Réforme des rythmes scolaires: Peillon va dans le bon sens

Oui, la réforme des rythmes scolaires va dans le bon sens. Cette réforme est nécessaire, et le ministre de l’Education Nationale a eu raison d’en faire une priorité. Tout le monde sait depuis longtemps que les écoliers français ont des journées trop chargées et des vacances trop longues. Les heures de classe de l’après-midi sont contre-productives, car les élèves sont moins concentrés et ont plus de difficultés pour assimiler les informations et s’impliquer dans des activités intellectuelles: toutes les études et tous les psychiatres le confirment.

Le décret Peillon de janvier 2013 prévoit d’étaler la semaine d’école sur 9 demi-journées, au lieu de 8 actuellement. Les élèves auront donc 4 jours 1/2 d’école par semaine (au lieu de 4 jours), et iront à l’école le mercredi matin (ou le samedi matin dans certaines écoles). En contrepartie, la journée d’école finira à 16h (au lieu de 16h30): les élèves seront ensuite pris en charge par des animateurs dans le cadre d’activités périscolaires financées par les municipalités.

Les réactions hostiles de certains professeurs des écoles face à cette réforme sont injustes, et semblent même assez incompréhensibles. Les rythmes scolaires doivent être réformés, car ils ne sont pas adaptés aux élèves. En 2008, la semaine d’école était passée de 4 jours 1/2 à 4 jours, ce qui avait entraîné la suppression des cours du samedi matin: cette réforme était satisfaisante pour les parents (qui étaient en week-end le vendredi soir et voulaient profiter de leurs enfants le samedi matin), mais elle était peu pertinente d’un point de vue pédagogique. Quant aux vacances d’été (qui durent 8 semaines), elles représentent évidemment une coupure trop longue pour les élèves: si les ministres de l’Education nationale ont conservé ce calendrier absurde, c’est avant tout pour satisfaire les professionnels du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration, qui sont opposés à la réduction des congés d’été. Or, l’école ne devrait pas être organisée en fonction des adultes, mais en fonction des élèves: nous marchons sur la tête. Avec la réforme Peillon, pour la première fois depuis bien longtemps, un ministre de l’Education nationale essaie vraiment de replacer les élèves au centre du système scolaire.

Certes, cette réforme pose la question du financement des activités périscolaires par les municipalités. Mais n’oublions pas que ces activités existent déjà, ainsi que les personnels qui les encadrent. Il s’agit simplement d’étendre un service existant, car les activités périscolaires débuteront à 16h au lieu de 16h30 actuellement. Par ailleurs, le projet de loi Peillon sur la refondation de l’école (qui sera débattu en mars à l’Assemblée nationale) prévoit la création d’un fonds spécial pour aider les municipalités à financer ces activités: les aides iront en priorité aux municipalités rurales qui ont le plus de difficultés pour prendre en charge les élèves après l’école. Mais ce fonds ne suffira pas, et il est clair que les collectivités vont devoir prendre leurs responsabilités, et faire les efforts nécessaires pour assurer la mise en application d’une réforme importante pour la réussite et l’épanouissement des élèves.

Reste la question des vacances d’été. Pour l’instant, rien n’est décidé, mais Peillon a laissé entendre qu’il était favorable à une réduction de ces vacances (6 semaines au lieu de 8, avec des dates décalées selon les zones). Aura-t-il le courage d’aller jusqu’au bout?

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