressuscitée » par Louis XVI : le roi espère ainsi trouver une issue à la crise financière du royaume. Mais les choses ne prennent pas la tournure qu’espérait Louis XVI car les députés du tiers état, qui représentent à eux seuls plus de 90% de la population, entrent en conflit avec le roi et les ordres privilégiés, et se proclament Assemblée Nationale. Le 4 août 1789, c’est aux Menus Plaisirs que l’Assemblée Nationale, devenue entre-temps Assemblée Constituante, vote l’abolition des privilèges. Peu après, le 26 août 1789, c’est encore aux Menus Plaisirs que les députés votent la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, inspirée des idées des Lumières (égalité des droits, séparation des pouvoirs, souveraineté nationale, liberté d’expression, etc.) : ce texte fondateur met fin à la monarchie absolue et fait entrer la France dans la modernité politique.

Etats Généraux de 1789.

La Salle du Jeu de Paume : une Constitution sinon rien

Le jeu de paume, ancêtre de la pelote basque et du tennis, était un sport très populaire dans la France d’Ancien Régime. Ce sport était alors pratiqué dans de grandes salles dotées d’une galerie qui faisait le tour du terrain et permettait aux spectateurs de suivre les matchs (d’où l’expression « épater la galerie »). A vrai dire, rien ne prédestinait la Salle du Jeu de Paume de Versailles à entrer dans l’histoire. Le 20 juin 1789, Louis XVI fait fermer l’Hôtel des Menus Plaisirs où s’étaient réunis les Etats généraux : sur une suggestion du député Guillotin (qui donnera son nom à la tristement célèbre guillotine), les députés du tiers état, qui se sont proclamés Assemblée Nationale, décident alors de se réunir dans la Salle du Jeu de Paume, où ils prêtent le serment de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France. L’Assemblée Nationale devient ainsi une « Assemblée Constituante ». Le fameux Serment du Jeu de Paume, rédigé par l’abbé Sieyès et lu à l’assemblée par Bailly, a été immortalisé par une toile inachevée du peintre Jacques-Louis David. La première constitution écrite de la France verra le jour en 1791 : fondée sur la séparation des pouvoirs et le principe de souveraineté de la nation, elle mettra en place une monarchie constitutionnelle, qui échouera dès 1792 à cause de la fuite du roi et de son arrestation à Varennes. Aujourd’hui, la Salle du Jeu de Paume de Versailles est toujours visible dans la petite rue qui porte son nom, à quelques encablures du château.

J.L. David, Le Serment du Jeu de Paume.

Saint-Louis : l’église transformée en tribune politique

L’actuelle cathédrale Saint-Louis est un bel édifice de style « rococo » construit au milieu du XVIIIème siècle par Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne. Il s’agit à l’origine d’une simple église paroissiale, qui ne deviendra cathédrale qu’en 1790. Le 4 mai 1789, une grande messe est donnée à Saint-Louis pour l’ouverture des Etats Généraux : à cette occasion, Monseigneur de La Fare, évêque de Nancy et député du clergé, prononce un sermon inattendu dans lequel il dénonce le luxe de la cour : l’évêque est applaudi dans l’église, sous l’œil médusé de Marie-Antoinette qui, ce jour-là, arbore une magnifique robe d’or et d’argent. En juin 1789, l’église est investie par les députés après la fermeture de la salle des Menus Plaisirs : c’est à Saint-Louis que, le 22 juin, les députés du clergé signent le Serment du Jeu de Paume, approuvé auparavant par les députés du tiers état.

Le Château de Versailles : les Journées d’Octobre et le départ du roi

Le 5 octobre 1789, alors que le pain manque à Paris, une foule de Parisiens armés, principalement composée de femmes, se rend jusqu’à Versailles. Après une visite à l’Assemblée, les Parisiens se pressent contre les grilles du château pour aller chercher « le Boulanger, la Boulangère et le petit mitron » (comprenez : le roi, la reine et le dauphin). Dans la nuit du 5 au 6 octobre, la situation dérape : un garde du château tire sur l’un des Parisiens. Un groupe d’insurgés parvient alors à pénétrer dans le château et crie « A mort la reine ! » : Marie-Antoinette, terrifiée, échappe de justesse aux assaillants en quittant sa chambre et en rejoignant « l’antichambre à l’œil-de-bœuf », tandis que dehors, La Fayette ramène le calme. Finalement, le 6 octobre, sous la pression de la foule, Louis XVI et Marie-Antoinette acceptent de quitter le château de Versailles pour s’installer aux Tuileries. Les députés, eux aussi, quittent Versailles. Avec le déménagement du roi et de l’Assemblée à Paris, Versailles perd son statut de capitale. Contrairement à ce que l’on imagine parfois, le Château de Versailles n’a été ni pillé ni saccagé à la Révolution. Après le départ de Louis XVI, le château est entièrement vidé : les meubles sont emmenés dans des garde-meubles et les œuvres d’art sont installées au Louvre. Après l’exécution de Louis XVI en 1793, le mobilier du château est inventorié par la Convention, et vendu aux enchères.

Le Centriloque a 1 an

Eh oui, en ce mois de janvier 2014, le Centriloque fête son tout premier anniversaire. Je remercie très sincèrement celles et ceux qui ont lu ce blog de façon occasionnelle ou assidue pendant un an, et tout particulièrement ceux qui ont pris la peine de le commenter. L’audience du Centriloque n’a cessé de progresser au cours de l’année 2013, et je m’en réjouis. J’en profite, bien sûr, pour vous souhaiter à tous une excellente année 2014.

L’année 2013 fut plutôt prometteuse pour le centre : en novembre, l’alliance entre François Bayrou et Jean-Louis Borloo, baptisée « L’Alternative », a ouvert la voie à des listes communes UDI-Modem aux municipales et aux européennes de 2014. Cette alliance n’a été possible qu’au prix de concessions peu négligeables de la part des deux leaders centristes. Bayrou a dû renoncer à sa ligne de stricte indépendance et accepter le principe d’un « partenariat naturel » avec la droite. Quant à Borloo, il prend le risque de se retrouver dans l’ombre de son allié, plus populaire et plus charismatique que lui. Borloo s’est également rallié à l’idée très « bayrouiste » d’une grande coalition réformiste allant de la droite républicaine à la gauche sociale-démocrate.

Maintenant que les bases ont été posées, la nouvelle alliance centriste doit relever trois grands défis, si elle ne veut pas faire « pschitt » et voler en éclats aussi rapidement qu’elle a vu le jour. Le premier défi est celui de l’unité: sur le papier, Modem et UDI sont alliés, mais dans la pratique, les tensions entre les deux partis restent vives. Certains cadres de l’UDI, comme Hervé Morin, reprochent à Bayrou son opportunisme et ne lui ont toujours pas pardonné d’avoir voté Hollande en 2012. Le deuxième défi est celui du programme: il faut que le centre se dote d’un programme cohérent pour les municipales et pour les européennes, et que des propositions concrètes émergent le plus vite possible, sinon « L’Alternative » ne restera qu’une coquille vide. Le troisième défi est électoral: l’UDI et le Modem devront proposer des candidatures communes dans le plus grand nombre de circonscriptions possible, et se mettre d’accord sur la composition des listes. Pour les européennes, le défi ne sera pas trop difficile à relever, mais pour les municipales, les choses s’annoncent déjà beaucoup plus délicates car, localement, les situations sont très diverses: il est clair que dans certaines communes, les centristes s’engageront désunis dans la bataille, avec des candidats Modem alliés au PS, et des candidats UDI alliés à l’UMP.  Il faudra aussi que la campagne des candidats centristes soit exemplaire: malheureusement, les premiers « couacs » entre Jean-Louis Borloo et NKM lors de la composition des listes parisiennes UMP-UDI-Modem font déjà très mauvaise impression. Espérons que les intéressés vont rapidement redresser le tir, et que la campagne des municipales offrira une belle tribune aux idées centristes en matière de logement, d’intercommunalité, de transports, de fiscalité locale et de développement durable.

Bonne année encore, et à bientôt.